Le single et premier morceau de ce septième missile des Ricains de Fit For An Autopsy met d’entrée de jeu la barre très, très haut. « Hostage », avec un démarrage sur un rythme mid-tempo et un riff bien lourdaud, envoie également un refrain assez mélancolique, qui témoigne de la noirceur et des atmosphères sombres qui règnent sur l’ensemble de ce nouveau pavé deathcore à écouter très fort. Pour autant, FFAA s’attache aussi (et encore) à sortir des carcans du genre, pour preuve avec ce « Spoils Of The Horde » qui démarre sur une ambiance froide et sombre digne des early Fear Factory, la fin du morceau démontrant toute la hargne et rage de Joe Badolato. Le frontman livre d’ailleurs une performance de mammouth tout au long des dix titres de The Nothing That Is au sein du sextet originaire de Jersey City.
Sur « Savior of None – Ashes of All », on passe de parties mid/low tempo, prétexte à mosher, à des passages plus épurés, prouvant (est-il encore besoin de le démontrer ?) tout le talent de songwritting de Will Putney, le principal compositeur du groupe (et producteur). Et son travail ne s’arrête pas en si bon chemin, puisqu’il l’a produit en toute logique album, alors qu’il s’est occupé de petits chefs d’œuvre dernièrement, comme le premier brûlot longue durée de nos nouveaux chouchous anglais de Heriot (lire notre interview de sa guitariste/chanteuse Debbige Gough à ce propos ici). Toujours dans un esprit de se différencier des autres, on découvre un « Weaker Wolves » qui groove (!) par endroit, ainsi que quelques gimmicks empruntés au metalcore moderne. Ce dernier aspect est d’ailleurs accentué sur l’autre single « Red Horizon », avec son riff tournoyant en ouverture et ses guitares tranchantes. L’utilisation du chant clair n’y est jamais de trop et reste viril en soi, loin de la mièvrerie de certaines compositions de metalcore moderne et mainstream justement. Chapeau encore une fois à la versatilité vocale impressionnante de Badolato.
Arrive alors le titre éponyme, qui s’autorise un énorme solo death vintage en milieu de piste. Après tout, pourquoi pas ? Rappelons qu’ils sont trois guitaristes au total ! Puis « Lurch » et ses changements de rythme incessants (faisant remarquer l’énorme travail de la section rythmique) continue d’envoyer du lourd, tout comme « Lust For The Severed Head » qui ne laisse aucun répit à l’auditeur, même chevronné. The Nothing That Is se termine alors en apothéose avec le long (6’24) « The Siver Sun », qui même si ses deux premières minutes semblaient présager le pire (nos deathcoreux sont-ils en train de nous pondre une balade, non de non !), clôt les hostilités de fort belle manière. Avec ces 10 titres de haute intensité et d’une noirceur terrible, cette septième bombe demeure pourvu d’une belle homogénéité. Bravo les gars, FFAA continue donc s’affirmer comme un groupe à part tout en conservant sa place de poids lourd dans la sphère du deathcore malgré la folle concurrence. [Norman « Sargento » Garcia]
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