ESCUELA GRIND : Dreams on Algorithms

Dreams On Algorithms - GRIND ESCUELA
GRIND ESCUELA
Dreams On Algorithms
Grindcore
MNRK Heavy

La rentrée scolaire (et universitaire) a beau être passée, il n’est pas trop tard pour retourner à l’école, mais cette fois à l’école du grindcore !!! Et quoi de mieux qu’un troisième album du fracassant quatuor américain pour apprendre à grinder ? Bah oui, il n’y a pas d’âge pour ça. Mais au delà de la récente controverse au sujet de ses membres balancé sur le web par leur ancien manager à propos de leur attitude quotidienne à l’encontre de leur discours d’inclusion prôné dans leurs textes, penchons-nous plutôt si vous voulez bien sur ce troisième missile studio à longue portée baptisé Dreams On Algorithms, deux ans après le perfectible mais efficace Memory Theater pour lequel nous nous étions entretenus avec son batteur Jesse Fuentes. Rappelons tout de même que ce soit sur disque ou sur scène, Escuela Grind, ça défouraille sévère !!! Il n’y a qu’à voir leurs nombreux concerts donnés à droite à gauche dans le monde, et puis leur récent sur duo avec Mark « Barney » Greenway (Napalm Death) sur le titre « Meat Magnet » sur leur EP DDEEAATTHHMMEETTAALL en 2022, outre l’aspect commercial du featuring, a fait son petit effet pour démocratiser, dirons-nous, ce style musical. Et justement, sur ce troisième effort longue durée, on ressent une certaine maturité dans le song writing, avec une certaine ouverture comme sur l’un des (nombreux) singles issus de ce nouvel album, le surprenant « Turbulence » avec la voix claire , qui n’est pas sans rappeler une certaine ouverture mélodique qu’avait tenté à plusieurs reprises, même si timidement et avec son style, la chanteuse Candace Kucsulain (Walls of Jericho) il y a une quinzaine d’années maintenant. Cette chanson groove et envoie du steak, et ça tombe bien, c’est ce que l’on veut ! Rassurez-vous, les vegans vont pouvoir danser quand même sur ce futur tube sans aucun problème. Paradoxalement, on dirait que nos Yankees n’assument pas totalement ici, reléguant ce morceau en toute fin d’album du tracklisting. Dommage. Mais commençons par le commencement et par la série de salves grind que nous adressent durant 30 minutes Kris Morash (guitare), Katerina Economou (chants) (les filles d’abord), Jesse Fuentes (batterie), et le nouveau bassiste Justin Altamirano, l’autre s’étant fait la malle…

Mais c’est la chanson-titre, écrite ici en abrégée (« D.O.A. ») et placée en ouverture, elle, qui ouvre ce bal brutal et sale. Puis très vite les riffs de guitare abrasif et la rhythmique qui donne envie de headbanguer et se cogner contre les murs dévastent tout. Citons, en outre, « Always Watching You » et ce sentiment d’être toujours épié à cause de Big Brother, que l’on soit dans la rue, dans un magasin, au travail, bref, partout. Souriez, vous êtes filmés ! Le vidéo clip tourne d’ailleurs presque au film d’horreur ou thriller à la Lost Highway, avec toujours ce second degré chez le groupe du New Jersey/Massachussetts. D’ailleurs, l’album a été enregistré comme son prédécesseur à Salem (Massachusetts) au GodCity studio du gourou du hardcore et du grindcore, Monsieur Kurt Ballou (Converge). D’autres morceaux vous arrachent le cerveau, avec la batterie de Jesse Fuentes qui sait accélérer quand il faut, et pas toujours être à 300 bpm. Sur « Constant Passenger », on est plus dans un mid tempo avec un chant plus typé death (un featuring peut-être ou bien est-ce vraiment Katerina ?), alors que « Moral Injury » taille dans le vif. Sur « Concept of God », on retrouve ce groove quand les choses se calment un peu sur certains breaks qui font très très mal, et des mosh parts terribles. Idem sur « Planned Obsolescence » avec ce rythme à contre-temps et dansant qui ferait presque peu à Fear Factory sur ce même thème. Et que dire de « Toothless » d’une lourdeur, aussi lourde que leur label MNRK Heavy. Et c’est donc sur cette dixième « Turbulence », assez novatrice, que se conclut les hostilités grindcore de nos amis américains qui font encore faire un malheur en live sur scène, voire peut-être sur les scènes des plus grands festivals tellement Escuela Grind a vite gravi les échelons. Maintenant, reste à savoir si ses membres sont vraiment sincères derrière ce mur de décibels et de paroles, mais on ne peut nier l’impact de Dreams On Algorithms extrêmement bien foutu et qui défouraille sévère avec ce vent de fraîcheur nécessaire au style. [Seigneur Fred]

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