Si le premier single « Valkyrian Fate » issu de ce dixième (ou neuvième album si l’on exclut leur tribute album Blot, ilt, taut en 2016, d’après son leader en interview ci-dessous), s’avère très accrocheur et plutôt formaté dans le genre viking/black metal mélodique avec son refrain et ses magnifiques chœurs très appliqués, il faut bien reconnaître que la longévité et le dur labeur d’Ereb Altor depuis 2003 forcent le respect. Tapis dans ses forêts au centre de la Suède du côté de Gävleborg, Crister Olsson alias « Mats » (également membre des excellents doomers d’Isole) et ses compagnons aiment puiser leur inspiration dans la nature environnante et les légendes d’automne de leur contrée (magnifique artwork signé Christine Linde, auteure d’un artwork aussi pour October Tide), mais aussi bien évidemment de leurs ancêtres vikings, en s’imprégnant fortement de l’oeuvre de Bathory, période viking metal (Hammerheart et Blood on Ice essentiellement). Mais à travers les années, le quatuor a su forgé et développé son style à travers des albums épiques, comme By Honour (2008), Fire Meets Ice (2013), ou le plus récent Ulfven (2017). Aujourd’hui, sur Hälsingemörker, la recette ne change pas, et ravira les fans de black metal mélodique et de folk/pagan metal d’obédience viking, comme Falkenbach, Enslaved, Borknagar, Einherjer, Månegarm, Mythothyn, etc. Mais ce qui saute aux yeux ici tout d’abord, ou plutôt aux oreilles, ce sont les riches parties vocales et les nombreux chœurs qui accompagnent la voix claire principale de Mats, assurée ici par son acolyte Ragnar. Attention, le frontman assure également le chant black, et sait s’énerver quand il le faut (« Vi är mörkret » ou « Träldom »). Il accomplit d’ailleurs une grande performance vocale tout du long. Heureusement car on peut trouver parfois les compositions un peu redondantes et gentilles. Mais les racines sont ici à la fois black et folk metal et leur mélange est savamment orchestré. Sur l’intro de la chanson-titre, on pourrait même penser un court instant aux Irlandais de Primordial, quelque peu en perte de vitesse ces derniers temps.
Si les sept nouvelles compositions sonnent très heavy avec toujours un grand effort sur les mélodies, tant au niveau des guitares que des chants, le rythme majoritairement est basé sur du mid-tempo (l’exemple parfait de la chanson-titre « Hälsingemörker »). Dommage que la batterie de Tord soit trop triggée et sonne un peu trop moderne. De plus, la longueur des morceaux (environ 6 minutes en moyenne) pourra parfois ennuyer certains auditeurs impatients car il faut vraiment du temps pour totalement apprécier Hälsingemörker. Fort heureusement, Mats et Ragnar savent rendre les choses épiques et muscler leurs hymnes guerriers (« Valkyrian », « Träldom »), qui constituent aussi des odes à la nature (« The Waves, the Sky and the Pyre »), nature qui a bercé leur enfance et dans laquelle ils ont grandi loin des villes d’Uppsala et Stockholm… Pour vraiment arriver au Walhalla et atteindre un sommer de musique viking épique, il faut donc arriver à « The Waves, the Sky and the Pyre » suivi de « The Last Step », tous deux situés en fin d’album. Après ce long et ultime morceau très heavy aux riffs accrocheurs et chant black rappelant un peu Enslaved, on assiste au superbe et plus folk « Skogsrået », single paru en 2024 qui se rajoute à l’album. Celui-ci figure en bonus track, tout comme « Midvinter » et le réenregistrement de « The Lake of Blood », tiré à l’origine de l’EP du même nom paru à l’origine en 2014, et qui aurait pu être une chanson issu tout droit de l’esprit du défunt Quorthon (Bathory). Bonne idée d’Ereb Altor et du label néerlandais Hammerheart Records ici car cela agrémente un disque auquel il manquait peut-être un peu d’emphase par moment. Hälsingemörker reste néanmoins une bonne galette dans le genre viking/black metal, genre qui peine de plus en plus à se renouveler dernièrement sans ses leaders. [Seigneur Fred]
->> Retrouvez notre interview d’EREB ALTOR en vidéo ci-dessous :
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