GRUESOME : Silent Echoes

Lancé en 2014 comme un groupe hommage à Death et Chuck Schuldiner (R.I.P.), GRUESOME est rapidement devenu un groupe de death metal incontournable de la scène américaine actuelle, développant sa propre personnalité, notamment à travers leur dernier album studio, Silent Echoes (‪@relapserecords‬). Matt Harvey, son leader et l’un des principaux compositeurs de GRUESOME, a accepté de répondre à nos questions et de parler de l’inspiration de Death dans sa vie, et bien sûr, de Silent Echoes, un nouvel album vraiment mature, explorant davantage et de manière subtile l’aspect progressif des derniers disques de Chuck Schuldiner. Nous avons également parlé ici de guitares, de sa façon de travailler au sein de GRUESOME, ainsi que de ses nombreux projets parallèles : EXHUMED, et le petit dernier COLD SLITHER (bande originale des jouets, commandée par HASBRO) ! [Entretien réalisé par Zoom avec Matt Harvey (guitares/chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

->> Single « Silent Echoes » par GRUESOME de l’album Silent Echoes (Relapse Records)


Silent Echoes - GRUESOME
GRUESOME
Silent Echoes
Death metal
Relapse Records

Si DEATH n’est plus, ni CONTROL DENIED non plus, du fait de la disparition précoce de son leader et principal compositeur et parolier Chuck Schuldiner (R.I.P.) en 2001 à cause d’une putain de tumeur au cerveau, il nous reste son œuvre discographique avec des albums d’anthologie, et divers documents et concerts live plus ou moins officiels. Néanmoins, des milliers d’artistes poursuivent son héritage avec plus ou moins de talent, se réclamant comme ses rejetons, la passion et la technicité primant par dessus tout. Parmi les formations musicales nées clairement dans cet objectif, citons le quatuor américain de GRUESOME apparu sur la scène internationale avec des membres déjà connus et expérimentés (Matt Harvey de EXHUMED), partagés entre la Californie où son principal compositeur et parolier réside justement, et la Floride où sont basés les trois autres membres du line-up actuel (état dans lequel MANTAS naquit au début des années 1980, tiens donc). Si sur ses deux premiers opus, GRUESOME offrait des compositions death metal très (trop ?) proches de l’original à qui ils rendent un culte, sur ce troisième album, on sent une légère personnalisation de la chose, notamment lyriquement, mais pour autant, on baigne toujours dans le DEATH, période Symbolic, voire Sounds of Perserverance, c’est-à-dire avec des passages progressifs plus recherchés et subtils, mais toujours aussi bruts et sombres comme se doit d’être le death metal. Un parfait exemple serait le single « A Darkened Window » avec ses riffs complexes et ses breaks comme le regretté Sean Reinert (R.I.P.) disparu en 2020, ou plus tardivement Richard Christy, en avaient le secret. Côté production sonore, en plus, confiée à Jarrett Pritchard (1349, GOATWHORE, BRUTALITY, EXHUMED, NOCTURNUS A.D., etc.), ça claque vraiment et on se croirait revenu au début des années 1990 !

Le chant de Matt Harvey, quoique plus grave que celui de Schuldiner, évoque quand même forcément celui du chanteur de DEATH, et parfois c’est même bluffant. On peut voir le travail en studio par exemple sur le single « Condemned Identity ». Mais avec GRUESOME, c’est un tout, de la musique, la production sonore, jusqu’à l’artwork, le moindre détail n’est pas innocent, et on a vraiment l’étrange sensation d’écouter à chaque minute, à chaque note, une très bonne face B inédite de DEATH. C’est vraiment bluffant, il n’y a qu’à fermer les yeux. Tenez, au hasard, prenez les chansons « Frailty » et « Shards ». Ce diptyque aurait presque pu être pensé et fabriqué par l’orfèvre et regretté Chuck Schuldiner lui-même, mais non. Les effets de guitare, les soli majestueux, les breaks, etc. Alors on se demande même jusqu’où le mimétisme pourra allez chez GRUESOME, tant l’héritage à la fois spirituel et musical sont ici au rendez-vous sur cet album encore plus technique que les deux précédents, Savage Land (2015) et Twisted Prayers (2018). Néanmoins, Silent Echoes n’est pas exempt de jeunesse, notamment dans les intros quelque peu répétitives à force dans leur entame. Mais si vous avez soif de DEATH et êtes un brin nostalgique, ça passera, car ce nouveau GRUESOME cuvée 2025 s’avère tout bonnement indispensable. Et si vous préférez l’original à la copie, alors vous vous en lasserez très vite, sauf si peut-être un jour futur, l’élève dépasse le maître… [Seigneur Fred]

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