SOULFLY : Chama

Chama - SOULFLY
SOULFLY
Chama
Thrash/groove metal tribal
Nuclear Blast

Dans la famille Cavalera, je voudrais le chef de clan Max « Possessed » Cavalera. Ensuite, parmi ses nombreux groupes et moult projets artistiques, voici celui que l’on pourrait qualifier de principal ici, enfin on ne sait plus trop à force, mais disons, SOULFLY, vous l’aurez peut-être deviné. Mais alors que le père Maxou a réenregistré et ressorti à sa sauce une relecture des classiques de feu SEPULTURA sous le nom de CAVALERA CONSPIRACY (ex-INFLIKTED) avec son frérot de batteur Igor Cavalera, dont le cultissime Schizophrenia (Nuclear Blast) l’an dernier (2024), puis resuscité l’énorme projet thrashcore/indus NAILBOMB à travers une vaste tournée estivale en 2025, il est venu le temps et le tour dans son planning bien chargé de publier le treizième opus de Soulfly baptisé Chama, signifiant la « flamme » en portugais…

Trois ans après le plutôt moyen Totem en 2023 et ces présentations de rigueur, penchons-nous sur le vif du sujet ! Alors ce nouveau disque porte-t’il bien son nom et va-t’il vous réchauffer cet automne dans vos chaumières et mettre le feu dans les pits durant les prochains concerts de Soulfly ? Une fois encore, ce nouvel enregistrement studio composé de 10 morceaux a été fait maison, en famille, ou presque, au sein de la tribu Cavalera, accompagné du producteur mais aussi guitariste Arthur Rizk !! Avec Zyon à la batterie, reconnaissable à cette frappe sèche et dynamique, et ce groove, oui oui, mais aussi son frère cadet Igor Amadeus Cavalera Junior à la basse et guitare, quand ce n’est pas l’excellent et difficile successeur à Marc Rizzo (snif), le guitariste Mike DeLeon (Philip H. Anselmo & the Illegals, Disfigured, Flesh Hoarder) en titulaire du poste.

Passé l’intro instrumentale presque indispensable d' »Indigenous Inquisition », déboule l’un des premiers singles, « Storm The Gates » avec son groove metal tribal nous renvoyant directement à un album comme Primitive (2000). Si le ton est belliqueux et la production honnête, relativement crue, ça défouraille tout de même ! Un morceau ensuite comme « Nihilist » (featuring Todd Jones) fait le boulot, avec en prime l’invité Todd Jones (chanteur des terribles américains de Nails signés sur le même label) au micro, même si ça manque cruellement d’originalité pour le reste. Le nouveau single « No Pain = No Power » mélange agréablement chœurs en chant clair à la Burton C. Bell (ex-Fear Factory, Ascension Of The Watchers), avec un sens du riff inimitable épaulé par Dino Cazares (Fear Factory), et des soli tout bonnement fantastiques aux petits oignons (signés Arthur Rizk !) qui fond du bien dans cette marée de riffs plutôt redondants à la longue.

Si la majorité des morceaux possèdent un rythme mid-tempo (l’exemple de la chanson-titre), et que ça bastonne quand même tout du long comme sur le missile « Favela/Dystopia » ou l’excellent « Ghenna » (featuring Michael Amott à la guitare pour un superbe solo éclair), ça ne suffit pas, ou plus aujourd’hui. Bon, OK, certaines sonorités post/indus intéressantes nous renvoient carrément à la parenthèse Nailbomb réouverte récemment. En outre, on apprécie les quelques surprises comme les featurings cités précédemment, ou la suite habituelle du fil rouge de Soulfly sur chacun de ses albums, avec une nouvelle plage atmosphérique instrumentale au titre très recherché (« Soulfly XIII ») étant donné qu’il s’agit ici du treizième album studio, donc, de Soulfly. Voilà pour le petit gimmick. Après cela, au final, on se dit que l’on a connu mieux chez Soulfly, surtout à ses débuts (son premier album éponyme sorti en 1998, et le second, Primitive), et c’était justement le but et l’énergie des premières années de Soulfly qu’a voulu insuffler et retrouver à travers Chama qui n’est ni pétard mouillé, ni un beau feu d’artifices, mais un brûlot groove/thrash metal qui enflammera les cœurs et les âmes des fans les plus fidèles de l’ex-membre de Sepultura dont le projet de reformation avec le nom originel de son groupe perdure comme rumeur, alors que l’autre bande, celle d’Andreas Kisser, Derrick Green et Paulo Junior, vient de raccrocher officiellement.

En terrain conquis et plus que balisé, on n’est ni heureux ni vraiment déçu à l’écoute de Chama. On s’interroge simplement si ce chiffre 13, correspondant au compteur du nombre d’albums de Soulfly, portera bonheur ou malheur à l’artiste américano-brésilien, lui qui est parfois superstitieux avec tous ses grigris et références tantôt bibliques, tantôt rastafaray, mais depuis longtemps éloignée des débuts evil de l’artiste ? Seul l’avenir le dira, mais gare à ne pas s’user artistiquement parlant, à force d’user des mêmes genres de riffs et avoir recours aux membres de sa famille pour chacun des projets de Max Cavalera car ça commence à tourner quelque peu en rond. Heureusement sur scène, Max Cavalera en a encore sous la pédale (de distorsion) et affichait une belle forme olympique cette année, que ce soit avec Cavalera Conspiracy, ou dernièrement Nailbomb dont on attend maintenant un hypothétique nouvel album studio qui serait, honnêtement, bien plus excitant d’un point de vue innovation artistique. [Seigneur Fred]

SOULFLY (live @Motocultor Festival 2024 par Morbidou)

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