PRIDIAN : Cybergnosis

Cybergnosis - PRIDIAN
PRIDIAN
Cybergnosis
Cyber metalcore
Autoproduction

Après des débuts sous le patronyme d’ÆØNS pour son guitariste/producteur Jörg-Erik Hanikat et son batteur Robert Leht, ce jeune groupe estonien de cyber metal a fait peau neuve pour devenir cette nouvelle machine déjà très prometteuse qu’est Pridian aujourd’hui. Testant en quelque sorte le marché avec cet EP autoproduit avant un futur LP en cours d’élaboration, le quatuor originaire de Tartu (au sud-est de l’Estonie) se lance ainsi à la (re)conquête de la scène cyber metal européenne laissée orpheline depuis le split des p’tits Suisses de Sybreed en 2013. Fort de leur expérience scénique acquise dans leur pays à travers divers festivals et des premières parties assurées pour Humanity’s Last Breath et Atlas, nos quatre musiciens ont décidé de recentrer leur énergie sur ces cinq nouvelles compositions volontairement catchy et rentre-dedans pour un meilleur rendu live auquel ils pensent déjà (lire notre interview). « Soft Gold » n’a rien de soft justement et voit son nouveau chanteur Laur Lindmäe hurler comme un diable, quelque part entre Jonny Santos Spineshank et les formations metalcore à la mode coachées par Melissa Cross. Les passages au chant clair sur le refrain et quelques couplets passent finalement bien l’épreuve du feu, comme une lettre à La Poste (hors période de grève), et ne sont pas trop léchés, le côté agressif prédominant tout de même. Le second titre, « Disgust » n’a rien de dégoûtant, bien au contraire, avec même un côté « reviens-y », entre son riff bien groovy entêtant et encore une fois un chant versatile, entre growls bien vener et  son refrain à la voix clair très réussi. Si la batterie sonne assez synthétique, elle colle partaitement à l’atmosphère musicale electro/indus de Pridian. Celle-ci est assurée non pas par un robot, comme chez nos Frenchies des Projets d’Athena, mais bel et bien par un humain, en l’occurrence ici Robert Leht. « Deadfall » rentre plus dans les clichés du genre synth metal, mais demeure tout à fait brutal, et ça le fait ! Plus formaté, « Hive Mind » est parfaitement calibré pour les concerts lui aussi, et ses synthétiseurs finement arrangés n’envahissent pas le mix ce qui pouvait parfois être le cas sur God Is an Automaton, le dernier album de Sybreed, faisant perdre un peu de mordant et de spontanéité. Enfin, le single « Tetsuo » dont le titre emprunte à la SF horrifique japonaise, confirme tout le potentiel entrevu sur ce presque trop court mais très efficace court-métrage sonore.

Clairement, son guitariste Jörg-Erik Hanikat et son chanteur nous l’ont confié en entretien, ils veulent rentrer directement dans le tas et être capables de pouvoir reproduire sans problème ces chansons taillées pour la scène, même sans bassiste ! Ici, les claviers et les deux guitares se suffisent largement dans cette puissance sonore que dégage cet EP Cybergnosis admirablement produit en studio par Monsieur Hanikat, qui refuse pour autant de céder aux sirènes de l’Eurovision si un jour prochain l’Estonie faisait appel à une formation metalcore moderne musclée pour représenter son pays. Pour autant, alors qu’ils évoluaient encore sous le nom d’ÆØNS, leur premier LP The Rotten Unknown s’est déjà vu être nominé parmi les meilleurs albums de metal en Estonie en 2021. Alors si c’est le futur qui inspire Pridian ici dans son concept lyrique, gageons qu’il lui apporte succès et postérité car nos quatre artistes estoniens ont mis ici les petits plats dans les grands pour embrasser pleinement leur nouvelle carrière. [Seigneur Fred]

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