SKELETHAL : With Corrosive Continuums

With Corrosive Continuums - SKELETHAL
SKELETHAL
With Corrosive Continuums
Death metal
Hells Headbangers Records

Si le trio ch’ti Skelethal n’a pas pour prétention de réinventer la roue du death metal old school, genre qui, comme son nom l’indique, s’inspire des vieux groupes du genre popularisés dans les années 90 en Scandinavie et outre-Atlantique, c’est justement là que réside l’ADN de nos Français et tout l’intérêt de leur troisième méfait. S’ouvrant tout en progression sur « Creation », une sombre plage instrumentale bien heavy et non dénuée de mélodie, With Corrosive Continuums dévoile très vite les intentions non dissimulées du groupe : rendre hommage à leurs pairs tout en se faisant plaisir, s’inspirant des vieux Death, Morbid Angel, Asphyx, Mercyless, Nihilist (pré-Entombed et Unleashed), et autre Grave. Déboule alors sur les chapeaux de roue « Spectrum of Morbidity » où la batterie du musicien de session Marti Ilmar Uibo (Bloody Sign, Necrowretch) n’est pas sans rappeler celui du Pete Sandoval. Et sans chichi. Vers la moitié de ce second titre, le break est simplement monstrueux et d’une lourdeur à toute épreuve, vous plongeant dans les enfers magnifiquement dépeintes sur l’artwork signé du Danois Gjerdevik Skjøtt. Un solo tout en shredding de Lucas vient alors vous cisailler les esgourdes, alors que les growls de Guillaume « Haunting » n’ont rien à envier à ceux d’un Steve Tucker. On reste dans l’atmosphère lourde et poisseuse des albums comme Formulas Fatal To The Flesh et Gateways To Annihilation des Américains de Morbid Angel sur la chanson suivante, « Mesmerizing Flies at the Doors of Death », avec cette batterie qui fait mal pas où ça passe, sans trigger (ou léger), la production sonore (signée Raph Henry) restant organique et live, comme ils aiment à le reproduire sur scène, à l’ancienne, sans tout un tas d’effets numériques à la mode.

Outre ces stigmates agréables mais parfois un peu trop facilement présents, Skelethal n’hésite pas à amener sa petite graine, ou plutôt sa pierre à l’édifice death metal actuel. C’est ainsi que nos Français nous surprennent par un break (« Spectrum of Morbidity ») ou un riff inattendu (l’intro de « Eyes Sewn Mouth Full »), un excellent pont ou une relance avec des influences punk/thrash encore sur «Eyes Sewn Mouth Full »). De plus, nos death metalleux nordistes osent développer des ambiances vraiment intéressantes et captivantes (« Upon the Immemorial Ziggurat », « Spectrum of Morbidity »), empreintes à la fois de brutalité et de mélodie dont le summum arrive sur l’ultime chanson-titre avec ses douze minutes et cinquante-deux secondes de descente infernale dans les abysses de l’enfer représentés sur la pochette. Splendide, putride, et épique ! Finalement, ces sept morceaux s’avèrent presque trop courts, et tels des péchés capitaux, on en redemanderait volontiers pour aller tout droit en enfer sans dernier jugement. À l’heure où Morbid Angel est en panne, on espère voir vite Skelethal jouer live près de chez nous car après tout, c’est ça aussi consommer local en circuit court ! [Seigneur Fred]

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