SUICIDE CIRCLE : Bukkake Of Souls

Bukkake Of Souls - SUICIDE CIRCLE
SUICIDE CIRCLE
Bukkake Of Souls
Black metal
Osmose Productions

Malgré un nom encore disputé entre Meyhna’ch et Rats, Suicide Circle publie en cette fin d’année 2023 son second méfait. Et c’est sous l’égide du multi-instrumentiste Meyhna’ch (ex-Mütiilation) aux commandes ici que continue aujourd’hui la sombre aventure de Suicide Circle et avec lequel le label français Osmose Productions a décidé de collaborer. Le chanteur/guitariste/bassiste est accompagné à la batterie de Kham, ainsi que divers invités : Maxime Taccardi, Obskuritatem and Zoldier Noiz. Pratiquant un black metal bien heavy, dissonant et dérangeant, parfois aux frontières du dark noise (la première chanson « The Star Spawn » ou la messe glaçante de « The Advent »), Suicide Circle n’est cependant pas à mettre entre n’importe quelles oreilles, ni à offrir en guise d’étrenne à de bonnes âmes charitables. Clairement non. Quand Meyhna’ch ne vomit pas ses paroles dans un chant âpre et malsain, les guitares saturées vous prennent par les tripes, et les atmosphères nauséabondes peuvent déranger le bon chrétien qui sommeille en vous. Alternant les morceaux au rythme lent et écrasant (« For Nothing ») et ceux plus rapides (la chanson-titre), la durée moyenne des plages avoisine bien souvent les six minutes passées, laissant ainsi à son auteur de s’exprimer pleinement au cours de digressions malsaines. Les accélérations subites vous prennent alors à la gorge (le single « The Highest Spheres » avec sa cavalcade, ou « Bukkake Of Souls »).

La fin de l’album approchant, on a même droit à une pièce épique sur « The Prince Of Darkness », bien plus flippant qu’un concert du dit « Prince of Darkness », Ozzy Osbourne, ou que le film de John Carpenter qui a mal vieilli, où là Meyhna’ch ne fait pas semblant et n’a pas son pareil pour vous mettre mal à l’aise avec son black metal funeste durant près de sept minutes. Enfin, un peu de la même façon qu’ont débuté les hostilités avec le premier titre « The Star Spawn », l’ultime « Any Of You » achève cette froide orgie black metal française d’une bonne quarantaine de minutes que n’aurait pas renié une autre formation plus légère celle-ci, Gronibard. Ce Bukkake Of Souls s’adresse donc avant tout à un public averti, fan des vieux Shining ou Forgotten Tomb. A tous ceux qui sont curieux de transgresser les codes d’un genre musical bien souvent devenu conventionnel, mais qui en France, continue de se renouveler depuis plusieurs années déjà, grâce à de multiples formations inspirées et inspirantes (Deathspell Omega, Blut Aus Nord et ses différents visages, Glaciation…). Mais avec un tel nom d’album aussi volontairement provocateur, attention à Suicide Circle de ne pas déraper comme une certaine grande de star de cinéma française dernièrement. [Seigneur Fred]

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