
On ne présente plus Virgin Steele représenté par son leader David DeFeis qui, depuis plus de quarante ans, distille au gré des albums un heavy metal épique et symphonique de grande classe et inimitable. Le label allemand Steamhammer (filiale du groupe SPV) a eu la bonne idée de rééditer à la fin de l’été 2024 ses deux pierres angulaires de sa carrière : Virgin Steele, le tout premier opus, et le suivant Guardians of the Flame. A noter que cette première offrande dont il s’agit ici avait déjà fait l’objet de deux rééditions précédemment, l’une en 2002 et l’autre en 2018. Autant vous dire que cette nouvelle version s’adresse aux die hard fans ou à ceux qui n’ont jamais écouté cet album sorti il y a tout de même quarante trois ans. L’idée étant de proposer un produit totalement remixé gavé de versions alternatives, symphoniques ou inédites pour un total de dix-huit titres. Il ne faut pas oublier que le vinyle de l’époque ne comportait que dix morceaux. Ce disque est avant tout une œuvre de jeunesse ou l’on retrouve tous les fondements de ce qui donnera par la suite des albums cultes comme The Marriage of Heaven and Hell Part I & II ou les mythiques The House of Atreus Act I & II. On en est bien loin de ces pépites sur cet album éponyme réédité ici où il se cherchait, hésitant. Ils proposaient alors un heavy metal balbutiant avec à la guitare un certain Jack Starr qui restera le temps des deux premiers opus avant de poursuivre une carrière solo, avec comme chanteur Rhett Forrester (Riot) entre autres. C’est ainsi que le jeune groupe américain pose les bases de son style heavy metal, à commencer par la chanson-titre « Virgin Steele ».
L’intemporel « Children Of The Storm » (titre peut-être inspiré par le « Children of the Grave » de Black Sabbath paru dix ans plus tôt) constitue certainement l’un des meilleurs morceaux où l’on ressent tout le potentiel épique du combo new-yorkais qui deviendra unique et bourré de talents. Tout comme « American Girl », « Dead End Kids », « Still In Love With You » (sans lien avec le futur tube des Scorpions en 1984) qui propose un metal, certes, daté mais où l’on retrouve bien ce Virgin Steele qu’on va adorer par la suite. Mais il faut donc simplement de replacer cette galette dans son contexte en 1981 où David Defeis avait vingt ans car le manque d’expérience est flagrant, le chanteur ne maitrisant pas vraiment sa voix, quitte à pousser souvent des cris suraigus à tout va tout à fait surprennent (“Danger Zone“). Bref, il convient avant tout chose de prendre cet opus éponyme comme une découverte de ce qui allait donner quelques années plus tard une très grande formation qui surprendra par son imagination, ses concepts, ses textes si bien écrits et son talent hors norme. Mais ça c’est une autre histoire. [Pascal Beaumont]

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