BEYOND THE BLACK : Break The Silence

Sans doute l’album le plus excitant de ce début d’année ! Découvrez le sixième opus studio de BEYOND THE BLACK, groupe allemand de metal symphonique moderne au groove exceptionnel ! Celui-ci se nomme Break The Silence. Le style symphonique, quant à lui, remonte davantage à leurs débuts, quand en 2014 à Mannheim, la chanteuse Jennifer Haben lança son propre groupe après avoir remporté des concours télévisés en Allemagne et menait déjà très tôt une carrière musicale. Retrouvez notre première interview, donc, de BEYOND THE BLACK avec sa chanteuse à la voix incroyable, captée juste après son retour de vacances au Japon ! Entre-temps, nous avons également réalisé une seconde interview avec Chris Hermsdörfer, le « nouveau » guitariste, chanteur et compositeur (aux côtés de Jenni) arrivé en 2016. Cette deuxième interview vidéo est également disponible sur METAL OBS TV sur YouTube !! Chris nous y dévoile son parcours (SERENITY, ex-VISIONS OF ATLANTIS) ainsi que tous ses secrets de guitare. Il nous explique comment il compose en duo en totale alchimie avec Jenni, et notamment comment il a travaillé sur Break The Silence, un album conceptuel sur la communication… [Entretien n° 1/2 réalisé par Zoom avec Jennifer Haben (chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

->> Single « Let there be rain » par BEYOND THE BLACK, extrait de l’album Break The Silence (Nuclear Blast)

Break The Silence - BEYOND THE BLACK
BEYOND THE BLACK
Break The Silence
Symphonic/modern metal
Nuclear Blast

Première grosse bombe de l’année en matière de metal symphonique, mélodique, groovy, moderne, bref, appelez cela comme vous voulez ! Peu importe, vous ne pouvez passer à côté du phénomène BEYOND THE BLACK. Soit vous aimez, soit vous détestez, mais mine de rien, il a déjà d’explosé outre-Rhin (quintet à la scène) originaire de Manheim (dans la Sarre, plus petit land d’Allemagne) et dans le monde entier. S’il se produit régulièrement au festival de Wacken Open Air comme à la maison devant un public acquis à sa cause, il a cependant plus de mal à s’imposer par chez nous en France, auprès des fans d’EPICA, WITHIN TEMPTATION, DELAIN, VISIONS OF ATLANTIS ou LACUNA COIL (ok, les Italiens, c’est pas symphonique, mais bon on est dans un metal moderne, pseudo gothic, avec une chanteuse quand même en tête de gondole). Il faut dire que la concurrence européenne et internationale est rude. Alors peut-être que ce sixième opus studio va changer la donne car BEYOND THE BLACK s’en donne les moyens en tout cas et y travaille dur…

Pour atteindre leurs objectifs, sa chanteuse Jennifer Haben (mais aussi multi-instrumentiste, elle joue du piano depuis l’âge de 5 ans et chantait à 8 ans du Maria Carrey) et son nouveau collègue pour la composition et l’écriture des chansons en la personne du guitariste/chanteur Chris Hermsdörfer (également membre de SERENITY, en veille actuellement, avec lequel METAL OBS a réalisé une seconde interview (qui arrive très bientôt) en complément de celle de Jennifer) ont décidé de tout miser ici sur la communication. Que ce soit en matière de paroles, de concept d’album, ou de marketing et promotion. La preuve, nous avons décroché 2 interviews ce qui est plutôt rare pour être souligné, mais ça c’est dans les coulisses… Mais quand vous allez écouter Break The Silence au track-listing puissant et fédérateur, vous allez vite vous apercevoir du travail en symbiose que le binôme a accompli, trois ans à peine après leur album éponyme chez Nuclear Blast et qui fait monter le groupe allemand d’un cran sur la scène metal. Et l’album s’ouvre ainsi par la chanson et déjà hit « Rising High » où c’est l’imposant guitariste/chanteur allemand qui ouvre la voie (et la voix) sur un air vocal inspiré d’un chant africain, avec un riff simple mais efficace, suivi d’un refrain imparable, le disque se voulant conceptuel, universel, et basé donc sur l’ouverture d’esprit et la communication entre les peuples sur Terre. Et c’est déjà un bingo !!

En seconde position, la chanson-titre vient casser les codes, BEYOND THE BLACK sortant de son étiquette usuelle « metal symphonique » et continuer d’évoluer vers des sonorités plus modernes, avec des effets, comme cette basse introductive mixée, interprétée certainement par le guitariste et homme à tout faire, Chris Hermsdörfer, puisqu’il y n’y a pas de bassiste en studio. Ils ont recours en live à l’excellent musicien de session Linus Klausenitzer (ALKALOID, ETERNITY’s END…) pour les concerts (très en retrait sur scène). Là encore, c’est un bingo ! Riff plutôt orienté metalcore très groovy, rythme soutenu, et une voix qui explose avec ce timbre chaleureux et puissant, après plusieurs breaks bien sentis, à côté notre amie Sharon den Adel semble dépassée… Mais si l’influence des albums plus récents de WITHIN TEMPTATION, il y un côté immédiat et un sens inné pour produire du tubes à tous les coups qui est à chaque fois au rendez-vous chez BEYOND THE BLACK. Le tout est très dansant, et toujours un petit solo bien senti, sans trop en faire et tout en fluidité est placé par Chris. Côté refrain, on le mémorise aisément cette chanson-titre, et on le reprend en chœur volontiers comme on reprendrait bien une part de galette des rois à l’épiphanie : c’est bien commercial, et étouffe-chrétien, idéal pour entretenir son diabète, mais pourtant on y retourne car notre cerveau ne peut résister au goût délicieux (ou écœurant, c’est selon) de l’amandé et l’appel du sucre…

Troisième plage, et troisième hit en puissance qui pourrait faire gagner le prochain Concours de l’Eurovision en 2026 si la bande à Jennifer y participait, ou plutôt ses amis et compatriotes de LORD OF THE LOST dont le leader Chris Harms vient ici taper la chansonnette sur « The Art Of Being Alone ». On assiste là à un duo vraiment émouvant au micro, avec la voix grave et suave de Monsieur Lord of the Lost, d’abord claire, puis screamée façon presque « black metal » sur le final. Les paroles, quant à elles, parlent de l’isolement social, et aussi des maux mentaux. Puissant et avec un vrai message, c’est encore un « bingo ! » comme disait M. Bean ! On avance sûrement pour faire un carton plein. Allez, vous en voulez encore ? OK, on continue ? Ecoutez le single « Let There Be Rain » magnifique avec ses chœurs bulgares (featuring The Mystery of the Bulgarian Voices), et toujours ce groove puissant d’emblée. Et que dire de « Ravens », simple avec son intro à la guitare folk signée du doigté de Chris. Plus calme, elle sonne tout aussi intense et émouvante en fin de compte avec ce symbole d’espoir dans ce corbeau qui accompagne chacun des vidéo clips de nos voisins teutons. Bon, ensuite, certains fans de metal symphonique plus conventionnel considérerons que « Here Comes The Flood » est dispensable avec sa voix de robot à l’ère de plus en plus envahissante de l’IA sur une rythmique hip hop, mais ça le fait, et on se prend quand même au jeu avec l’envie de se mouvoir… (une chorégraphie avec des drones serait bien vue sur cette chanson lors des shows à venir, si le budget le permet, mais a priori c’est plutôt bien parti). En attendant, BEYOND THE BLACK tente d’innover, ne stagne pas et ne reste pas sur ses acquis, et propose une musique universelle et toujours plus fédératrice…

La parfaite preuve réside dans le single japonisant « Can You Hear Me ? » en duo avec la vocaliste nippone Asami du groupe LOVEBITES. Et ça le fait !! Si, bien sûr, vous êtes fans de mangas et de sonorités pop/électro/metal très gentillettes et sautillantes à la BABYMETAL (qui nous sort d’ailleurs dans le même temps son nouveau single). Le résultat est, une nouvelle fois, explosif, même si très commercial et international, jugerons certains… Mais comment percer au Pays du Soleil Levant (dont Jennifer Haben nous a confiés être fans) ? Eh bien avec un tube comme « Can You Hear Me ? », pardi !! Comme disaient Les Inconnus : « Mais non, elle s’appelle Nathalie, c’est pour l’exportation en France ? »… Tenez, la France… On y vient justement, avec, en 8ème position à présent, la superbe chanson « (La Vie Est Un) Cinéma » chantée en majorité en français (que ne maîtrise pas la frontwoman) avec un petit accent allemand, en duo avec le guitariste Chris Hermsdörfer. Franchement, difficile de ne pas succomber au charme du duo teuton ici, et idéal pour percer, cette fois, le marché français que compte bien conquérir BEYOND justement !! Tout cela nous évoque d’ailleurs le single « Image » interprété en français par Liv Kristin Espenaes sur l’album Musique de THEATRE OF TRAGEDY en 2000, ou le single « Stirb Nicht Vor Mir » de RAMMSTEIN en 2005 figurant sur Rosenrot où devait figurer en duo une certaine Zazie en lieu et place de la chanteuse Sharleen Spiteri (TEXAS) au côté de Till Lindemann mais ça, c’est une autre histoire, et du passé…

« Like A Hologram » confirme ensuite l’orientation en partie electro/modern metal entreprise par le quatuor allemand, et évoque légèrement le virage électro de THEATRE OF TRAGEDY en 2000 justement. Très rythmé, Jennifer chante assez différemment, prend des risques, passe sa voix dans un vocodeur, tout ça va à 150 bpm et le batteur Kai Tschierschky fait encore des merveilles derrière ses fûts (de bière, c’est un Allemand, rappelons-le ! (rires)), même si nous ne l’avons pas évoqué jusqu’alors. Enfin, Break The Silence se conclut en douceur sur « Weltschmerz » dans la langue de Goethe où Jennifer Haben déploie tous ses charmes vocaux, de manière plus subtile cette fois néanmoins, et c’est bien senti, encore une fois.

Au final, point de remplissage inutile tout au long de cet album parfaitement calibré (morceaux oscillant entre 3 et 4 minutes max), où chaque chanson constitue un réel hymne en puissance, apportant plus de diversité et quelques prises de risque déjà aperçu sur son prédécesseur et album éponyme, Beyond The Black qui voulait marquer un peu plus au fer rouge (comme sa pochette) son nom sur la scène groove/power metal mélodique symphonique machine chose… Comme son prédécesseur, nous avons donc droit à dix sauf que là, c’est un parcours sans faute, même si on peut trouver l’album peut-être trop commercial, avec un goût trop sucré, mais bon, après, c’est comme en gastronomie : on aime ou déteste la galette des rois… On peut finir par être écoeuré, donc gare à l’indigestion. Mais l’essentiel est finalement ailleurs car ce qui import est son partage, et de ce côté-là, BEYOND THE BLACK compte bien partager sa sixième galette avec tous ses fans de par le monde, et tous les nouveaux que le phénomène allemand compte conquérir à travers le globe grâce à sa musique puissante, émotionnelle, fédératrice, et tout bonnement universelle. Alors question communication, c’est un carton plein là aussi ! Chapeau, messieurs et dame. [Seigneur Fred]

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