You are currently viewing KONVENT </br>Le crépuscule des hommes

KONVENT
Le crépuscule des hommes

Il y a tout juste deux ans, nous vous avions fait découvrir Konvent pour la sortie de leur premier opus Puritan Masochism dont la promotion live fut vite interrompue à cause de la pandémie. Mais voilà déjà que nos quatre sirènes de Copenhague récidivent avec un second méfait baptisé Call Down The Sun vraiment réussi. Leur tournée européenne en avril/mai 2022 ne passera malheureusement pas par la France, les deux dates en commun avec le groupe ukrainien 1914 ayant été tout bonnement annulées à Colmar et Paris à cause de cette nouvelle tragédie qui frappe l’Europe de l’est. Dans tous les cas, à défaut de concerts, c’est avec joie que nous avons retrouvé sa bassiste Heidi et discuté de leur actualité sur la scène Doom/Death Metal. [Entretien réalisé par Zoom le 09/03/2022 avec Heidi Withington Brink (basse) par Seigneur Fred – Photos : DR]

Comment te sens-tu à l’avant-veille de la sortie de votre nouvel et déjà second opus Call Down The Sun, deux ans tout juste après notre entretien quand vous sortiez Puritan Masochism et qu’alors tout allait s’arrêter pour les groupes et la musique live en général à cause d’une « drôle » de pandémie… ?
Bien, je me sens bien, c’est cool et plein d’espoir à présent car enfin les choses reprennent vraiment. Après ces deux dernières années où l’on s’est retrouvé bloqué comme bien d’autres, avec les confinements, on n’a pas pu faire tout ce que l’on voulait au moment de la promotion de Puritan Masochism en mars 2020, mais on a tout de même pu rencontrer un peu notre public, et donner des concerts mais pas autant que l’on aurait voulu. Alors c’est pas si mal que ça après tout, après ce que l’on a tous vécu durant ces deux dernières années. Certains ont vécu des choses difficiles dans le monde. À présent, on est ravies et impatientes de rejouer live.

Mais avez-vous donné des concerts ou participé à quelques festivals tout de même entre-temps, avec ou sans public ?
En fait, nous avons été plutôt chanceuses car nous sommes parties en tournée pour ce premier album il y a deux ans, juste après sa sortie, et la semaine après notre retour de tournée, on plongeait dans ce confinement en pleine pandémie. Donc ça va. Ce que l’on aime c’est jouer notre musique et voir du monde. On a tout de même donné entre-temps deux shows : un l’an dernier au Danemark alors que les restrictions étaient levées (pas de masque, jauge plus grande, etc.), et un autre plus tard en Allemagne où là les conditions sanitaires demeuraient strictes et là l’ambiance fut donc différente. Mais nous n’avons participé à aucun festival d’été du coup car tout était repoussé à chaque fois.

Maintenant, allez-vous donner un concert chez vous à Copenhague dans le cadre de la sortie de ce nouvel album Call Down The Sun vendredi 11 mars 2022, puis partir en tournée ?
Non, on fait simplement une release party avec du public mais sans concert ce vendredi 11 mars à Copenhague. Ensuite on commencera une grosse tournée européenne à partir d’avril si tout va bien. Mais on vient d’apprendre qu’à cause de la guerre en Ukraine, nos amis du groupe 1914 qui devaient jouer avec nous sur les deux dates françaises (à Paris et Colmar) ont annulé afin de s’occuper de leurs proches, chose que nous comprenons tout à fait. Du coup nous auront deux jours de repos forcés car nous ne jouerons pas en France, pas le choix, en a décidé notre promoteur en France… Nous n’avons encore jamais joué en France ! (snif !)

Il faut absolument arranger ça, et venir jouer par chez nous !
J’aimerai bien, si tu peux nous trouver une ou deux dates, on est preneuse, car notre tourneur français a tout annulé du coup avec 1914. Je suis déjà venu au festival Hellfest en tant qu’invitée mais en tant que spectatrice. C’est génial comme festival. Comme je te dis, on n’a jamais joué en France… (d’un air triste)

Avec ce contexte de guerre en Europe, avez-vous l’intention de faire quelque chose de spécial à votre niveau durant la tournée à venir pour soutenir les artistes ukrainiens et la population, par solidarité avec Jinjer par exemple avec lequel vous partagez le même label Napalm Records, ou bien 1914 qui ont annulé, justement afin de les aider à votre façon ?
On ne connaît pas personnellement Jinjer bien que l’on soit sur le même label. On a de la sympathie pour eux et on comprend leur situation et le fait qu’ils aient annulé leur tournée américaine. On va voir ce qu’il se passe. On mettra probablement en place une cagnotte pour l’Ukraine à nos concerts sur notre stand de merchandising invitant les gens à faire un don s’ils le souhaitent, surtout que le groupe ukrainien 1914 sera absent. Je pense que l’on fera quelque chose comme ça en faveur des victimes de l’Ukraine, mais on n’a pas encore décidé tout cela définitivement.

Avant de parler de votre nouvel album, j’aimerai revenir sur Puritan Masochism pour lequel on s’était entretenu en 2020. J’avoue ne pas avoir bien saisi vos explications au sujet du titre de cet album qui vous a fait découvrir au grand public après votre démo parue en 2017. Au départ, je pensais qu’il y avait une connotation sexiste, politique et religieuse et qu’il s’agissait là d’une attaque envers nos sociétés patriarcales où le machisme et la douleur des femmes prédominent encore mais vous m’aviez répondu que non. Alors peux-tu nous éclairer de nouveau au sujet de ce titre fort Puritan Masochism ? Quel était le concept ou le message sur ce premier album ?
Alors, en fait nos deux albums, Call Down The Sun et Puritan Masochism, traitent tous deuxde l’esprit de l’Homme et de sa capacité d’autodestruction. L’être humain essaie toujours d’avoir le contrôle sur tout, sur quelque chose, alors que sinon c’est le chaos autour de nous. On ne supporte pas le chaos. Dans nos chansons, on y aborde ce schéma d’autodestruction que les êtres humains reproduisent inlassablement dans leurs comportements quand on n’arrive pas à tout contrôler. Du coup, on a alors appelé notre premier album Puritan Masochism mais beaucoup de gens ont vu là un message à connotation sexuelle comme tu le pensais, c’est vrai. Mais le masochisme fait suite à un manque et c’est une douleur que l’on s’inflige à soi-même. Quant à « Puritan », cela va dans le sens où l’on recherche une certaine propreté, pureté, on recherche à tout contrôler et à être parfait. Donc l’association de « Puritan » et « Masochism », on associe les deux dans le sens où l’on fait des choses comme les autres, par mimétisme, au lieu de penser et de faire par soi-même. Sur cet album et le nouveau, on s’interroge donc sur la recherche des deux, chacun y réfléchit et on essaie d’amener à une certaine réflexion, à un réveil de chacun d’entre nous face au chaos. Voilà le sens. Sur la pochette de Puritan Masochism on y voit justement trois individus au bord d’une chute d’eau, la question est : suit-on son prochain pour faire comme lui sachant qu’il n’y aura pas de retour possible ?

Oui, d’ailleurs, sur le nouvel album Call Down The Sun, on retrouve toujours ces trois petits personnages minuscules mais dans un cadre différent, toujours en noir et blanc, mais dans un désert cette fois, avec un soleil noir en fond, très proche en grand, en arrière-plan, si l’on observe bien. Mais là encore on se demande où est passé le quatrième personnage si l’on assimile aux membres du groupe étant donné que vous êtes quatre au sein de Konvent ?! (rires)
Ah ah ! (rires) Bien vu, ça c’est la question ?! Que faisons-nous ? Qui sommes-nous ? Est-ce que c’est nous comme sur Puritan Masochism ? Mais si on y regarde bien : ils ou elles sont minuscules face à l’immensité du monde car nous sommes vulnérables face à la nature, face au monde. On est bien peu de choses face à cela, et c’est ça qui est important, au lieu de toujours ramener ça à soi-même, à l’égocentrisme des hommes, ne devons-nous pas respecter ce qui nous entoure dans ce monde qui change ? Les problèmes sont là, ok, mais putain, on ne peut pas être ignorant face à la réalité et l’évolution du monde, de notre planète. On est tout petit face à cela. Cessons de faire semblants, et soyons responsables car on est tous concernés de près ou de loin. Voilà à notre humble niveau et sans prétention ce que l’on essaie de dire à travers nos chansons et nos albums avec leurs artworks respectifs.

Un message écologique est donc clairement présent sur Call Down The Sun alors ?
Il y a plusieurs niveaux de lecture, plusieurs messages mais il y a de cela, oui. Il s’agit là d’un paysage immense et l’être humain est une si petite chose finalement face à cet immense désert. C’est une grande représentation de notre environnement. Que faisons-nous au lieu de penser qu’à nos propres petits intérêts ? Dans tous les cas nous ne faisons partie d’aucun mouvement et ne sommes ni un groupe religieux, ni politique…

Vous ne faites donc pas partie alors du mouvement Femen mené par l’Ukrainienne Inna Stepanivna Chevtchenko ? (sourires)
Non, je vois qui tu veux dire. Non, aucun lien. Pour autant nous sommes féministes, dans le sens où nous voulons l’égalité hommes/femmes, oui, mais aucunement la suprématie des femmes dans notre société. On ne dit pas que les femmes sont meilleures que les hommes, mais on demande juste l’égalité sur le plan social, économique, culturel, etc. Bref, nous, on aspire juste à une rélle égalité des droits entre les deux sexes. Beaucoup de gens ont une fausse idée du féminisme en fait. On ne veut aucunement à la domination des femmes.

Vous n’êtes donc pas aussi provocatrices et extrémistes en concert que les Femen alors ? (rires) Plus sérieusement, en fond de la pochette de Call Down The Sun, c’est donc le soleil que l’on voit ou la lune plutôt car c’est très sombre ?
Non ! (rires) Sinon c’est bien le soleil en fond qui est noir que l’on voit. Il représente le soleil car il s’agit d’un cadre désertique pour rappel, et d’où le titre de l’album Call Down The Sun. Mais c’est un soleil accablant, triste, en fin de vie, quand tu es fatigué en fin de journée, et celui-ci ne brille plus trop… Il va mourir, c’est comme un coucher de soleil, le crépuscule survient alors. Chacun peut l’interpréter à sa manière : la fin de la vie sur Terre, etc.

Donc les deux albums de Konvent sont étroitement liés entre eux alors ?
Oui et non. Bien sûr le style de musique reste sensiblement la même, c’est la seule véritable connexion, et en même  temps c’est la suite de Puritan Masochism, à commencer par l’artwork très proche. Disons que c’est la continuité logique mais il n’y a pas directement d’histoires ou de suite lyriques même si comme je te l’expliquais, on est dans les mêmes interrogations lyriques et thèmes. Aussi, je trouve Call Down The Sun plus heavy personnellement.

Alors justement, j’ai trouvé ce second album plus noir encore, mais aussi un peu plus diversifié, moins monolithique même si c’est votre genre musical de prédilection, le doom/death metal qui veut cela. Il y a davantage de breaks, d’ambiance, et quelques variétés vocales de la part de votre chanteuse Rikke Emilie List. J’ai même noté quelques influences black metal, que ce soit dans les ambiances ou certains de ses chants. C’était votre but ici d’explorer ces et d’apporter plus de diversité ?
Bien sûr. Tout à fait. Tu as raison. On voulait aller plus dans cette direction pour explorer cela, ce côté dark/black. On aime notamment le black metal, et on a poussé davantage ce côté-là assez naturellement. Ce sont des influences chez nous, et notamment Rikke qui a essayé de nouvelles choses dans son chant. Elle jouait déjà un peu là-dessus à la fin du précédent album Puritan Masochism, sur le morceau « Rope Pt. II ». Avec cette pandémie, en restant à la maison, elle a pu travailler ça et je trouve que ça rend bien. Nos souhaits sont devenus réalité du coup, et cela affecte donc ce nouvel album, avec ce côté noir, comme tu dis, et du coup c’est aussi encore plus heavy.

Cette pandémie fut donc un mal pour un bien en quelque sorte pour arriver à ce résultat sur Call Down The Sun ? Si les choses avaient été plus gaies et moins moroses dans l’actualité, on aurait donc pu avoir une version plus joyeuse ou folklorique de la part de Konvent ? (rires)
Non, tout de même pas ! (rires) Enfin, je ne dirai pas cela tout de même, tout le monde aurait pu s’en passer de cette pandémie… Mais cette période sombre qu’a connu le monde, et connaît encore, a certainement influencé cette tendance plus black de l’album même si l’on évolue toujours dans un death/doom metal. D’une certaine façon, cela nous a donc influencés et cela se ressent dans notre musique plus sombre encore et plus heavy donc.

Toi, tu écoutes donc pas mal de black metal ? Et aussi du sludge peut-être ? Je me souviens il y a deux ans, tu m’avais confirmé, toi et Sara Helena Nørregaard, la guitariste, être fans du groupe allemand Mantar qui vous avez d’ailleurs offert des t-shirts de leur groupe. Mantar combine justement à merveille ces deux styles, bien que vous, vous ne jouez pas vraiment de sludge ni de black proprement dit mais un doom/death metal, mais vous avez certaines influences de ces styles… (sourires)
C’est exact. Et oui, moi et notre batteuse Julie sommes assez fans de black metal et écoutons divers groupes. Des classiques et des choses plus récentes. Mais pour autant on ne peut pas dire à notre sujet que Konvent joue du black ni du sludge metal. Concernant Mantar, oui, on est en contact avec eux et leur avons déjà écrit. On aimerait partir en tournée ensemble. On va essayer de le faire, mais après c’est plus une question de planning…

Quand on écoute votre musique et les réactions des gens, Konvent pratique un death/doom metal relativement monolithique, il faut bien l’avouer et c’est caractéristique du genre, mais sur Call Down The Sun, les rythmes sont toutefois plus variés et les ambiances aussi. La preuve par exemple avec votre chanson « Pipe dreams », second single de votre nouvel album. On vous y voit jouer live ensemble, enfin sans public, simplement vous quatre. Parle-moi davantage de cette chanson, Heidi, s’il-te-plaît ?
« Pipe Dreams » est un nouveau morceau que l’on aime vraiment jouer toutes ensemble car il possède une véritable énergie jusqu’à te rendre fou en headbanguant. Cela parle comment on peut être manipulé par une institution, quelle qu’elle soit : une entreprise, ton boss, ta ou ton petite-amie, la religion, ton milieu social, etc. Tout cela peut t’amener à créer des fêlures en toi à force et transformer tes rêves en cauchemars au quotidien dans ta vie. Voilà de quoi ça parle en gros… (sourires)

Tu es la bassiste du groupe mais quelle est la tonalité utilisée en général dans votre musique à la guitare ?
On joue toujours en accordage de drop C (do) en général, moi y compris à la basse où je joue comme Sara.

Comment fonctionnez-vous toutes les deux pour composer ? Plutôt ensemble ou à distance ?
Généralement on écrit les riffs ensemble ou chacun de son côté et on compose tout cela. C’est assez démocratique depuis le départ. On travaille ça pour avoir une trame et on envoie ça à Julie et Rikke en disant ce que l’on voudrait. C’est très collaboratif. Sinon on préfère échanger par internet, donc on a une approche plus moderne car on a essayé ensemble en répétant mais on est moins efficace, on a trouvé. Attention, on adore cependant répéter ensemble dans notre local. Mais pour la composition on fonctionne plutôt en s’échangeant les idées et fichiers.

Pourrais-tu nous donner les notes du riff principal de la chanson « Pipe Dreams » justement ?
Oui ! (Elle part un instant chercher sa basse et se met à jouer en recherchant les notes). Alors ce sont des power chords en accordage de Drop C donc ça donne : power chord sur les 2ème et 3ème cordes en 5ème et 7ème cases, la grosse corde de Mi à vide, puis on répète le premier power chord, la grosse corde Mi à vide, puis power chord en 3ème case 2ème corde, suivi d’un slide, puis power chord en 6ème et 8ème cases et on revient au power chord de départ, etc. Enfin, après tu sais, je ne suis pas très douée techniquement pour t’expliquer à la guitare… (rires)

Comment va Sara d’ailleurs, votre guitariste ? Elle est enceinte, je crois ? L’épidémie de covid-19 et ses confinements ont été fertiles finalement en termes de projets tant personnels que musicaux… (sourires)
Elle va bien. Ça y est ! Elle vient d’accoucher la semaine dernière et se porte bien ainsi que le bébé. Merci.

Maintenant, sur votre premier single paru en début d’année intitulé « Grains », on y voit uniquement votre batteuse Julie, marchant dans la neige, et normalement ce n’était pas elle qui était prévue à l’écran pour ce clip vidéo. Pourquoi ? Là encore j’aimerai en savoir plus sur ce morceau. Comment a été réalisé ce magnifique clip de « Grains » ?
Merci. En effet, cette vidéo devait faire apparaître soit notre chanteuse Rikke Emilie, soit Julie Simonsen, notre batteuse. Elles ont toutes deux été filmées et au final, on a décidé de garder Julie car déjà il faisait très froid pour le tournage, et ça passait mieux tout simplement avec Julie. Ses longs cheveux bruns, noirs, ses tatouages sur ses bras, sa façon d’évoluer, nous autres on est toutes blondes, alors Julie collait tout simplement mieux à l’ambiance de la chanson. Et puis il faisait trop froid pour le refaire avec quelqu’un d’autre alors notre choix a été fait rapidement. (rires) Le clip a été réalisé aux alentours de Copenhague, au nord de l’île de Copenhague où nous vivons, en allant à Refshaleøen. Il venait de neiger, c’était joli. Julie a eu terriblement froid pendant la session de tournage par contre. Elle fut d’ailleurs malade après…

Ce n’était pas le covid-19 alors sur ce coup-là ?
Non, juste une bonne angine !

C’est intéressant car finalement, ces deux premiers singles démontrent deux facettes différentes de Konvent avec une chanson plus mélancolique, à l’atmosphère dark/black glaçante pour « Grains » ; et une autre, sludge, avec « Pipe Dreams », qui est plus chaleureuse et groovy, avec une énergie très live taillée pour la scène…
Tout à fait. Ce sont deux morceaux différents, oui. Cela représente bien du coup notre nouvel album Call Down The Sun, je pense.

Votre chanteuse Rikke Emilie List prend-elle toujours des cours et a-t’elle travaillé sa voix durant ces deux dernières années à la maison durant la pandémie ? Car je me souviens qu’elle m’avait confié avoir pris des cours de chant dans le passé avec l’américaine Melissa Cross, la coach vocale de Corey Taylor et d’autres chanteurs bien connus (Randy Blythe, Robb Flynn, de nombreux chanteurs de metal ou hardcore, etc.)  afin de développer sa voix toujours plus caverneuse… Techniquement, elle utilise son diaphragme, je crois, n’est-ce pas ?
Alors oui, enfin elle avait suivi auparavant des cours avec elle pour apprendre et maîtriser les techniques de chant extrême comme certains chanteurs. Elle a trouvé sa bonne technique. Mais depuis, elle en a pas repris spécialement durant les confinements. Elle avait travaillé son souffle, et en effet ça part du ventre. Cependant elle ne suit plus spécialement de nouveaux cours. Elle fait surtout attention à son hygiène de vie, en concert, etc. Elle a vraiment une approche très technique pour ça, et voilà pourquoi elle chante ainsi et c’est si impressionnant. Elle peut chanter si bas et si longtemps. C’est vraiment une formidable chanteuse car maintenant elle peut aussi émettre des screams comme on parlait se rapprochant du black metal, et tout ça c’est très bien pour la musique du groupe. On veut vraiment durer comme groupe, et le chant doit être important et elle a travaillé dur pour ça et arriver à cela.

Et toi, durant cette pandémie et les divers confinements, quels furent tes projets si toutefois tu en avais ? As-tu fait autre chose que de la musique et travailler sur ce nouvel album par exemple ?
Oui, j’ai passé plus de temps en famille. On n’a pas fait que penser tout le temps au groupe et à la musique. Cela nous a fait du bien aussi, c’est malheureux à dire, à cause de cette épidémie. Sinon j’ai appris à naviguer et ai passé mon permis bateau ! (sourires)

CHRONIQUE ALBUM


KONVENT

Call Down The Sun
Death/Blackened Doom Metal
Napalm Records

Si leur premier opus Puritan Masochism fut comme un pavé dans la mare death/doom metal européenne (souvent macho) en 2020, on ne se doutait pas que nos quatre sirènes de Copenhague referaient surface aussitôt. Un mal pour un bien, elles ont visiblement été très inspirées en restant à la maison à cause de cette crise sanitaire. Sur Call Down The Sun, l’ambiance se veut encore plus sombre, lourde, aux légères influences black et sludge (elles ne sont pas fan de Mantar pour rien !). Bien que ne se revendiquant point de ces deux courants musicaux, Konvent diversifie un poil son metal extrême mortifère toujours aussi monolithique et mystérieux (« Grains » et sa vidéo où figure la batteuse Julie Simonsen dans la neige). Sa chanteuse Rikke Emilie List impressionne toujours par ses growls caverneux à faire pâlir les tauliers Glen Benton ou Corpsegrinder. Mais ce sont aussi ces atmosphères intenses et plus mélodieuses (l’excellent « Fatamorgana »), développées par les riffs véritablement hypnotiques de Sara Helena Nørregaard et cette rythmique simple mais efficace signée Heidi/Julie, qui vous clouent au sol et font suffoquer. Heureusement, divers breaks permettront aux plus hermétiques de respirer pour headbanger, mais chacun d’entre nous en ressortira tel un mort vivant après ce crépuscule sonore. « La Femme est l’avenir de l’Homme » chantait Jean Ferrat. Eh bien ! En voilà la preuve avec Konvent et son blackened doom totalement oppressant. [Seigneur Fred]