Embarquement immédiat pour la Suède avec Majestica et son troisième opus intitulé Power Train, cinq ans après le correct mais dispensable A Christmas Carol qui était en quelque sorte une sorte de bande originale version power metal du Drôle de Noël de Scrooge (personnage Disney qui inspira Picsou). Il fallait bien en 2020 sortir rapidement un disque en pleine pandémie… D’entrée, après un bruit de locomotive qui démarre en introduction, c’est parti pour un voyage mélodique et généreux de quarante-sept minutes. Pour rappel, le train est un moyen de transport très important et vital pour les zones éloignées du nord de la Suède, comme la ville de Boden dont les membres sont originaires mais ont rejoints le sud pour percer et s’établir entre Stockholm et Göteborg pour le cas de son bassiste/chanteur Christopher Davidsson que nous avons interviewé (voir en bas de cette page). Si le vidéo clip de la chanson-titre « Power Train » est plutôt sympathique, avec tout un tas de figurants et clins d’œil, techniquement c’est irréprochable et excellement produit par Christopher Davidsson, également second chanteur ici et qui occupe le poste de manager du groupe. On a déjà pu l’entendre et le croiser en live au sein de Therion depuis 2021. Il figurait comme invité sur Leviathan II de la bande à Cristopher Johnsson. Mais ne changeons pas de quai ni de voie, et restons focus sur Power Train au rythme entraînant et aux mélodies entêtantes, certes déjà entendues maintes et maintes fois depuis les années 80 (comment ne pas penser à Helloween, Gamma Ray ou dans les années 90/2000 avec Freedom Call).
La particularité est cette touche symphonique omniprésente, un peu à la Rhapsody Ov Fire, et encore une fois une volonté de bien faire avec la recherche de mélodies et de riffs heavy et accrocheurs. Il y a une belle énergie ici. L’autre atout de Majestica pour séduire un large public et faire mouche à tous les coups réside bien évidemment dans la voix du chanteur Tommy « ReinXeed » Johansson dont le timbre rappelle fortement celui de Joey Tempest des légendaires hard rockeurs suédois d’Europe, d’ailleurs récemment entendu en tant qu’invité sur le dernier Opeth. Côté lyrique, tous les clichés du genre sont utilisés : heroic fantasy, batailles épiques, et donc pas uniquement le thème ferroviaire qui aurait pu limiter le propos ici. Nous avons donc droit au up tempo de « Battle Cry », du très heavy (metal) avec une basse bien présente dans le mixage sur « Mega True », et autres duels fantastiques comme « My Epic Dragon » ou « Victorious » aux claviers très années 80/90 proches là aussi des classiques de leurs aînés d’Europe avec lesquels notre quatre musiciens ont forcément grandi étant plus jeune du côté de Boden, au nord de la Suède. Une galette qui ne réinvente pas la machine à vapeur ni le heavy/speed metal mélodique de Papa, mais qui fait son petit effet pour se bouger gentiment au sortir de l’hiver scandinave. [Seigneur Fred]
->> Retrouvez notre interview de MAJESTICA ci-dessous en vidéo :
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