TOWERING : The Oblation of Man

Attention, talent !! Et encore une fois ils sont français !! Ils s’appellent TOWERING et ont publié en avril 2026 leur déjà second album The Oblation of Man ( @DoloremRecords ), 7 ans après leur remarqué Obscuring Manifestation (2019), presque déjà oublié dans les limbes du blackened/darkened death metal européen. Ambiances sombres, malsaines, oppressantes, riffs plombés, accélérations foudroyantes, cris d’outre-tombe (screams, growls), TOWERING accouche là d’un petit chef d’œuvre de death metal dans la lignée et l’héritage d’un certain SVART CROWN parti trop tôt… Pour fans d’ULCERATE, IMMOLATION, INCANTATION, MORBID ANGEL, et donc feu SVART CROWN… [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Tom J. Silver (guitares/chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

The Oblation of Man  - TOWERING
TOWERING
The Oblation of Man
Darkened death metal
Dolorem Records

« Le roi est mort, vive le roi ! » dit-on souvent. Ou plutôt ici dans le cas présent de cette chronique de The Oblation of Man par TOWERING, pourrait-on s’écrier plus justement : « SVART CROWN est mort (en 2022), vive TOWERING ! », tant ce second méfait des Français transpire par tous les pores et accords l’essence même de feu SVART CROWN, avec un univers déjà solide cependant (un premier LP remarqué Obscuring Manifestation ayant déjà été publié en 2019 sur le petit label de qualité Dolorem Records établi en région Centre-Val de Loire). Aujourd’hui plus que jamais, la personnalité de TOWERING s’affirme davantage de la part du jeune quatuor francilien… Avec The Oblation Of Man, TOWERING voit les choses en grand, et il impressionne d’entrée de jeu par sa fulgurance, son talent et sa détermination à l’écoute des seulement six compositions, toutes intenses, très sombres (à l’image du superbe artwork signé Leoncio Harmr (VERSATILE, SETH, etc.)), le tout étant mise en son par un certain Eloi Nicod, un proche de leur entourage (THE SCALAR PROCESS). Le résultat s’avère monumental ! Une fois le très imposant premier morceau « Asceticism » passé (L’ascétisme étant une doctrine morale ou un mode de vie austère fondé sur l’exercice de la volonté, la privation des plaisirs matériels et la maîtrise de soi pour tendre vers une perfection spirituelle ou morale), on se demande si l’on va pouvoir revenir de ces abimes black/death metal, ou plutôt blackened death metal précisément, tant la violence et la noirceur nous envahissent et créent un sentiment de suffocation totale et de mal-être. Pourtant, les ténèbres nous appellent toujours un peu plus…

On prend alors un malin plaisir à descendre encore un peu plus bas en enfer avec le single « To Die Once And Emerge » où la rage du chanteur Tom J. Silver est réellement palpable. Totalement habité, il insuffle cette énergie malfaisante pouvant faire trembler un BEHEMOTH, BELPHEGOR ou JB Le Bail (ex-SVART CROWN, IGORRR). Chants entre black et death metal, riffs accordés bas et dissonants, blasts beats infernaux, breaks à tous les étages, le tout servi par une production puissante et organique à la Francis Caste, sauf qu’il ne s’agit pas de ce dernier, mais de Eloi Nicod comme évoqué précédemment. Le résultat sonore est tout bonnement sidérant ! Côté technicité, celle-ci s’inscrit véritablement au service de l’émotion : chaque note, chaque (rare) pause, chaque break, chaque ligne de chant, vous fait dresser les poils, vous prend aux tripes. Très clairement, TOWERING ne fait pas semblant. Un énorme travail a été accompli depuis le précédent album Obscuring Manifestation, et tout est mis ici à profit pour renforcer l’atmosphère oppressante omniprésente sur The Oblation Of Man. Et si leur premier ouvrage semblait plus classique dans sa forme mais aussi le fond, TOWERING s’affirme davantage et passe le haut la main le cap du second album, n’hésitant à développer certaines ambiances et éditer des chansons de plus de huit minutes, et pour autant ce n’est pas du prog’ ici ! Ecoutez le superbe et poignant « Shattering Individuality » par exemple. Mais prenez garde, à l’instant d’après, le quatuor français vous assaille avec le terrible « The Devouring Presence » ! Avant de repartir sur des chemins plus sinueux et lugubres (« Herald of the Black Sun ») où la mémoire de feu SVART CROWN se rappelle à nos vieux esprits endoloris. Mais on pense également à d’autres excellentes formations françaises comme DEATHSPELL OMEGA, ou bien les Américains d’IMMOLATION.

En résumé, vous l’aurez compris, ce second méfait de TOWERING est une pure réussite, un chef d’œuvre de puissance et de dévotion où le travail accompli est énorme, avec une évolution grandiose entre leurs débuts et maintenant. Reste à savoir si ce nouveau terrible groupe français aura les reins assez solides pour défendre bec et ongles sur scène dans l’Hexagone, et à l’étranger, c’est tout le mal qu’on leur souhaite, The Oblation Of Man, comme il se doit car cette seconde offrande mérite toute votre attention et une grande audience même si leur musique demeurera difficile pour certains d’entre vous et le commun des mortels, car après tout, nous ne sommes que des hommes, après tout, de passage sur cette Terre… [Seigneur Fred]

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