Changement de crèmerie pour nos Ricains d’Edge of Paradise avec la publication de leur sixième opus, Prophecy, et ce, deux ans après la sortie d’Hologram (Frontiers Records), et quatre ans après notre précédent entretien pour l’album The Unknow (2021). La formation de Los Angeles qui évolue dans un hard rock moderne, pourrait-on qualifier, ou bien d’alternative metal dans un terme plus à la mode, effectue ainsi sa grande première chez Napalm Records, label expert en metal symphonique ou mélodique à chanteuse, et qui a mis ici les petits plats dans les grands pour les accueillir à grand renfort d’outils marketing, à commencer aussi par une communication visuelle qui passe forcément de nos jours par la diffusion d’une floppée de singles faisant objets de magnifiques vidéo clips déjà parus sur le web, tous réalisés par la chanteuse d’origine arméno-russe Margarita Monet, le dernier étant pour le titre . Côté textes, là aussi écrits par Margarita que nous avons pu interviewer (voir en bas de cette chronique), la frontwoman aborde ici des sujets actuels tels que la domination de l’intelligence artificielle sur l’homme, au point qu’elle en devient son maitre, ou bien le besoin de se reconnecter aux autres humains. A la fois catchy et mélodique, avec l’utilisation pour la première fois de guitares huit cordes par son acolyte Dave Bates, et toujours ce batteur Jimmy Lee (qui avait succédé à impressionnant par son jeu plus démonstratif que technique, ce nouvel album s’avère puissant, et créé une urgence de vivre les choses avec une certaine prise de conscience chez la personne qui écoute ses paroles. C’est le single « Death Note », qui nous met dès les premières secondes dans l’ambiance. La voix assez spéciale, à la fois un peu rebelle et plus douce par moment, de Margarita Monet nous invite à nous libérer de notre dépendance à la technologie, nous encourageant à recréer de vrais liens sociaux. Ce morceau montre les plusieurs facettes de la voix de la belle, nous faisant changer d’ambiance plusieurs fois au sein de la chanson.
Sur le tout nouvel extrait « Give it to me (mind assassin) », le groupe invite Ben du one-man band de goth metal new-yorkais Ludovico Technique à partager le chant en duo dans une ambiance plus froide et toujours très moderne. Il est indéniable que sa voix grave contrebalance les chose, rajoutant un côté mystique à cette chanson et créant un contraste avec celle de Margarita. Cependant, les deux voix se marient plutôt bien avec des refrains accrocheurs et mais aussi des moments plus calmes et mélodiques. La chanson-titre « Prophecy Unbound » aux faux airs arabisants et au vidéo clip capté dans un désert américain, pourrait presque être une chanson tout droit sortie d’un film de science-fiction, entre le début de l’histoire d’Assassin’s Creed et Interstellar, mais côté originalité, on est est tout de même à des années lumières du chef d’œuvre de Christopher Nolan. Si la réalisatrice du vidéoclip a du talent, elle chante aussi admirablement bien avec son style qui risque cependant d’agacer certains, à la fois trop criarde pour les adeptes de metal lyrique et symphonique des maîtres du genre (Epica, Within Temptation, Nightwish, Xandria, etc.) et trop gentillet pour les amateurs de sensations plus extrêmes à chanteuse/growleuse (Frantic Amber, ou Akiavel plus près de chez nous).
Il faut reconnaître qu’elle chante avec une certaine urgence et quand même de l’émotion dans sa voix, qui nous laisse le refrain en tête et l’envie de la réécouter. Là encore, les riffs de guitares et un certain groove installent les bases d’un metal moderne qui peut rencontrer un cif succès. Quant au morceau « Falling light » qui clôt en toute beauté Prophecy, on assiste là à une réelle démonstration vocale de Margarita, encore elle, ainsi qu’une réelle présence de ses compagnons musiciens. Ce titre, avec peut-être « Prophecy Unbound » représentent bien à eux deux l’identité d’Edge of Paradise en 2025, le quintet californien ayant su évoluer rapidement avec le temps tout au long de ses albums. En résumé, Prophecy est un album chargé en riffs puissants et mélodiques aux arrangements nombreux et dont les envolés vocales magnifiques pourront satisfaire certains, mais aussi en repousser voire agacer d’autres. Les paroles introspectives et percutantes demeurent assez travaillées et plutôt accessibles, avec tout un concept visuel derrière mis en image par Margarita Monet, véritable leader du groupe américain, au côté du guitariste impressionnant de maîtrise ici. Plus que jamais aujourd’hui, on sent clairement une confiance et une affirmation dans le style, musical et visuel des Californiens en grande forme, et en pleine tournée en mars 2025 au Pays de l’Oncle Sam avant de venir séduire le public du Vieux Continent. [Nel666 avec la complicité de Seigneur Fred]
->> Interview de la chanteuse Margarita Monet d’EDGE OF PARADISE à propos du nouvel album Prophecy (Napalm Records) à retrouver en vidéo ci-après :
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