COILGUNS : Hyperactif et toujours aussi captivant !

L’excellent formation helvète noise rock/post-hardcore Coilguns a bien voulu nous accorder du temps en pleine tournée européenne, et ce, à quelques jours de fouler les planches du Camji de Niort à l’occasion du Rise and Fall Festival le 12 novembre dernier. Ce fut donc l’occasion de faire le point sur une actualité chargée avec ces artistes inclassables (dont certains membres issus de The Ocean) et si singuliers sur la scène musicale entre rock,punk/hardcore, et metal. Et c’est son joyeux et ô combien sympathique leader et producteur Jona Nido (que nous avions déjà rencontré et interviewé au Festival Motocultor en 2023 après un show explosif à Carhaix !) qui a bien voulu répondre à nos questions en cette fin d’année 2025, eh oui, déjà… [Interview réalisée par Zoom avec Jona Nido (guitare/chœurs) par Norman « Sargento » Garcia]

Ma première question est toute simple, comment vas-tu alors que vous avez entamé une tournée de 80 dates (!), il me semble que vous revenez du Mexique d’ailleurs ?
C’est très juste, là au moment où on fait l’interview on est revenu du Mexique il y a un peu plus de 48 heures, et entre deux on a déjà fait plein de choses. Là je suis actuellement dans la salle de répétition du groupe, où on a nos studios aussi, on est en train de se préparer pour l’enregistrement du nouvel album qui commence lundi, dix jours avant de repartir en tournée pendant trois semaines, dès le lendemain de la fin de l’enregistrement ! Donc on est sur les rotules, c’est un peu le challenge de la vie en ce moment, mais c’est cool, on a la chance de faire ce métier.

Tu viens d’évoquer l’écriture d’un nouvel album, alors que le dernier, Odd Love, date seulement d’un an à peu près ! Comment avez-vous réussi à le « digérer », sachant que c’est un album qui a été long à écrire, avec le Covid, et qui a mis du temps à sortir, cinq ans après l’énorme Watchwinders ? En général d’ailleurs, c’est plutôt tous les cinq ans qu’il y a une sortie pour Coilguns, donc là ça va aller plus vite que d’habitude, non ?
Là, on va casser un petit peu le rythme, je reviendrai à ta question initiale après, de comment on l’a digéré, mais effectivement, moi j’appelle ça la malédiction des groupes suisses, comme la Suisse c’est un peu un petit pays oublié, qui n’a pas trop de marché, du coup les groupes, souvent il n’y a pas ce truc d’un peu pousser pour aller plus loin, du coup on a des groupes superbes qui mettent su temps à faire des disques, franchement si on prenait tous les groupes suisses qui nous font plaisir dans notre scène, un peu ça, le pattern, l’hypnogénéisation, pour nous c’était bien sûr pas quelque chose qu’on voulait, d’ailleurs il faut dire qu’on a sorti Millenials en 2018, même s’il a été fait en 2016, et Watchwinders il est sorti en 2019, donc nous on était partis pour faire à fond des trucs, mais là effectivement on s’est tris cinq ans dans les dents, puis la façon dont on le digère, plutôt bien, on l’a tellement poncé ce disque, en session de pré-écriture, en écriture, en pré-enregistrement, en maquettage, en album, en mix, il a été enregistré dans sa forme finale en 2022, on a encore attendu deux ans et demi pour le sortir presque, on a encore passé pas mal de temps dessus, le moment où on l’a sorti et qu’il y a eu des retours plutôt positifs, et qu’on s’est retrouvé de 20 concerts bookés avant la sortie à plus de 80 après la sortie, forcément ça fait que toute cette attente imagine un état de constipation grave, et tout d’un coup on peut enfin tout lâcher, cette tournée on l’attendait et on est vraiment trop content de pouvoir jouer ses morceaux en live.


Et donc si je fais le parallèle, vous êtes sur un nouvel album, parce que pour le dernier vous étiez parti aussi en Norvège, et vous vous êtes aussi entouré d’un peu de monde pour l’enregistrer, alors qu’avant c’était plutôt DIY, et donc pour le nouvel album vous n’êtes pas reparti en Norvège, vous avez fait ça dans ton studio ensuite ?
On le fait à la maison cette fois, d’une part on n’a plus les moyens d’aller en Norvège pour commencer, et aussi c’est un truc qu’on défend beaucoup, le DIY, c’est pas parce qu’on a bossé avec des gens que ça n’a pas été DIY, c’est juste qu’on a pris quelqu’un qui s’est occupé de la partie technique pour ne pas devoir s’en occuper nous, pour pouvoir se concentrer sur interpréter nos morceaux, ce qui fait aussi qu’Odd Love marque un tournant dans la discographie du groupe, parce que le processus d’écriture était différent, le processus d’enregistrement était différent, enfin tout était différent, et puis c’est tous ces facteurs qui font que ce disque a reçu l’accueil qu’il a reçu je pense. Le truc c’est que récemment pour un artiste, parce qu’on a un label aussi qui s’appelle Humus Records, qu’on gère nous-mêmes, et pour un artiste du label qui s’appelle Eli Zoé, et bien c’est le chanteur de Coilguns qui a produit son disque, et l’artiste, donc Louis, le chanteur de Coilguns, c’est Eli, cet artiste du label, ont construit un deuxième studio dans nos locaux, et donc maintenant on a deux studios complètement fonctionnels, et c’est vrai qu’on a envie de défendre ce lieu aussi dans une logique de défense de ce qu’on appelle un peu les réserves urbaines, qui sont quand même de plus en plus rares, c’est des lieux qui sont nettoyés, dans un bâtiment qui est censé être vétuste, mais dans lequel on habite depuis plus de 15 ans, qui est mortel, on a 400m² en plein centre-ville pour une bouchée de pain, parce que personne ne veut de ça, sauf des musiciens et des musiciennes, parce que nous on est contents si l’électricité ne lâche pas, c’est un endroit super, et donc c’est un truc qu’on a envie de défendre, et profiter un peu de la reconnaissance du groupe en Europe, pour aussi dire à nos autorités ici, voilà ce qui se passe dans ces locaux, et on n’est pas les seuls, il y a tout un tas de gens qui font plein de trucs dans cette ville, et donc on fait ce disque ici à la maison, mais même équipe que pour le précédent, aujourd’hui il y a quelques heures, il y a le vidéaste qui a réalisé le documentaire, on a sorti un documentaire récemment, je ne veux pas aller en détail, tu me diras ce que tu veux savoir, mais en gros le vidéaste qui a réalisé ce documentaire, qui est un gars de Nantes, il est arrivé aujourd’hui à la Chaux-de-Fonds chez nous, et demain il y a Scott Evans, qui nous arrive tout droit de Californie, pour venir produire le disque, comme Odd Love, sauf que plutôt qu’être dans un des studios les plus désirables du monde, il va être dans un local de punk à la Chaux-de-Fonds.

Là il vient, c’est génial ! Excellent ! Scott Evans, pour ceux qui connaissent moins, je sais qu’il a fait au moins, il a travaillé avec Thrice, mais ouais super ! Oui tout à fait ! Super ! Franchement, c’est une super nouvelle ça !
On avait envie de nouveauté, d’explorer d’autres textures sonores. La musique orientale nous a toujours attirés — on avait déjà travaillé avec le Barbès Orchestra, une expérience très enrichissante. Ces croisements sont passionnants, surtout dans un genre comme le métal, qui se prête bien aux mélanges culturels.

Tu as évoqué le documentaire, je n’ai pas eu la chance de le voir encore, mais ça tombe bien, tu vas pouvoir nous en parler un peu, de quoi parle-t-il ?
Super ! Tu as évoqué le documentaire, je n’ai pas eu la chance de le voir encore, mais ça tombe bien, tu vas pouvoir nous en parler un peu, c’est sur quoi ? Sur la façon dont vous avez construit le dernier album, ou autre chose ? Au final, c’est plutôt l’histoire, c’est un petit peu une histoire qui traverse un peu tout notre chemin de pensée par rapport à ce disque, il y a évidemment comment on l’a fait, quelles ont été les étapes, ce n’était pas tant un documentaire pour musiciens et musiciennes non plus, ça ne dit pas, j’ai utilisé cette guitare, elle était géniale, ce n’est pas un studio record, c’est vraiment une documentation du voyage jusqu’en Norvège, de ce qui nous a traversé l’esprit, des discussions qu’on a eues pendant cet enregistrement, pourquoi on fait ce disque, pourquoi on continue de faire ça, parce qu’à ce moment-là, de faire ça, pourquoi on continue de penser qu’on va avoir une carrière dans la musique d’un groupe qui fait du noise rock, c’est plutôt ces réflexions autour de ça, puis au final, c’est surtout un truc à propos d’amitié, et puis de nécessité de faire des choses, peu importe le résultat, mais c’est assez intéressant, parce que j’ai appelé Val, le réalisateur, une semaine avant qu’on parte en Norvège, et normalement, tous les ans, lui, il filme au Hellfest, puis là, il me dit, ah putain, j’ai complètement oublié d’envoyer mon mail de postulation, je ne sais pas comment ça s’appelle, puis il me dit, je suis libre, puis j’étais là, wow, trop bien, parce que je me suis dit, je ne sais pas si on va souvent faire un studio comme ça, donc j’étais là, ce serait cool de documenter, et en fait, il est venu en Suisse et il nous a suivi, on a fait cinq semaines ensemble, donc il nous a suivi tout le chemin faisant, puis il a filmé tout le temps, tout le temps, puis voilà, contrairement à un vrai documentaire, on n’a rien prévu, il a juste filmé des images, du début à la fin, et puis après, on a fait deux séances d’interview, les autres, évidemment du groupe, personne ne voulait parler, mais il a construit son documentaire autour de ce que j’ai raconté, et c’est franchement trop beau, et voilà, et pour nous, ça a été trop beau de faire le montage de ce truc, parce que ça nous a tous remis là-dedans, et c’était un moment tellement beau, entre potes, qui nous a tellement soudés, là, on est vraiment passé au stade famille plus plus, et voilà, et en plus, c’est trop cool, parce qu’il a été racheté par la télévision nationale suisse, aussi, pour un groupe comme nous, qui fait la musique qu’on fait, dans notre pays, même si c’est un petit pays, c’est difficile de faire plus que de réussir à vendre ce documentaire à la télé nationale, du coup, il y a plein de gens qui l’ont vu, les retours sont hyper touchants, de gens qui voient ça, qui nous reconnaissent, c’est cool, en tout cas, je suis trop content quand les gens le regardent et viennent nous en parler, parce que souvent, c’est des gens qui nous regardent.

Et du coup, tu parles de copains, d’amitié, de liens qui sont resserrés, en termes de line-up, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de changements au sein de votre groupes, ça explique aussi certainement cette belle cohésion ?
Oui, tu as tout fait raison, on a les trois de base, maintenant, on est quatre, mais depuis le tout début, on est trois, donc Louis, le chanteur, Luc, le batteur, et moi, Jonathan, la guitare, ça, ça n’a pas bougé, on a eu un quatrième membre invité, il y a peut-être dix ans, sur une tournée, puis après, il y en a eu un qui a fait deux ans avec nous, et puis là, depuis cinq ans, il y a Kevin, qui fait du synthé, de la basse, qui est aussi un super ingé son, qui a aussi mixé un EP qu’on a sorti en 2021, et ce qui est marrant, c’est que Kevin, tu n’es pas prêt pour cette histoire, mais il faut que je trouve un moyen de faire ça court, Kevin, un coup, je suis allé voir un concert de Thrice, pour revenir à Thrice, dans un festival en Suisse, et il y avait un couillon tout devant avec un panneau qui disait « je viens vous voir à Amsterdam, et j’ai dit à ma meuf d’époque, j’étais un peu là, moi je faisais le gros, qui faisait déjà des tournées, et puis j’étais là, jamais ils vont le prendre dans leur tour bus, je faisais le malin, et puis deux jours plus tard, le lendemain, on venait à bout de route en Suisse, et d’un coup, je vois le fameux couillon qui faisait du stop, et je dis, il est là où ? Il me dit, je vais à Bal, prendre l’avion pour aller à Amsterdam, et du coup, il passe la nuit dans notre local, ici même, puis le lendemain, je l’amène à l’aéroport, et pas de nouvelles pendant trois ans, et tout d’un coup, sur Facebook à l’époque, je vois qu’il dit, je suis en Norvège, je rentre en Suisse, et en fait, je viens d’arrêter, vous voyez l’affaire, je viens d’arrêter de tourner avec eux, j’étais un peu en mal de voyage, puis là, je dis à mes parents, ils vont me prêter la voiture, puis ils me disent oui, et du coup, je pars au fin fond de la Norvège, chercher ce gars que je ne connais pas, et puis on rentre ensemble, puis sur le chemin du retour, je ne sais pas, on parle, puis avec Coilguns, c’est 2014, on faisait une tournée de 40 dates et il n’arrêtait pas de conduire, puis du coup, c’était notre chauffeur, il y a 10 ans, et il y a 10 ans, on l’avait invité, il ne faisait pas de basse non plus, et tous les soirs, il jouait un morceau à la basse avec nous, et il n’était pas un ingé son, et puis pendant cette tournée-là, il m’a dit, je deviendrai bien un ingé son, il y a un super studio par chez vous, tu connais les gars, puis on les a présentés, donc tu vois, même s’il ne fait pas partie des 3 de basse, ça fait déjà plus de 10 ans qu’il était dans nos cœurs, et avec nous, donc c’est trop beau, et ça effectivement, ça crée du ciment, on est vraiment, on est rentrés il y a 48 heures du Mexique, puis hier soir, on était tous au vernissage de cet artiste qui vernissait son nouveau disque sur le label, et on était tous là, alors que, bref, je m’étale… (sourires)

C’est génial, et pour revenir là, tu reparles du Mexique, juste une petite parenthèse, c’est vrai qu’on est plus habitué aux scènes européennes, comment était l’accueil là-bas ?
Excellent, accueil excellent, très généreux, hyper chaleureux, je pense qu’on peut dire, en termes d’énergie, c’est vraiment 10 Mexicains, c’est l’équivalent de 100 en Europe, c’est un peu ça le ratio, ils débordent de tout, un peu comme leur nourriture, c’est soit trop sucré, trop épicé, trop salé, trop généreux en tout, donc quand tu as 10 personnes, ils sont francs fous, puis surtout, nous on a bien visité des lieux où personne ne va, ils sont très touchés que tu ailles là, ils ont envie de te montrer tout, ils sont trop fiers de t’expliquer leur culture, c’était trop cool, on va y retourner en tout cas une, voire deux fois l’année prochaine je pense, on va essayer de construire quelque chose là-bas, c’était hyper touchant de rencontrer les gens là-bas, après c’était vraiment, on a tellement perdu de blé, c’était complètement idiot, mais je pense qu’à long terme, on considérera comme un investissement, pas comme de la perte.

Par contre, si je reviens sur le nouvel album qui est en préparation, entre ça et l’ancien, vous n’êtes pas resté inactif musicalement aussi, il y a eu aussi un split avec Birds in Row, excellent groupe au passage, et puis là, vous avez aussi sorti un EP, un petit EP, mini EP de deux titres, Lost Love, il y a deux ou trois semaines, et donc là, si je ne me trompe pas, c’est des titres qui a priori ne rentraient peut-être pas dans le moule d’Odd Love, qui était un peu plus peut-être à l’ancienne, mais en tout cas, c’est peut-être des chutes, des morceaux qui ont été composés, mais qui n’étaient pas destinés à Odd Love. Précisément, nous on les trouvait très cool à la base, mais particulièrement, parce qu’il y en a un des deux dans le sens, c’est plutôt un pitch pour les musiciens, mais avec des métriques un peu cheloues, enfin un morceau bien alambiqué, comme ça, disons. Homeworking Patriarch, ou l’autre ? Homeworking Patriarch, exactement, et Nightshifter, par contre effectivement, un morceau un peu trop dark pour ce qu’on voulait sur Hot Love, mais il faut quand même dire que c’est aussi l’avantage et puis quand on leur envoyait les titres en sortant de studio, nous on trouvait qu’ils étaient cools, ces morceaux. Homeworking Patriarch, c’était peut-être un de nos favoris, contrairement à We Miss the Parade, qui est le morceau qui ouvre Hot Love, nous on pensait que c’était un b-side total, on était là, sur le disque quand on était là, on était là mais c’est n’importe quoi, il faut changer de management là, tu vois, et en fait, on a décidé aussi de se, on a dit mais en fait on bosse avec des gens, on va leur faire confiance sur ce disque, on n’a jamais laissé l’irène à personne, essayons de faire confiance aux gens qui nous entourent, et en fait Oui Miss the Parade c’est le premier des nouveaux morceaux qu’on a joué sur scène et qu’on joue toujours maintenant, qui est trop bien à jouer, et ces deux autres morceaux, donc Homeworking Patriarch et Nightshifter, ben ouais on s’est dit on en fait un EP, plutôt que faire mixer ça par Tom Dalgety qui a mixé l’album, on a fait mixer ça par Scott, donc de manière un peu plus organique, plus directe, et puis voilà, donc c’est un peu le côté sombre de Odd Love ces deux morceaux, puis finalement c’est vrai que quand tu écoutes ces deux morceaux, ben ils vont hyper bien ensemble, je suis pas sûr qu’ils auraient leur place sur Odd Love, en effet.

d’accord, mais Odd Love, moi je suis un peu d’accord avec ce que j’ai lu, la presse marquait que c’était, on était plus sur une musique peut-être plus énergique, positive, positive aussi, combative que les précédents M.F. C’est ce que j’ai lu et ce que je pense aussi, alors est-ce que le nouvel album, vous allez partir sur le même état d’esprit ?
Je crois que là, on est un nouveau chapitre, et puis ce nouveau chapitre, il va falloir qu’on le consolide et qu’on le ponce un petit peu, tout comme on a fait ça avec la version de Colgans d’avant, à savoir faire de la musique cryptique, à peu près inécoutable, avec des paroles qui étaient tout autant engagées que maintenant, mais beaucoup plus cryptiques justement, je crois que c’est vraiment le bon terme. Et puis là, cette formule un peu plus évidente, un peu plus positive aussi, comme tu dis, alors c’est pas le fond, il est toujours assez déprimant, mais c’est délivré volontairement avec un message d’amour et de solidarité et de rassemblée qu’il y avait peut-être moins avant, et puis on va continuer dans cette tranche-là. Je pense qu’une différence majeure, c’est que là, on a écrit un disque avec de la basse. Et ça, c’est vraiment une grosse nouveauté. Odd Love, tu vois, Kevin il est arrivé, j’avais déjà écrit les morceaux, donc Kevin le bassiste, quand il est arrivé dans Coilguns, j’avais déjà écrit les morceaux, j’avais déjà écrit quelques lignes de basse, je suis pas bassiste quoi, donc du coup il a un petit peu réinterprété quelques trucs, mais c’était encore un disque de Louis, Luc et Jonathan en gros. Là le prochain disque, il y a vraiment des trucs qui sont, j’ai écrit moi les morceaux au début, mais il y a vraiment de la basse quoi, donc ça va accentuer le côté un peu, ça va encore plus accentuer le côté noise rock là, du coup. Les guitares elles vont un petit peu, il y a pas mal de morceaux où les guitares passent un peu au second plan, c’est assez, je peux enfin être un vrai guitariste juste, tu vois, et pas devoir remplir le spectre sonore de tout en même temps, voilà.

COILGUNS live @Motocultor Festival (Carhaix-FR) en 2023

Excellent. On a hâte d’écouter ça, dis-moi, vous avez encore des nouvelles dates notamment le 12 novembre, vous êtes au Camji à Niort, j’ai vu que vous étiez accompagné par Miss France et Split que j’ai interviewé il n’y a pas longtemps, un jeune groupe noise hardcore. Je voudrais savoir, vous qui avez des kilomètres au compteur maintenant, quels conseils tu pourrais donner justement à des jeunes groupes comme ça qui vous accompagnent en tournée ?
Bon, je crois qu’en tout cas, ce que je dirais, c’est que pour peu importe, ça va sonner cliché mon dieu, ça c’est parce que je suis vieux, tu vois quoi, et je crois qu’il faut jamais faire les choses par quelconque intérêt en fait, c’est juste ça, donc tu vois, essayer toujours de proposer quelque chose d’authentique, de toujours être soi-même, ça veut pas dire proposer quelque chose d’authentique, parce que ça, ça paraît difficile à faire de toute façon, de faire quelque chose de… pas d’authentique, pardon, proposer quelque chose d’authentique, ça veut pas dire être original, ça veut juste dire faire quelque chose qui nous ressemble, puis si ce qui nous ressemble, ça ressemble à d’autres, ben c’est pas grave, je pense que ce qu’il faut faire, c’est ça, pas essayer de se démarquer plus que les autres, faut juste faire son truc, puis avoir du plaisir à le faire, puis ça généralement, ça permet de passer des bons moments tout le temps, et puis c’est souvent en faisant ça que par accident, tout d’un coup, les choses deviennent, peuvent se développer en un truc plus grand, un truc qui nous dépasse un petit peu, tu vois, ça peut être qu’on s’appelle une carrière, un job, ou n’importe quoi, et puis voilà, mais en gros, j’ai l’impression que pour faire de la musique, faut se rappeler que surtout faire de la musique, ben on le fait pour toi, mais on le fait aussi pour permettre aux gens qui viennent nous voir de transpirer leur fucking journée de merde quoi, qu’en fait, faire les élitistes arrogants puis dire, moi j’écris pas pour les gens, parce que là là là, mon art, ta gueule, tu vois, en fait, on fait ça pour partager ça avec des gens aussi, puis des gens qui en ont besoin, et puis je pense que je dis ça aussi pour me libérer un peu d’un traumatisme du Covid où on nous a trop rabâché avec les artistes, on servait à rien, tu vois, et qu’en fait pour moi, c’était vachement dur ça, de me dire, ah mais en fait, tout ce sur quoi j’ai construit ma vie, c’était du vent, puis en fait, je sers à rien, et puis quand même, quand les lieux culturels et les lieux de vie ont réouvert, ben la vie reprend enfin, donc fuck, en fait, on sert à quelque chose dans cette société, et puis ben à n’importe quel niveau, même au niveau sale punk, jouer devant 15 personnes dans des squats, ben en fait, ça sert à quelque chose, et puis, ben faut se rappeler qu’on a cette responsabilité de transmettre un message qui est cool, puis de permettre aux gens de s’auto-psychanalyser avec nous sur scène, c’était un long conseil, délivré par moi-même, voilà.

Il est superbe. Je vais finir sur ça, vous êtes très occupé, comme tu nous l’as déjà dit, et pour autant, je voudrais savoir, est-ce qu’il y a, en plus de la réalisation de ce nouvel album, des side-projects ou des nouvelles collaborations prévues sur des deux titres ou autres, comme vous avez pu le faire par le passé, avec Birds In Row, par exemple ? Je suis peut-être trop curieux (rires) ?
Eh bien, ma foi, non, non, aucun problème, il n’y a pas de secret, le teasing, c’est relou, il n’y a pas de secret, on est en train de faire un nouveau disque, ça nous prend tout notre temps en ce moment, entre les tournées et ça, avec Birds In Row, cette année, à la base, on aurait voulu, parce que nous, ce qu’on aimerait surtout, et Birds In Row et nous, c’est jouer ensemble ce truc qu’on a fait en 2024, mais on n’a pas assez de musique pour faire un concert, tu vois, donc cette année, on vous laisse se chopper une semaine pour écrire plus, mais on n’a pas pu, donc ça, ça va être dans les tuyaux à la première occasion, dans les cinq prochaines années, je pense qu’on va finaliser un set pour pouvoir jouer en live, autrement, dans les side-projects, non, pas trop, il y a Louis, notre chanteur, lui, il a une carrière solo en musicien, un truc un peu folk, bricole, où il a construit une suite d’instruments valise, pour un orchestre contemporain, à la base, donc il a inventé des instruments avec des mélanges de machines à écrire, de valise, de trucs chelous, et il tourne un petit peu avec ça, entre quelques dates de Coilguns, sinon, il produit beaucoup de disques, Kevin, le bassiste, lui, il vient de sortir, il y a quelques mois, trois, quatre mois, il a sorti son deuxième album solo, il fait de la musique qui défonce, méga triste, hyper bien produite, très très beau, Luc joue avec un groupe qui s’appelle Burr, avec qui il fait des concerts quand il peut, et j’encourage les gens à checker, vraiment, c’est vraiment un groupe, c’est très métal, avant-garde, un peu psyché, dans la redondance, mais hyper épais, et tellement, tellement, vraiment, c’est trop bien, ce groupe qui s’appelle Burr, qui vient de sortir un disque il y a un mois, et bien moi, sinon, rien, moi j’attends la fin de la tournée pour écrire celui d’après encore, j’ai très très envie de faire de la guitare en ce moment, et avec le batteur, on avait un projet qui s’appelle Closet Disco Queen, qui est un duo, plutôt classique rock instrumental, pour lequel j’aimerais recommencer à écrire, et un projet que j’avais monté, j’avais une carte blanche au Roadburn Festival, et j’avais fait ce truc qui s’appelle Trounce, avec le chanteur de Kruger, si ça te parle, à l’époque, et j’aimerais bien écrire un deuxième album pour ce projet, mais pas de collaboration prévue pour l’instant, autre que des trucs à l’interne, ça fait déjà pas mal, ouais, c’est déjà pas mal, ok, ça marche, je crois qu’on a fait le tour, on pourrait encore discuter longtemps, mais bon, je ne vais pas aussi prendre tout ton temps, un grand merci pour ta disponibilité, donc vous êtes encore, il y a des concerts en France, j’ai parlé de New York le 12 novembre, il y a le Rise and Fall aussi, le festival, donc voilà, vous êtes encore là, bien présents sur scène, donc un grand merci.

OILGUNS live @Motocultor Festival (Carhaix-FR) en 2023

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