Belle surprise black metal que ce premier méfait de Dreamless Veil, nouveau super combo de black metal américano-australien comprenant le talentueux batteur poulpe Dave Haley (Psycroptic, The Amenta, Ruins, Abramelin, Werewolves, etc.), le guitariste et principal compositeur Dan Gargiulo (Inter Arma, Artifical Brain…) et le chanteur Mike Paparo (Inter Arman, Artificial Brain). Pour ce dernier, aucun lien avec Papa Roach, fils unique. Blague à part, si vous ne les connaissez pas leur pédigrée, qu’importe ! Et focalisons-nous plutôt sur la musique sombre et evil d’Every Limb Of The Flood (autrement dit, « Chaque limbe du déluge ») que l’on peut prendre à la fois telle quelle, c’est-à-dire plutôt complexe, honnête, et efficace si l’on ne connait pas ses classiques, mais aussi comme un pur album hommage au true black metal scandinave des années 90 (mais pas que) proposant tout simplement une relecture de leurs classiques (les premiers Emperor, Satyricon, mais aussi Dissection pour le côté suédois, voire Mörk Gryning avec de légers claviers parfois). La production sonore est plutôt moderne mais conserve néanmoins cette aura d’antan (l’écho sur le chant de Paparo, par exemple) et ce côté evil, malsain, avec une production pourtant soignée, signée Dan Gargiulo justement. S’ouvrant par le glaçant et très dark « Dim Golden Rave », si le rythme est lent, presque doom, l’ambiance est extrêmement abyssale, dépressive, proche des premiers Forgotten Tomb. Fort heureusement, quelques choeurs en chant clair viennent apporter une once de lumière sur des riffs froids et ce chant déchirant, rappelant Nocturno Culto sur A Blaze In The Northern Sky. Mais les choses s’accélèrent peu à peu, et la batterie de Dave Haley s’énerve, avec des breaks judicieux. Puis on plonge corps et âme dans la délicieuse chanson « A Generation of Eyes », l’un des premiers isngles issus de l’album. Wrath of the Tyrant d’un certain Emperor n’est guère loin, c’est à la fois glaçant encore une fois, mais aussi bluffant en termes de mimétisme.
Alors on pourrait continuer ainsi, à décortiquer la substantifique moelle, et citer par exemple aussi « Saturnism », aussi brutal que du plomb en pleine tronche, avec ce côté evil vraiment présent tout du long, et ce break plus atmosphérique bien senti, sans trop en faire justement. Après « Saturnism » donc, succède « The Stirring of Flies », aussi lourd qu’une chappe de plomb, avec cette batterie australienne qui cogne. Puis les blast beats s’abattent avec violence et toujours ces riffs très travaillés, très scandinaves, avec quelques innovations ici ou là, notamment des usages subtils de claviers et de quelques soli de guitares. La fin inexorable approche, tel l’apocalypse ou un déluge, mais attention au connotations et références bibliques, même si Dreamless Veil ne sont pas spécialement anti-chrétiens, mais expriment plus là une haine envers un système plus général. Un morceau comme « Glossolalia », totalement gloomy, vous glace le sang une nouvelle fois, avec son petit côté Dissection, et enfin « Dreamless » achève une véritable descente aux enfers, comme Dante dans La Divine Comédie après 5’37 de sauvagerie black metal. Ce titre permet au groupe anglo-saxon d’affirmer son nom presque complet car il faudra le retenir justement, en espérant que ce ne soit pas un simple projet éphémère comme bien souvent dans d’obscurs side-projects black metal faits maison avec plus ou moins de talent et de moyens. Mais d’après les dires de son guitariste américain, il y a une réelle volonté d’interpréter en live sur scène prochainement. A voir après le déluge politique qui risque de s’abattre sur les Etats-Unis cet automne… [Seigneur Fred]
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