HESPERIA : Fra Li Monti Sibillini – Black Medieval Winter over the Sibylline Mounts

Fra Li Monti Sibillini - Black Medieval Winter over the Sibylline Mounts - HESPERIA
HESPERIA
Fra Li Monti Sibillini – Black Medieval Winter over the Sibylline Mounts
Atmospheric pagan black metal
Hammerheart Records

Nous voici au cœur de l’hiver, et quoi de mieux qu’une galette épique du one man band Hesperia à l’esprit païen et old school, façonnée avec dévotion par son chef d’orchestre Hesperus de manière artisanale (mais dans le sens noble du terme ici) quelque part dans la magnifique région des Marches, entre la mer Adriatique et les brumeux Monts Sibyllins… Contemporain à la scène black metal scandinave, la musique de cet obscur projet italien né en 1997 s’inscrit à la croisée des premiers méfaits nordiques de Satyricon (Dark Medieval Times et sa démo préliminaire The Forest Is My Throne), du premier Immortal, Diabolical Fullmoon Mysticism, pour le côté neigeux et occulte (même si Satyr et Frost posèrent jadis eux aussi dans la neige comme leurs compatriotes Demonaz et Abbath), ou des albums les plus épiques du mystérieux duo autrichien de Summoning (Minas Morgul et Dol Guldur en tête !), mais avec cependant sa propre histoire, son patrimoine, ancré dans les Monts Sybille et son folklore local. Ceci contribue à donner ce caractère si spécial à Hesperia qui pour information a déjà publié pas moins de sept opus studio (Hesperia n’a pas pour vocation à se produire live), déclinant différents faits de la civilisation romaine jusqu’à sa décadence. Et en 2025, Fra Li Monti Sibillini constitue assurément à ce jour l’album le plus professionnel et le plus abouti de son auteur Hesperus. Passionnant de bout en bout avec un grand soin apporté aux ambiances mais sans non plus trop en faire ni adoucir le propos ici, l’album se compose de quatorze plages, du prélude jusqu’à sa fin. Tel un livre de vieux contes et d’antiques légendes païennes tirées du Moyen-Âge essentiellement, tout est fait pour plonger l’auditeur dans ce folklore d’un autre temps, à l’exemple de la chanson « La Grotta De La Sibilla » qui se décline en plusieurs actes (3, si l’on exclut l’introduction), ou l’histoire captivante en fin d’album de Cecco d’Ascoli, hérétique italien condamné par l’Inquisition à la fin du Moyen-Âge, tel un nécromantien, jugé et brûlé, peu de temps après l’histoire de notre Jeanne d’Arc nationale qui finira comme sur le bûcher dans les flammes de l’Enfer…

Le folklore est omniprésent tant lyriquement que dans l’instrumentation musicale (« Notte A Vallegrascia: Echi Di Antiche Feste Piceno-celtiche »), même si la base musicale demeure un black metal mélodique et atmosphérique. On peut retrouver des riffs ici et là rappelant les vieux Satyricon donc (le riff principal de « La Grotta De La Sibilla Atto II: Il Regno De La Sibilla »), mais aussi Abigor, ou Burzum au début de son orientation ambiante, le côté froid en moins cependant même si la neige est bien présente, comme l’affiche la pochette de l’album où l’on voit Hesperus marcher dans la neige. On est en plein dans les années 90’s et le black metal scandinave avec tous les clichés du genre. Cet album possède également un côté festif, presque dansant parfois, entre deux attaques sauvages et les screams réussis de son protagoniste, comme sur l’étonnant morceau intitulé « Mons Daemoniacus – Nero Paese De La Scomunica« , pouvant le projet folk de Fenriz (Darkthrone) avec Storm, sans la mélancolie, quelques disques de Falkenbach (le côté viking en moins, bien sûr), ou les tous premiers Korpiklaani dans une moindre mesure. Si les leads sont rares, ils possèdent suffisamment d’accroche pour s’en souvenir, et contribuent au charme de cet album généreux, un peu long, certes, mais qui justement crée cet aspect épique qui fait parfois défaut aux productions actuelles de black metal atmosphérique ou post metal. Retour aux sources donc pour Hesperia sur ce huitième opus avec en prime la maturité en plus. Tel un livre que l’on dévore au coin du feu en plein hiver, Fra Li Monti Sibillini s’avère totalement un disque maîtrisé et captivant (même le son de batterie passe bien, et puis il faut dire qu’il y a eu des progrès en la matière depuis les premiers Summoning ou Limbonic Art) qui malheureusement risque peu de voir le jour sur scène, et c’est peut-être mieux ainsi, afin de préserver le mystère des Monts Sibyllins… [Seigneur Fred]


->> Retrouvez notre interview rare et exceptionnelle de Hesperus, chanteur et multi-instrumentiste de HESPERIA à l’occasion de la parution de ce nouvel album Fra Li Monti Sibillini (Hammerheart Records)

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