Une fois n’est pas coutume à pareille époque au printemps (sauf que cette fois-ci en 2025, l’édition fut avancée d’un mois, soit début avril contrairement à mai ces années passées), nous nous sommes rendus au Durbuyrock Festival chez nos voisins belges. Si l’affiche de l’édition 2025 nous paraissait un poil moins emballante que dans le passé, la curiosité nous piquant et l’appel des décibels nous mobilisant, rendez-vous fut pris dans tous les cas. Et puis, ne faut-il pas tuer l’ours avant d’en vendre sa peau ? [Live report par Sante Broccolo – Textes et photos par Sante Broccolo]

Arrivés tardivement en terre wallonne, nous sommes accueillis par le set de Do Or Die, un groupe de hardcore local bien connu et habitué du festival. Les gars ne font pas dans la
dentelle et se donnent à fond comme si c’était leur dernier concert et que leur vie en dépendait. Le public ne reste d’ailleurs pas indifférent… Quoique agressive, leur musique dénote d’une joie de jouer communicative !

Place ensuite à nos fraises, pardon, nos French(ies) de Tagada Jones, le groupe vendéen de punk rock/metal, lui aussi habitué aux festivals et plus particulièrement à l’évènement du jour. Comme d’habitude, la bande à Nico présente un set solide qui lui aussi conquiert les spectateurs agités à crète. Celui-ci se met accompagner le chant lors de mélodies qui, à certains moments, font penser dans une certaine mesure, à Téléphone, en version plus punk et énervée tout de même…

Toujours plus ou moins dans le même registre, le groupe de hardcore américain Pro-Pain que l’on avait un peu oublié alors qu’il demeurait actif sur les grands festivals et tourne un peu partout dans le monde. Mal nous en a pris : le show des Ricains se révèle d’une incroyable intensité et agressivité. Tout simplement fabuleux ! Les soli de guitares se suivent les uns plus intenses que les autres. L’audience belge est unanime et se rend compte que l’on assiste tous là à un superbe moment alors qu’il fait particulièrement froid !


Enfin, pour se réchauffer, la soirée se termine avec Bizkit Park un groupe de nu metal qui nous gratifie d’un bon concert inspiré par des groupes comme Limp Bizkit, donc, et Linkin Park, vous l’aurez deviné… Nostalgiques des baggies et basket Adidas pour jumper au début des années 2000, ce groupe est pour toi ! Ainsi, contrairement à certaines éditions dans le passé, la journée ne se termine pas par des artistes moins connus, histoire que la salle se vide progressivement. Nous avons ainsi à faire à une prestation pleine qui incite la
plupart des spectateurs à rester.



Notre second jour commence avec notre vieil ami gréco-suédois Marios Iliopoulos et son groupe Nightrage. Ces derniers présentent un set de death metal mélodique combinant agressivité et mélodie avec succès (voir notre interview de 2024 ici). Bon concert, et le début est prometteur.

Nous partons voir Acus Vacuum, un groupe de folk metal local utilisant deux cornemuses qui prennent la majorité du concert à leur compte. Pas mauvais sur le plan musical, mais à la
longue, ce sont toujours les mêmes sonorités et rythmes qui reviennent. Un peu plus
de variations ne serait pas un luxe et peut-être serait-il opportun d’incorporer des
guitares électriques, histoire de multiplier les sonorités.

Winterfylleth, un groupe de black metal britannique que l’on aime bien à Metal Obs, et qui ne fait pas dans la dentelle quand il ne publie pas un album acoustique pour surprendre tout le monde (cf. The Hallowing of Heirdom en 2010 (Candlelight Rec.)) !! Rentre-dedans avec beaucoup d’enthousiasme, leur set dynamise la foule. Ambiance, talent, superbe concert ; à revoir dans un plus grand festival !

Corvus Corax nous donne ensuite un show mélangeant folk et rock qui met le public
sens dessus dessous. Les soli de cornemuses se suivent, la guitare et les autres
instruments ne sont pas en reste. Le public se prend au jeu avec même une partie des festivaliers qui se retrouve assise, faisant mine de ramer dans un drakkar !! Ambiance ! Tout le monde apprécie !!

On connaissait Arcatarus, mais pas encore Aktarum. Il s’agit là d’un groupe de folk metal belge qui a acquis une certaine notoriété hors du pays des frites (ou plutôt de la frite ici car ça va pas mal bouger ce soir dans le pit). Ils se sont déjà produits notamment aussi au Hellfest. Soyons clairs, ceci n’est pas dû au hasard mais à des riffs entraînants et à un chanteur particulièrement présent et charismatique qui sait y faire. Succès logique et donc mérité.


Le festival tire à sa fin avec nos vieux amis là encore d’Enslaved qui va peut-être nous permettre d’atteindre le Walhalla… (lire notre dernière interview en 2023 ici). Le fameux combo de Bergen de black metal progressif offre un set de qualité et met tout le monde d’accord. Leur musique sombre est jouée avec rythme et de superbes riffs. L’émotion atteint son paroxysme lorsque tous les membres du groupes chantent un morceau ensemble. Vraisemblablement la meilleure prestation avec celle de Pro-Pain.



La Norvège est à nouveau à l’honneur avec Insahn, projet de Vegard Sverre Tveitan (chanteur/guitariste d’Emperor, Peccatum…). Le show verse dans un metal extrême et l’équipe autour d’Ihsahn (à une époque composée exclusivement des membres de Leprous) alterne les morceaux qui font mouche. Pas question de s’ennuyer, et à titre personnel, on reste au bord de la scène pour ne pas en perdre une miette tant on est en admiration face à ce musicien talentueux qui joue devant mille personnes avec la même envie et intensité qu’en tête d’affiche à Wacken ou à Clisson au Hellfest avec Emperor. Chapeau l’artiste, tout simplement !



Eluveitie sonne la fin de la récré. Vus lors de la tournée avec Amorphis où l’on avait été plutôt impressionnés, notamment par la prestation de la harpiste et chanteuse Fabienne Erni. Cependant, La surprise n’y était vraisemblablement plus, ce concert était un ton en dessous car on peut éprouver une certaine lassitude de voir si souvent les concerts répétés de nos voisins helvètes tant ils tournent partout et régulièrement, et ce, dans les quatre coins du globe. Au côté du leader et fondateur Chrigel Glanzmann (growls/mandoline), seul rescapé du line-up originel, Fabienne a parfois tendance à crier. Toutefois le show est très bien huilé, et les fans sont totalement conquis par les rois celtiques du folk metal présenté. L’enthousiasme est vif sur scène et dans la salle. C’est bien là l’essentiel.



->> Retrouvez notre interview d’ELUVEITIE pour leur nouvel album Ànv (Nuclear Blast) ci-après en vidéo :
=> Conclusion du Durbuyrock Festival 2025 :
Nos amis helvètes qui clôturaient l’évènement ont ravi les fans du festival qui a, cette année, non seulement apaisé nos craintes du départ, mais aussi étonné de par sa qualité musicale. L’organisation wallonne a d’ores et déjà annoncé une des têtes d’affiches de l’an prochain. En 2026, nos amis français d’Ultra Vomit, un autre habitué, reviendront enjouer les festivaliers belges ! Alors répétez vos classiques et choisissez d’ores-et-déjà votre camp (« Pivi vs Caca »). Cela promet… Rdv est pris ! [Sante Broccolo]

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