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KREATOR : Hate Über Alles

KREATOR
Hate Über Alles
Thrash Metal
Nuclear Blast

Un nouvel album de Kreator constitue toujours un évènement à lui seul sur la scène métal internationale, et plus précisément thrash. C’est un rendez-vous. Il faut dire que le quatuor d’outre-Rhin multiplie les albums avec une grande productivité et une rage intacte à l’image de son leader, notre ami de longue date Mille Petrozza. Pourtant, les deux derniers opus, Phantom Antichrist et Gods of Violence, laissaient ressurgir de belles influences heavy metal plus mélodieuses mais tout à fait assumées par son guitariste/chanteur, lui qui a grandi avec celles-ci à l’aube des années 80 dans le bassin industriel de la Ruhr… Pour ce onzième enregistrement studio, nous avions entendu parler d’un éventuel retour aux expérimentations plus risquées, et enfin digérées aujourd’hui par certains fans de l’époque, de l’ère post-Renewal avec le second guitariste Tomi « Baron » Veterli, à savoir les albums Outcast et Endorama. Le single « Midnight Sun » avait pu justifier ça, avec son refrain immédiat et son approche plus mélodique grâce à l’intervention d’une amie berlinoise de Mille, Sofia Portanet, sous fond de vidéo clip à la fois beau esthétiquement et horrifique, en clin d’œil au film suédois Midsummar qui avait fait son petit effet dans les salles en 2019…

Mais très vite, les deux autres nouveaux singles très rentre-dedans, lâchés tels des missiles en début d’année (« Hate Über Alles » et « Killer of Jesus ») que l’on retrouve respectivement en seconde et troisième position dans le track-listing de l’album, frappent rès fort, avec un Ventor en grande forme derrière ses fûts. Ces deux morceaux surgissent après l’intro « Sergio Corbucci is dead » (titre ironiquement choisi par Mille Petrozza en clin d’œil au célèbre réalisateur italien décédé en 1990, rappelant au passage leurs origines latines communes) et contredisent la rumeur et fausse impression. Quelle fougue ! Ceux qui espéraient donc une prise de risque artistique et avaient apprécié la période Tommy « Baron » Vetterli (désormais producteur, mais toujours membre de Coroner et également Chamber 69 avec sa femme), ne seront toutefois pas totalement déçus ici ou là, comme sur ce « Midnight Sun » donc, mais aussi sur l’ultime et dark « Dying Planet », avec ses claviers discrets rappelant Sinsaenum. Normal, ce titre a été composé par le petit nouveau et Frenchy Frédéric Leclercq (ex-Heavenly, ex-Dragonforce, Sinsaenum, Loudblast…). Enfin, pour rappel, notre Fred national occupe tout de même le poste de bassiste live au sein du groupe teuton depuis déjà presque quatre ans ! En plus de sa performance en tant que musicien, notre ambassadeur a ainsi participé à l’élaboration ou co-écriture de ce titre avec Mille, mais a aussi interprété l’intro « Serge Corbucci is dead » évoquée précédemment, tout en apportant sa touche finalement (on ressent une certain chaleur dans le son de sa basse qui ne fait, bien sûr, comme souvent dans le thrash, suivre les lignes de guitares) mais surtout dans les arrangements des compositions en studio (une guitare par ci, des chœurs par-là). Attention, Kreator fait toujours du pur Kreator. Des morceaux bien heavy et entraînants, plus mid-tempo, comme « Strongest of the Strong » ou l’épique « Become Immortal » qui aussi font mal par où ça passe, avec leurs belles influences heavy metal, comme sur Gods of Violence. Alors si Miland (de son vrai prénom) Petrozza s’était laissé conquérir autrefois par les sirènes du gothic metal et n’avait pas hésité à continuer à innover à la fin des années 90, entrecoupé par un Cause for Conflict rugueux et puissant produit par Colin Richardson et bénéficiant d’une production sonore tout à fait contemporaine à l’époque des Fear Factory et Machine Head, aujourd’hui, plus vraiment d’innovation majeure ici finalement sur Hate Über Alles produit par le groupe et l’Américain Arthur Rizk (Power trip, Cavalera Conspiracy…).Mais bon sang, que ça fait du bien d’entendre Kreator s’exprimer en ces temps troubles, et défendre toujours avec verve son thrash teuton (même si en interview, on sent que Mille Petrozza a mûri ces dernières années et prend moins ouvertement position politiquement sur des sujets sensibles, contrairement à l’époque précédent la chute du mur de Berlin en 1990). Qu’importe, à présent, on a surtout hâte d’écouter live ces nouveaux brûlots et reprendre tous en cœur  le refrain du nouvel hymne « Hate Über Alles » en festival cet été ! [Seigneur Fred]

=> Retrouvez très bientôt notre interview de KREATOR ici !!