MY DILIGENCE : The Three Horsemen

La Belgique regorge d’un patrimoine culturel bouillonnant et de talents comme My Diligence. Après un passage remarqué en 2023 au Festival Hellfest où les Four Horsemen de Metallica remettent d’ailleurs le couvert cet été, nos trois cavaliers, wallons ceux-ci, arrivent au galop, sans crier gare, avec Death.Horses.Black., et très honnêtement, leur quatrième et fantastique bombe de stoner progressif/post sludge nous a totalement soufflés. Certains la trouveront trop propre pour du sludge metal, d’autres y verront des influences de leurs confrères de Brutus, dans tous les cas, vous ne pouvez passer à côté du phénomène My Diligence en 2024. [Entretien avec Gabriel Marlier (batteur/chœurs) par Seigneur Fred – Photos : DR]

My Diligence existe depuis neuf ans à Bruxelles et on ne vous connaissait encore pas trop à vrai dire… Les choses pourraient fortement changer avec votre quatrième album. Pourriez-vous résumer My Diligence avec vos propres mots, même si bien sûr rien ne remplace la musique ?
My Diligence a évolué son style, passant du stoner au post-hardcore, créant une identité sonore distinctive qui attire l’attention tout en conservant une accroche particulière. C’est une exploration sonore où le rock rencontre la profondeur émotionnelle, capturant des moments de vérité à travers des sons bruts et des mélodies enveloppantes.

Mais que se passe-t-il donc en Belgique actuellement car depuis quelques années, d’excellentes formations de rock stoner, post-rock, post-metal ou hardcore émergent régulièrement ? Je pense notamment bien sûr à cet incroyable trio Brutus et sa non moins incroyable batteuse/chanteuse Stefanie Mannaerts, mais aussi Amenra, et votre trio (quatuor à l’origine) à présent…
La Belgique vibre de diversité musicale, c’est clair, avec des groupes comme Brutus, Psychonaut, Amenra, Thot, Pvrs et j’en passe…, ajoutant de la richesse à la scène avec leurs styles uniques et leur créativité. On a beaucoup de chance de vivre cette époque si faste pour la musique dite « forte » alternative belge.

La Belgique étant une petite nation, existe-t’il des connexions et une certaine solidarité entre les groupes post-rock sur la scène belge actuelle, y compris entre groupes wallons (francophones) et flamands (néerlandophones) ou bien c’est chacun pour soi (réseautage, plans concerts, etc.) ?
Entre solidarité et compétition saine, on voit une communauté musicale se former, c’est indéniable, où chacun s’inspire et se soutient mutuellement, surmontant les barrières linguistiques pour collaborer et créer ensemble.

En tant que musiciens belges, avez-vous grandi avec les excellents dEUS dans vos walkmans dans les années 90, groupe rock culte flamand qui d’ailleurs, a publié un nouvel album studio l’an passé ? Ou bien vous étiez plutôt branchés Kyuss, puis Queens Of The Stone Age (QOTSA pour les intimes) ? Quelles sont les influences au sein du trio que vous êtes ?
dEUS est un groupe légendaire en Belgique, bien qu’on ait pas eu trop le choix car ça passait en boucle sur les ondes. (sourires) En ce qui me concerne The Ideal Crash et Pocket Revolution sont des albums cultes. Il est évident qu’on est passé aussi par Kyuss et QOTSA qui ont apporté un peu de sang neuf au genre rock alternatif des 90’s, d’ailleurs ils ont même inventé un style propre à eux au final. Nos influences sont très larges, ça serait indécent de toutes les énumérer ici, mais je dirais qu’on se situe dans un large spectre allant de la bossa nova au doom, en passant par le blackened avant-jazz.

Death.Horses.Black. est donc votre quatrième effort studio. Vous avez parcouru du chemin depuis votre premier LP éponyme autoproduit en 2015. Comment pourriez-vous qualifier ce nouvel enregistrement et les évolutions ? C’est à la fois très brut par moment, et très atmosphérique, presque psychédélique, mais toujours mélodieux. On ressent une grande sensibilité mais aussi finalement une certaine chaleur, propre au stoner… L’avez-vous enregistré dans le désert ? (rires)
Death.Horses.Black. marque une progression significative et naturelle pour My Diligence, fusionnant les aspects à la fois bruts, atmosphériques et mélodiques pour créer une expérience immersive soutenue par des paroles sombres et réfléchies. Enregistré dans le désert ?! (rires) Ce serait sympa, mais non, Paris a été notre lieu de création cette fois-ci.

A-t’il été produit par Francis Caste à Paris comme le précédent The Matter, Form And Power ? Le son est à la fois organique et propre…
Oui, travailler avec Francis Caste est toujours une expérience enrichissante. Son approche permet de conserver l’essence même du groupe tout en polissant notre son, créant un équilibre parfait entre brut et raffiné, comme tu dis.

Le titre de votre album Death.Horses.Black. m’a fait penser à Revenge, groupe de black metal brutal canadien qui intitule toujours ses titres d’albums avec trois mots séparés de points. Est-ce un clin d’œil à Revenge ou bien un futur gimmick que vous avez copié là et que vous renouvellerez pour vos prochains titres ? Et quelle est la signification ici ? S’agit-il d’un concept lyrique avec ces huit chansons (dont un bonus track) ?
Le titre de l’album est une exploration de l’obscurité et de la puissance, mais chacun peut y trouver sa propre interprétation. Il n’y a pas de gimmick à proprement parler. Cependant, le titre de l’album, inspiré par les chevaux gelés du lac Ladoga (Ndlr : lac russe, le plus étendu d’Europe) qui plonge dans des thèmes darks et macabres à travers neuf titres, offrant une expérience lyrique profonde et captivante.

Quelles chansons allez-vous interpréter lors de vos prochains concerts car elles sont relativement longues ? Et l’interlude « The Bridle And The Bit » sera-t-il joué aussi ? Enfin, avez-vous pour projet de jouer intégralement le nouvel album d’une traite comme certains groupes le font dans divers genres musicaux du rock ou metal ? Ce serait une expérience formidable et immersive mais qui, je présume, requiert beaucoup de travail en amont…
Pour nos prochains concerts, on prévoit de jouer une sélection de titres de nos deux derniers albums et du nouveau. On aura l’occasion de jongler avec notre setlist, vu qu’elle s’est étoffée au fil des années. Jouer l’album intégralement serait une expérience intéressante à explorer, effectivement, mais cela demande effectivement beaucoup de préparation.

Dans le futur, une tournée avec nos amis français de Mars Red Sky ou vos compatriotes de Brutus serait-elle envisageable ? Ou peut-être préférez-vous partir en tournée avec des formations appartenant à d’autres horizons afin d’élargir votre public à ce stade de votre carrière ?
Nous travaillons avec The Link Productions, qui a le talent d’élaborer les meilleures tournées possibles pour My Diligence. Nous leur faisons entièrement confiance. Et si c’est le souhait de nos agents est de partir avec ces formations, nous le ferons avec un immense plaisir, évidemment.

En 2023, vous vous êtes produits au Hellfest Festival en France. Quel(s) souvenir(s) en gardez-vous ? Était-ce une étape à la fois marquante et incontournable pour vous mais aussi indispensable dans la carrière du groupe ?
Le Hellfest Festival 2023 a été une étape majeure pour nous, nous permettant de toucher un public international et de partager notre musique à une plus grande audience. Ça a été une expérience incroyable ! Et surtout, c’était un honneur de partager notre musique avec un public aussi passionné.

Pour conclure, quels sont les projets de My Diligence ? Peut-on espérer vous croiser lors des festivals d’été par exemple en France et en Europe ? Avez-vous des projets de participation au festival Desert Fest à Londres (UK), et des projets de tournée en Amérique ou en Asie peut-être dans des lieux originaux et improbables, comme au Red Rocks Amphitheatre (Colorado/USA) ou en France, au pied d’un volcan éteint en Auvergne aux Volcano Sessions, comme Messa nous l’a raconté en interview l’an dernier ?
Pour l’avenir, on espère continuer à explorer de nouveaux horizons musicaux, à partager notre musique lors de festivals en France, en Europe et peut-être même au-delà. On vient d’ailleurs au prochain Motocultor cet été. Participer à des événements uniques et originaux, comme les Volcano Sessions, serait une aventure excitante à envisager.

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