Fondé à Bilstein/Hagen en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en 1999, STILLBIRTH fait presque office de vétéran sur la scène death metal teutonne. Lancé par son ancien guitariste, compositeur principal et chanteur à la terrible voix grave, Lukas Swiaczny, il reste très actif et a vite imposé un style unique, inspiré par le surf, le brutal death metal, une touche de grindcore, la science-fiction, les zombies et autres curiosités, le tout avec une bonne dose de fun ! Comme nous l’a expliqué son leader en repos entre deux dates sur leur tournée européenne cet automne, STILLBIRTH enchaîne les albums et les concerts à travers le monde présentant son neuvième album intitulé Survival Protocol. Le quintet allemand de brutal-surf-death-party metal nous livre un récit de férocité et de désespoir avec, par exemple, son dernier single, « Trapped In Darkness », extrait de ce nouvel album conceptuel. Survival Protocol est disponible dès maintenant via Reigning Phoenix Music (probablement la sortie la plus extrême à ce jour sur le label) et succède avec brio à Home Deus, acclamé par la critique en 2023… [Entretien réalisé par Zoom avec Lukas Swiaczny (chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]
->> Single « Throne Of Bones » par STILLBIRTH, extrait de l’album Survival Protocol (Reigning Phoenix Music)
« Death, beer and surf… » Voilà ce que pourrait être le leitmotiv de, non pas TANKARD, mais de nos autres sympathiques voisins d’outre-Rhin STILLBIRTH, déjà croisés en live en France, notamment au Festival Riipfest en 2022. Existant tout de même depuis 1999 avec comme seul membre survivant du line-up originel son chanteur Lukas Swiaczny à la voix extrêmement grave (même quand il parle, voir notre interview ci-dessus en vidéo sur METAL OBS TV), STILLBIRTH sonne toujours aussi frais comme à son premier jour, ou plutôt album, intitulé Happy Stillbirthday Party (2003). On en veut pour preuve maintenant cette neuvième galette studio intitulée justement Survival Protocol. Si bien sûr, ils ont trouvé très tôt leur créneau, ils l’entretiennent merveilleusement bien, n’hésitant pas innover et surprendre encore l’auditeur féru de brutal death metal, et ce, dès le premier morceau « Existence Erased », avec son break inattendu doté de parties de guitares folk groovy, après avoir posé pourtant l’ambiance futuriste et brutale en 1’40. Après avoir déjà testé ceci dans le passé, ils en rajoutent davantage en 2025. C’est ainsi qu’un titre comme « Baptized In Blood » donne aussi le La pour un petit voyage dans les Caraïbes, à Cuba précisément, avant que la violence du death metal ne prenne le dessus.
Tout ça aère le propos ici, et donne un sacré coup de groove même si, sur une base metal, nos cinq lascars sont plutôt doués, et techniquement ça envoie du sévère : entre riffs maousse costauds, rythmiques plombés ou hyper blasts (« Trapped in Darkness », et les growls infrabasses qui feront à chaque fois trembler vos enceintes. Les mosh parts ne sont pas oubliées non plus (le final sur « Cult of The Green »), tout comme les mélodies et quelques leads appliqués (« Baptized in Blood »). Et ce qu’il y a de bien chez ce quintet allemand, c’est qu’ils font ça à la fois très sérieusement (ça reste d’un assez haut niveau technique, c’est extrêmement bien produit) tout en ne se prenant pas au sérieux (aliens, zombies, marijuana, surf, etc.). Là réside tout l’art et la particularité de STILLBIRTH. Mais nos joyeux Teutons savent aussi rester plus sérieux, du moins en apparence, avec le titre par exemple « Sacrificial Slaughter », où les membres tout de noir vêtus, ont quitté pour une fois leur bermuda hawaïen de surfeurs blancs. Musicalement, cette chanson sonne plus typiquement deathcore, concurrençant aussi des groupes brutaux sur leur terrain de jeu comme ABORTED dans un registre death metal plus moderne.
Sur la dernière partie de « Throne of Bones », on croirait entendre un extrait de Reinventing The Steel de Pantera dans une version death metal sévèrement burnée. Nos gars en ont vraiment dans le bermuda, décidément. Quant à l’énorme chanson-titre, STILLBIRTH sort là tous ses plus beaux atouts en mettant le paquet à tous les niveaux, histoire de vous mettre à genoux et écraser tout le monde dans le pit lors des prochains concerts. Le chanteur s’amuse d’ailleurs à la fin avec son organe vocal en faisant vibrer sa glotte. Gros morceau là encore. Les hostilités, ou plutôt les festivités, s’achèvent sur « Kill To Rule », la plus longue plage sonore de l’album. Hyper heavy et groovy, quelques mosh parts suivies de blasts, et un superbe solo de guitare sort d’une guitare comme si l’on était sur plage autour d’un feu de camp (même si c’est normalement interdit), ambiance « Planet Caravan » de BLACK SABBATH (tiens donc, repris par un certain PANTERA, on aurait dû poser la question à notre ami Lukas lors de notre interview).
En résumé, si vous êtes un peu las des formations de brutal death metal un poil trop clinique ou technique et recherchez un peu de folie dans ce monde de brutes, alors ce neuvième brûlot de STILLBIRTH vous apportera un peu de divertissement même si, à la longue, Survival Protocol peut devenir cliché pour certains. Dans tous les cas, on ne peut reprocher au moins tout leur travail et la volonté d’innover un peu dans un genre metal trop souvent conservateur. Mais survivrez-vous dans ce monde de brutes ? [Seigneur Fred]

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