RIIP FEST #9 : Live report @L’Oésia – Notre-Dame-d’Oé/Tours (FR) les 04-05/07/2025

Après notre interview il y a quelques mois avec le boss Emile du festival RIIP FEST en Indre-et-Loire, place à la musique et à l’action avec notre live report complet de la 9ème édition qui a eu lieu une nouvelle fois dans la magnifique salle tout confort de l’Oésia à Notre-Dame d’Oé, au nord de Tours, une semaine après le Super Bowl of Hardcore de Rennes. Malgré la concurrence, on savait qu’il y allait avoir du sport dans le pit. Et le public régional et national a largement répondu présent puisque dès le premier jour, la billetterie affichait quasi complet et avait doublé ses ventes par rapport à l’an passé. Les planètes étaient donc alignées pour cette année 2025 qui a fait le plein, avec une orga aux petits oignons et un bon esprit, et une affiche monstrueuse dans tous les sens du terme, avec des monstres sacrés mais aussi de belles découvertes plus underground : NAPALM DEATH, BRAT, STICK TO YOUR GUNS, ALL OUT WAR, XIBALBA, etc. [Live report : texte, photos et vidéos par Seigneur Fred – Photos : DR]



VENDREDI 04/07/2025

Pour débuter les hostilités, du bon punk/hxc qui envoie avec BLACK MANTRA. Ces derniers adressèrent au passage une spéciale dédicace à Pierre Palmade. Puis nous aurons droit à un petit interlude reggae histoire de détendre l’atmosphère dans une salle de l’Oésia déjà bien fournie à cette heure (18h30-19h00), avec environ 500 personnes (soit le double de l’an dernier à cette même heure !), suivi d’une rapide reprise de THE OFFSPRING. Sympa ! Une bonne mise en jambe donc.

BLACK MANTRA

Seconde petite claque de la journée avec les locaux d’ALMA dont on retrouve ici au micro l’ex-guitariste Giny de SISTERHOOD ISSUE (mais toujours membre de LØVVE et SUEURS FROIDES). Cette dernière a la rage et est en pleine forme, toute excitée de participer, elle et ses compagnons, au Riip Fest avec son combo de punk/hardcore/metal aux influences WALLS OF JERICHO, en moins thrash metal cependant. Elle nous confiera après le concert préparer un nouvel EP avec ALMA qui s’annonce mortel d’ici l’an prochain et succédera à Time’s Running Out paru en 2021… Affaire à suivre de près donc, car on a trouvé ce set presque trop court, mais c’est ce qui convient tout à fait d’un autre côté pour ce genre musical et de festival.

ALMA

Et nous n’en sommes qu’au début des hostilités dans cette balle salle climatisée de l’Oésia où la chaleur commence à monter du fait de la déjà grande affluence à l’heure du dîner…

ALMA

Place à WORST DOUBT et son hardcore/metal façon powerviolence comme c’est la grande tendance ! Mais la petite claque infligée précédemment par ALMA, là, c’est première grosse claque. WORST DOUBT (qu’il nous semble avoir déjà croisés au RIIP FEST lors d’une précédente édition) va alors mettre le feu au pit tourangeau plein comme un œuf à 20h30. Circle pits, violent dancing, stage diving, tout y passe ! Le son, assuré par l’un des régisseurs des festivals Motocultor, Hellfest est énorme, les lights correctes, et l’ambiance monte nettement d’un cran car le quintette français n’est pas là pour faire semblant mais bel et bien pour pour en découdre. Son chanteur arpente de long en large la scène et montre qui est le patron !

WORST DOUBT

Nous attendions beaucoup de la nouvelle sensation américaine BRAT avec son zumba/grindcore mais fûmes quelque peu déçu. Après les avoir interviewés quelques heures à peine avant leur passage sur scène à l’occasion de leur déjà seconde tournée européenne, le quatuor de La Nouvelle-Orléans est venu au RIIP FEST sans rien changer de sa formule, ni grande communication avec le public, alors qu’on aurait bien aimé, nous, un petit cours de zumba au milieu d’un circle pit, histoire de rigoler tous ensemble, et de faire un peu d’activité sportive dans cette grande salle de l’Oésia qui s’endort un peu.

BRAT

Quel dommage ! Surtout que la chanteuse Liz Selfish est, en plus, équipée d’un micro sans fil portatif, mais non. Elle resta campée derrière la double rangée de baffes de retour devant la scène, et on ne comprenait pas tout ce qu’elle disait. Si elle fit une brève allusion en ce jour de fête nationale américaine en disant qu’ils s’en fichent et préfèrent profiter de l’instant présent en France (et qu’ils sont plutôt anti-Trump et pas du tout patriotiques, comme ils l’ont évoqué timidement lors de notre entretien vidéo sur METAL OBS TV), qu’importe, leur set d’une demi-heure devint quelque peu redondant. Fort heureusement, musicalement, ça envoie du lourd, à commencer par l’impressionnant et très sympathique batteur Dustin Eagan (que nous croisâmes en coulisses lors de notre interview avec la chanteuse et Brenner Moate, le guitariste/principal compositeur) qui frappe comme une brute sur ses fûts et rides. A la guitare et à la basse, les deux chevelus moustachus, Brenner situé à droite de la scène, et Ian Hennessy à l’opposé, envoient du steak aussi dans un genre death/grind bien gras, façon power violence, un peu à la KARRAS, mais sans les influences crust et death’n roll à la ENTOMBED. Petite déception donc, car nous attendions beaucoup plus, notamment plus de fun, dans ce décalage de zumba avec quelques pas de danse sans charme face à ce mur de décibels. Les Américains nous confiront en interview déjà préparer des prochaines compos pour un second album qui s’orienterait de plus en plus vers un death metal bien gras, aux accents grindcore. On espère les revoir dans des conditions plus intimes, peut-être que la scène de l’Oésia était finalement trop grande pour eux…

->> Interview BRAT réalisée backstage, juste avant leur concert au festival RIIP FEST 2025 :

Puis c’est la guerre dans le pit, avec les rois du hardcore/metal d’ALL OUT WAR . Ces autre Américains s’imposent sans mal avec des titres fédérateurs et savamment construits, avec un Mike Score parfaitement en place à son poste. On sent l’expérience du combo de New-York. Enorme et total respect ! Cela nous rappelle la venue des CRO-MAGS dans un genre plus heavy et metal, cependant. Rien à redire, même si le show demeure classique. Et c’est la guerre dans le pit tourangeau, chaud comme la braise…

ALL OUT WAR
Mark « Barney » Greenway (NAPALM DEATH)

Enfin, place aux autres tôliers, ou plutôt les vétérans de la soirée, très attendus en ce premier soir de festivités : NAPALM DEATH. A notre arrivée en coulisses vers 18h00, nous croisâmes les Anglais qui arrivaient tout juste avec leurs bagages, exactement comme au festival MOTOCULTOR en 2023, tombant alors nez-à-nez sur la porte d’entrée avec notre vieil ami Barney… (lire notre dernier entretien en 2020 ici). Ce dernier a l’air plutôt fatigué à cause de la récente canicule de ces derniers jours en France et leur intense tournée européenne. Par conséquent, nous ne le dérangerons pas pour une interview, ni ses camarades, afin de respecter le célèbre groupe de Birmingham qui a décider de se reposer avant leur concert de ce soir, bien que certains membre de BRAT leur rendent déjà visite à leur loge car ils se connaissent. Et comme ça son accoutumée, nos amis rosbifs délivrent un show hypra classique : brutal et sans concession, très old school (normal), avec des missiles death/grind dont ils furent les pionniers au début à la fin des années 1980. Pour la plupart des jeunes spectateurs, c’est une première, et quelle première ! Une véritable leçon de grindcore à l’ancienne, qui certes, peut sembler un peu désuète avec la violence des combos de nos jours, mais n’oublions pas ces vétérans du grind qui ont tout inventé (au côté des CARCASS, BRUTAL TRUTH, et bien d’autres !). Si la set list est sans risque, avec un ou deux titres extraits de leur dernier album plus expérimental, Throes of Joy in the Jaws of Defeatism (avec quelques sonorités indus et chants clairs), le reste est finalement très banal quand on est coutumier des Anglais (l’habituel « You Suffer » d’une seconde, et le violent « Suffer The Children » toujours d’actualité).

John « Cheese » Cook (NAPALM DEATH)

Danny Herrera fait le boulot et malgré les années, impressionne toujours. Mention bien à la guitare pour John « cheese » Cooke, toujours pas déclaré membre officiel du groupe (Mitch Harris étant encore considéré comme membre du groupe suite à son départ « provisoire » prolongé depuis 2014). Celui-ci assure comme un chef depuis un bail, connaissant parfaitement ce style avec son autre combo Venomous Concept, et dégaine des riffs avec un savoir-faire implacable, se coinçant même parfois ses dreadlocks dans ses cordes de manche de gratte. Un bon show de NAPALM DEATH, mais Barney apparaît fatigué. Normal, les années passent aussi pour tout le monde et on sait qu’il prend davantage soin de lui dans son hygiène de vie, et faisant notamment beaucoup de vélo par chez lui quand il est dans le sud, plus fortuné, de l’Angleterre. Néanmoins, la bande à Barney remplit haut la main son contrat ce soir et ne déçoit jamais, sans Shane Embury (basse), toujours aux abonnés absents. En effet, celui-ci n’assure plus les tournées (pour des raisons professionnelles et/ou de santé). A noter qu’un nouvel album est en cours de préparation chez nos amis rosbifs, et là, on espère bien s’entretenir avec Mark « Barney » Greenway…

NAPALM DEATH

SAMEDI 05/07/2025

Work in progress…

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