CRYOXYD : This World We Live In…

Attention, ALBUM DU MOIS de décembre 2025 à METAL OBS parmi notre TOP 5 Albums !! CRYOXYD : This World We Live In.. (Dolorem Rec. 2025) Nouveau venu sur la scène death metal française et européenne, CRYOXYD prend enfin vie littéralement en 2025 avec ce premier excellent album intitulé This World We Live In… sorti le 12/12/2025 sur le label français  @DoloremRecords . Mais en fait, il s’agit d’un projet artistique de death metal mûrement réfléchi et travaillé depuis 2006, abandonné puis relancé en 2019. Un an après notre précédent entretien réalisé alors en avant-première en pleine gestation de son bébé en studio en 2024, Eron, son fondateur, principal compositeur, mais aussi guitariste/chanteur (ex-METAL URBAIN, IN MEMORY OF… , etc.) nous raconte toute la génèse artistique autour de CRYOXYD, son travail, ses influences évidentes et assumées (DEATH, PESTILENCE, MORGOTH, MERCYLESS, OBITUARY, ASPHYX, SEPULTURA, etc.), et ses projets scéniques live ! [Entretien réalisé par Zoom avec Eron (guitare, chant, musique & paroles) par Seigneur Fred – Photos : DR]

->> Single « Day After Day » par CRYOXYD, extrait de l’album This World We Live In… (Dolorem Records)

This World We Live In... - CRYOXYD
CRYOXYD
This World We Live In…
Death metal
Dolorem Records

Lorsque l’on publie un premier album studio, forcément, tout n’est pas forcément parfait, tant sur la forme que sur le fond, et sur le fond justement, on peut généralement y dénicher aussi tout un tas d’influences diverses et variées forcément évidentes. Et c’est tout à fait naturel ! Les plus grands ont commencé par faire des reprises de leurs idoles, quitte à en plagier, avant de créer et développer leur musique, leur son, etc. Les exemples ne manquent pas en la matière. Mais pour le cas de CRYOXYD, formation à l’origine tourangelle née dans l’esprit de son guitariste/chanteur Eron, également principal compositeur et parolier, le projet remonte à 2006. Ce qui allait devenir un beau jour CRYOXYD végéta plus ou moins, avant que notre homme se mette vraiment aux affaires et s’y dévoue corps et âmes (et aussi financièrement). METAL OBS était déjà sur le coup en septembre 2024 lors de l’interview en avant-première du leader de ce groupe qui prend véritablement vie aujourd’hui avec ce premier LP intitulé This World We Live In… et dont le line-up a évolué entre-temps, et se trouve prêt à conquérir également la scène. Egalement car cela passe d’abord donc par un premier album soumis aux critiques et au peigne fin. Et si vous aimez le death metal old school, ou plutôt la génération apparue au début des années 1990, avec les DEATH, ASPHYX, OBITUARY, SEPULTURA, PESTILENCE, MORGOTH, AGRESSOR, MERCYLESS, LOUDBLAST, etc. alors vous allez être servis ! De biens grands noms, vous dites-vous ? Eh oui, alors tant qu’à posséder des influences comme n’importe quel jeune artiste, autant piocher dans les meilleures du genre, non ? Rien que l’intro du disque, « Cowered Under Darken Skies », on plonge d’emblée en 1991 dans Arise de SEPULTURA…

Puis surgit le single « Day After Day » qui tabasse à sec et vous fait headbanguer comme un forçat avec sa rythmique implacable. Il faut dire qu’il y a du beau monde dans l’équipe française : Nicolas Sanson à la basse (DEAD SEASON, ex-UFYCH SORMEER, ex-HECTIC PATTERNS…), Grégoire Galichet (DEAD SEASON lui aussi, DEATHCODE SOCIETY, ECCLESIA…) et un certain Nekro qui envoie le bousin à la six cordes (si ce n’est pas sept ?). Si l’approche artistique est volontairement old school, il règne un sentiment d’urgence. Et le résultat est tout bonnement grandiose, génial, même si on tombe vite dans la nostalgie, bien sûr. Mais la production sonore façon Tampa/Morrisound Studios incombe ici au producteur danois Kristian Øgir aux Everloud Studios avec ce qu’il faut de réverb’, de chorus, delay, et autre effet en tout genre propre au style death metal du début des années 1990 donc. Un peu plus loin, c’est le single « Injected Minds », plus subtile avec son intro à la basse, qui fait mouche encore une fois. Chaque riff de guitare est hypra travaillé, on sent le labeur derrière tout ça, la sueur, mais aussi la corne sur les doigts quitte à ce qu’ils saignent à force de jouer avec tant de rage sur les cordes son Ibanez. En parlant de cordes, vocales celles-ci, on trouve chez Eron ce chant growlé schizophrénique, entre le growl et le scream précisément, à la limite de la rupture, entre un Martin Van Drunen (ASPHYX, HAIL OF BULLETS, ex-PESTILENCE) et un certain Patrick Mameli (PESTILENCE). Encore de belles références. A voir si en live ça tiendra car il faudra de l’endurance pour ne pas être aphone à force de telles éructations !

Sur « Dismal Fate », CRYOXYD sonne plus mystérieux, plus dissonant, presque progressif (le Symbolic de DEATH n’est pas loin), tout comme la fin du précité « Injected Minds », tout en groove et en douceur. Le complexe et touffu « Trapped In A Mirror » avec toujours ce groove où l’on entend bien cette basse, ce qui fera plaisir à tout fan de CYNIC ou MISANTHROPE qui se respecte (salutations à Jean-Jacques Moréac au passage !). On part vers des envolées de guitare sur l’un des trois plages instrumentales de l’album, « Effigy of The Unkwown », tout en finesse, avec du tapping en prime, de même sur « Ambivalent Feelings », relativement complexe. GRUESOME n’a plus le monopole en matière de tribute band à l’œuvre de Chuck Schuldiner (R.I.P) !! Enfin, on pourrait citer d’autres titres qui tabassent, mais le mieux est de découvrir cette galette vraiment convaincante par vous-même et de vous préparer pour les concerts à venir, car si ça joue aussi bien que sur album, avec toute cette fougue, et cette précision, avec un son correct restituant au mieux ces douze morceaux, alors on risque de s’en prendre plein la tronche, et c’est tant mieux !! Quant à l’univers dystopique des textes, cela donne souvent froid dans le dos, à l’image des vidéoclips (« Injected Minds » là encore, ou le premier single « Mindless Human Form » paru en septembre 2024 qui avait éveillé toute notre curiosité avec ces références aux années 1990, Big Brother, et un côté esthétique entre un vieux MEGADETH (de retour pour un ultime album studio début 2026 !) et « Replica » de FEAR FACTORY). D’ailleurs, on retrouve sur la chanson « Mindless (…) » un certain guitariste français, Nils Courbaron (SIRENIA, BLOODORN, NILS COURBARON BAND, DROP DEAD CHAOS, T.A.N.K.), pour un solo pas piqué des hannetons, et ça fait plaisir à entendre. Pour autant, CRYOXYD n’abuse pas de ce genre de choses, et c’est tant mieux. Après, si cela peut donner un coup de coup médiatiquement parlant (la preuve, ça marche, on en parle), c’est bien. L’identité CRYOXYD est néanmoins déjà bel et bien présente, à travers notamment la détermination de chacun des musiciens titulaires, et aussi l’artwork plutôt réussi, signé d’un certain Kevirus. L’acoustique « For All Whom Suffered » calme un peu nos esprits surexcités lors de cette pause instrumentale qui aurait pu être appartenir au regretté Quorthon (R.I.P.) de BATHORY, ou un vieux SEPULTURA, période « Dead Embryonic Cells ». Après le puissant « Mindless Human Form » au mid tempo efficace, doublé d’accélérations ravageuses, les leads de guitares occupent encore une belle place, alors que les growls d’Eron font vibrer nos cages à miel, et c’est en arpège que son guitariste n’égraine les dernières notes. Ah non ! Il y a encore la chanson-titre qui conclut les hostilités de This World We Live In… tout en feeling.

En résumé, CRYOXYD frappe fort avec sa première galette qui sent bon le death metal old school en cette fin d’année 2025, mais pas trop car il y a de la créativité. Et quand on sait qu’un second album est déjà dans la tête (et les disques durs) de son guitariste/chanteur, plus déterminé que jamais, on se dit que Dolorem Records a eu le nez fin en donnant la chance à ce beau projet français, et qui n’a pas à rougir face aux MERCYLESS et autres LOUDBLAST toujours au top de leur art. La relève est là et c’est tout simplement génial. Même les Américains regardent à l’est désormais et vers le Vieux Continent quand on parle death metal de nos jours. Alors longue vie à CRYOXYD et chapeau, messieurs ! [Seigneur Fred]

->> La chronique en vidéo de cet album du mois parmi notre TOP 5 Albums METAL OBS de décembre 2025 à retrouver ci-après :

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