VISIONS OF ATLANTIS
A l’abordage !

Si le pirate metal est clairement à la mode ces dernières années (on pense immédiatement à Halestorm, ou nos amis tourangeaux de Toter Fisch…), Visions of Atlantis avait déjà développé son propre concept, plus mystique et fantastique celui-ci, depuis bien des années, la formation européenne ayant été fondée en 2000 du côté de l’Autriche. Menée depuis déjà 2013 par sa frontwoman française, accompagnée du batteur historique Thomas Caser et de ses fidèles flibustiers (dont le chanteur italien Michele « Meek » Guaitoli), ce quintet international continue son aventure musicale à travers les océans. C’est en pleine tournée américaine, à la conquête du pays de l’Oncle Sam, que nous avons réveillé dans le tour bus notre ambassadrice Clémentine qui a gentiment accepté de répondre à nos questions au sujet de leur huitième merveille baptisée tout simplement Pirates, après un concert auréolé de succès la veille à Mesa (Arizona) aux Etats-Unis… [Entretien réalisé par Skype le 19/04/2022 avec Clémentine Delauney (chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

Comment se passe votre tournée actuelle aux États-Unis et jouez-vous déjà peut-être en avant-première quelques titres de votre nouvel album Pirates, notamment le premier single extrait « Legion of the Seas » ? Quelles sont les premières réactions là-bas ?
Ça se passe très bien ici, merci. On est en pleine tournée américaine en effet, et ce, depuis début mars, en compagnie de Dragonforce pour qui on ouvre chaque soir. Et oui, on joue pas mal de nouveaux morceaux, en effet. La chanson « Legion of the Seas » et d’autres nouveautés passent très bien, le public américain adore tout particulièrement notre concept autour des pirates. Ils apprécient ce côté théâtral qui va avec notre nouvel album Pirates, le show, ses nouveautés.

Cela doit vous faire plaisir, en tant qu’artiste, après deux ans de paralysie totale, et peut-être des shows à distance, de retrouver la route et le chemin des salles de concerts, et surtout revoir des spectateurs, non ? Surtout qu’il n’y a plus de jauge…
Oui, bien sûr. Ici il n’y a plus de jauge ici depuis longtemps, et tout est, entre guillemets, redevenu à la normale. La vie a repris plus vite qu’en Europe en fait. Et on est donc ravi de retrouver nos fans.

Quelle est votre stratégie là : tourner en Amérique du Nord avant la sortie du nouvel album, puis revenir en Europe rapidement pour le promouvoir aussi ? Comment planifiez-vous les choses pour Visions of Atlantis actuellement étant donné le contexte international avec la guerre en Ukraine ?
Hum… Que veux-tu dire au juste ? (d’un air pressé car elle enchaîne les interviews ce matin) Quelle est ta question ?! (rires)

Prenez-vous les choses au jour le jour, ou vous arriviez à planifier quand même des concerts et reprendre un rythme « normal » après cette crise sanitaire et malgré le contexte géopolitique incertain ?
On n’a pas le temps de prendre en considération tout ça et de se poser toutes ces questions car il se passe tellement de choses dans le monde. C’est trop compliqué sinon à gérer. En fait, on a eu des tournées en 2020 qui avaient été annulées ou reportées, et là on reprend ce qui avait été reporté, donc tout est déjà booké actuellement par la force des choses. La vie doit continuer et reprendre… Si un concert ou carrément doit être annulé, alors effectivement on annulera par la contrainte. Ensuite, là, on a une bonne dizaine de dates de prévues en tête d’affiche ce mois de mai en Europe pour soutenir la sortie de notre nouvel album. Et cet été, on va jouer dans une flopée de festivals à droite à gauche, plus des opportunités qui peuvent se rajouter. Tout sera communiqué sur internet. Enfin, cet automne, on reviendra avec cinq semaines de tournée en tête d’affiche. On essaiera de revenir aussi aux États-Unis, peut-être que l’on ira aussi en Australie, etc.

Si on fait un léger flashback avant de parler du présent, Visions of Atlantis avait publié l’album Wanderers en 2019 chez Napalm Records, suivi d’un album live enregistré au festival Bang Your Head Festival cette même année, qui est paru en 2020. Le timing fut bon pour vous durant cette crise de covid-19, vous permettant de préparer tranquillement ce nouvel album Pirates…Finalement, un peu comme Septicflesh qui s’apprête à sortir son nouvel opus studio (interview à venir sur www.metalobs.com) et a publié entre-temps un album live symphonie vidéo/CD, ça s’est bien goupillé pour vous, non ? C’était prévu cet album live ?
Eh bien, Wanderers est paru en 2019, et quand on a su cette même année que l’on allait donner un concert avec un orchestre symphonique à ce festival, c’était l’occasion d’enregistrer cet évènement et on a décidé d’en faire un DVD/Blu-ray, bien avant l’arrivée de la pandémie. Ceci était donc prévu. Du coup, en 2020, en pleine pandémie, on a ainsi eu une actualité avec la sortie de A Symphonic Journey to Remember, ce qui n’était pas le cas de tous les artistes ou groupes à cette période s’ils n’avaient rien préparé ni de nouveau matériel disponible. On a donc eu la chance d’avoir cette sortie à ce moment-là, et encore une fois ceci était prévu bien avant…

Selon toi, quel est l’intérêt encore de nos jours d’une sortie d’un DVD ou Blu-ray live avec un CD audio car les gens n’achètent plus de disques, ni de DVD ou blu-ray du fait de leur cherté et de leur disponibilité d’une manière ou d’une autre sur internet, et notamment sur YouTube ?
Bah déjà, la qualité est différente. On est bien d’accord qu’il y a de tout comme vidéos, parmi celles non officielles, et c’est plus ou moins bien filmé. La qualité sur internet est généralement nulle. Nous, on a voulu faire un DVD/CD de qualité enregistré avec un orchestre adressé à nos fans base, et on avait envie de marquer le coup par conséquent. C’est vendu auprès de notre public, forcément. Les gens qui nous ont vu ou non avec un orchestre à ce concert veulent pouvoir retrouver un produit officiel de qualité qui est en quelque sorte l’aboutissement de notre metal symphonique dans notre carrière. Le groupe existe depuis vingt ans, tu sais. Les gens sur YouTube ne sont pas forcément des fans. Alors qu’il y a une demande, les gens ont répondu présent, ont acheté même la version vinyle avec le DVD. Les fans veulent l’objet aussi et les retours ont été ultra positifs. D’ailleurs tout le stock est épuisé. C’était donc tout à fait pertinent de sortir ça. Et puis c’est donc une façon d’immortaliser l’évènement, comme un souvenir, d’où le nom aussi : A Symphonic Journey to Remember.

Parle-moi à présent du nouvel album Pirates, huitième au compteur pour Visions of Atlantis. Est-ce toi qui en a écrit les paroles en collaboration avec l’autre chanteur italien, Michele « Meek » Guaitoli ?
Oui, c’est moi en général. J’ai là écrit toutes les paroles sur Pirates.

Vos nouveaux clips sont de vrais petits films, presque cinématographiques. Il y a vraiment eu un travail là-dessus, j’ai l’impression…
Oui, comme sur le single « Legion of The Seas », avec des costumes, des décors, une véritable mise en scène. On n’a pas fait les choses à moitié.. (sourires) On veut vraiment raconter une histoire et plonger les gens dans notre univers, tant visuellement qu’à travers notre musique.

Quelle furent tes sources d’inspiration ? Et comment s’est passé l’écriture ? Plutôt tranquillement à la maison entre deux films de Pirates des Caraïbes durant ces deux dernières de crise sanitaire, voire même une nouvelle série de pirates disponible sur internet, ou alors Pirates s’inscrit dans la suite lyrique logique de vos précédents albums basés sur la mer, les légendes, le fantastique et l’aventure ?
Je dirai plutôt que c’est effectivement la suite logique des albums de Visions of Atlantis avec son concept que tu as résumé. De mon côté, depuis longtemps, je voulais me pencher à fond sur le sujet et écrire un album sur les pirates. Je voulais que l’on devienne un groupe de pirates, dès que j’ai rejoint le groupe en 2013… (sourires) Il fallait du temps et que je m’approprie le groupe pour en écrire les paroles. Quand j’y ai réfléchi, j’en ai gardé le concept océanique originel, et ensuite, voilà, on est des métalleux, je me suis dit, on est des rebelles, donc des rebelles des mers en quelque sorte, or qui étaient ces rebelles des océans ? Eh bien ce sont les pirates, tout simplement ! Du coup, à travers les paroles, les visuels du groupe, c’était déjà omniprésent, tout était lié en fait. Quand j’ai vraiment commencé à écrire pour ce nouvel album, il y avait des choses plus sombres, plus dures, et avec ce changement de direction, je me suis dit que le thème en serait donc les pirates à cent pour cent, et le nom de l’album aussi naturellement.

Si votre précédent album Wanderers parlaient littéralement de vagabonds des mers, d’aventures, et de questionnement sur les choix des chemins dans la vie, Pirates lui pose un choix de mode de vie fait de liberté, de risques, de rebellion, mais aussi de goût pour l’aventure et la quête de trésors. En fait, il y a beaucoup de métaphores derrière ce concept, non ?
C’est ça. Complètement, il y a des métaphores. Disons qu’il y a un fil rouge qui suit l’évolution du groupe depuis l’album The Deep and The Dark… On est renaît d’une certaine façon de nos propres cendres, comme le phénix, en revenant de nul part. On recherchait, je pense, notre identité après être sorti de notre zone de confort. Avec Wanderers, c’était assez inconscient, et on cherchait, oui, notre chemin. Sur Pirates, on assume notre choix aujourd’hui, on vit comme on en a envie. On veut rendre aux gens leur propre pouvoir et qu’ils vivent comme ils veulent, d’être eux-mêmes, et vivre pour eux-mêmes, en toute liberté, tout comme on le fait maintenant. C’est ça en fait l’idée et le message principal ici sur notre album Pirates. On est donc des pirates en quelque sorte… (rires)

Alors fan invétérée de Pirates des Caraïbes géré par Disney ? (sourires)
Hum… J’aime beaucoup l’univers des pirates, même si le premier film était très divertissant et est une référence, mais je ne suis pas une fan absolue non plus. Je préfère la littérature. Notre chanteur Michele, lui, adore aussi tout cet univers. Plus jeune, il a beaucoup joué au jeu vidéo Monkey Island, il faut dire… (rires)

Pour autant, ne crains-tu pas que Visions of Atlantis s’enferme dans un univers, certes, vaste et quasi-illimité, et soit étiqueté « pirate metal » alors que la concurrence est rude avec des groupes comme les Écossais d’Alestorm, ou les Tourangeaux de Toter Fisch même si bien sûr vous êtes différents musicalement ?
Je ne connais pas ces derniers (Toter Fisch). Mais si tu connais bien Alestorm, et nous compares avec eux, on a strictement rien à voir, tant musicalement que visuellement. Il n’y a absolument rien à voir. Ils ne s’habillent pas par exemple pas du tout en pirates, visuellement, même s’ils ont eu cette image-là à travers leurs artworks sur leurs pochettes d’album dont le nouvel album actuellement, mais pas au niveau du look. Et si tu écoutes Alestorm et Visions of Atlantis, cela n’a encore une fois rien à voir. De toute façon, le monde des pirates et de la flibusterie est suffisamment large pour tout le monde. Les pirates est un thème universel, qui parle à tout le monde, et évoque différentes choses, idées, en fonction des références de chacun. Tout le monde a une part de pirate en fait en soi. Nous, on va plus loin, tant au niveau des paroles, des visuels, sur scène, avec des costumes, une mise en scène, des clips, etc.

Personnellement, vis-tu encore en France, ou bien en Autriche où le groupe a été fondé à l’origine en 2000 par votre batteur historique Thomas Caser ?
Non, en fait, je vis en Italie à présent. J’ai déménagé l’été dernier pour me rapprocher des autres membres du groupe, dont Michele « Meek » Guaitoli (l’autre chanteur), et écrire les morceaux ensemble. Et puis étant originaire de Lyon, c’est plus pratique ainsi.

Du point de vue vocal, j’ai été bluffé sur certaines chansons comme Freedom » ou « Heal The Scars » où ton timbre de voix se rapproche de Sharon den Adel comme sur les chansons plus formatées pop/rock de Within Temptation. C’est toi qui assure toutes ses parties vocales, passant donc d’un registre pop/rock à un registre lyrique soprano ? Quelle est ta formation initiale au fait ?
Oui, c’est bien moi qui fait tout niveau chant féminin ! (rires) Michele lui assure le chant clair masculin.

Serais-tu capable d’assurer des growls pour autant dans les chansons de Visions of Atlantis afin d’apporter plus de contraste et un côté evil lié au monde sauvage des pirates justement dans votre heavy metal symphonique ?
Oui, je pourrai le faire sauf que je n’ai pas envie… (sourires) Mais ça n’irait pas, je pense, avec Visions of Atlantis. Ce n’est pas ce que l’on aime faire au sein du groupe. On préfère la mélodie, le côté comédie musicale, etc.

Et demain, si l’Autriche ou l’Italie vous demande de la représenter au concours de la chanson à l’Eurovision, pourriez-vous accepter de participer aux sélections ? Cela te plairait d’y participer avec Visions of Atlantis comme l’avait fait Lordi qui avait gagné pour la Finlande en 2006 ?!
Eh bien, oui, pourquoi pas. Ce ne serait pas gênant, bien au contraire.

Enfin, comme on parle de pirates et de chasse au trésor à travers votre nouvel album Pirates, as-tu vu au cinéma dernièrement le film Uncharted avec Tom Holland et Mark Wahlberg qui s’inspire du célèbre jeu vidéo du studio Naughty Dog produit par Sony et nous emmène sur la piste de Magellan, bien avant l’ère des pirates ?
Non, malheureusement, faute de temps… Je vais le voir, je n’ai pas eu l’occasion car notre planning était chargé depuis mars avec Visions. J’aime beaucoup Tom Holland. Ça a l’air divertissant.

En guise de conclusion philosophique, quel serait le trésor caché de ces Pirates représentés sur votre nouvel album ? Et toi, quelle est ta chasse au trésor dans ta vie ? (sourires)
Le trésor, c’est de se trouver soi-même dans la vie, je dirai. Être en accord avec soi-même, avec ses convictions, vivre heureux, et quelque part en faisant quotidiennement des choses qui nous élèvent et nous épanouissent. La quête du bonheur, de la paix, trouver l’harmonie, est une quête perpétuelle. Pour certains, pour beaucoup d’entre nous d’ailleurs, on pense qu’elle est extérieure, matérielle, faite de richesses, à travers un statut, mais en fait cela peut être un leurre. Chacun a sa vie, sa propre version du bonheur, et il faut tenter de vivre sa vie, être libre, et vivre à sa manière, au-delà des apparences et toutes les influences qu’il peut y avoir. C’est ça qui nous amènera à notre propre bonheur.

CHRONIQUE ALBUM

VISIONS OF ATLANTIS
Pirates
Metal symphonique
Napalm Records

Si le célèbre interprète du pirate Jack Sparrow connaît actuellement sa décadence du côté des tribuneaux de Hollywood, le pirate metal, lui, est à la mode depuis une décennie au moins (Alestorm, Toter Fisch, Running Wild et leur très bon dernier opus Blood in Blood, etc.). Il faut dire que cet univers a toujours fasciné, de tout temps, petits et grands. Depuis 2000, le combo austro-italo-français évolue dans un monde de légendes empruntant au fantastique, à la mer, et justement au monde de la flibusterie, enfin surtout depuis l’album The Deep & The Dark (2018) et l’avant-dernier Wanderers. (2019), Visions of Atlantis met clairement les pieds dans le plat et hisse la grand voile pour partir à la chasse au trésor à travers son huitième album studio baptisé tout simplement Pirates. Auteure de toutes les paroles, notre ambassadrice Clémentine Delauney a voulu se faire plaisir et développer ici pleinement cette thématique universelle à la fois lyrique et dramaturgique faite d’aventures et métaphores sur la vie. Avec la complicité de son homologue masculin, l’italien Michele « Meek » Guaitoli arrivé en 2018 sur Wanderers, notre duo vocaliste puise son inspiration dans la littérature pour nous entraîner dans son nouveau périple en grande pompe dès son morceau d’ouverture « Pirates Will Return » qui aurait pu rivaliser avec le générique de Game of Thrones. Relativement classique, la formule se veut cependant puissante et efficace. Sur scène actuellement aux États-Unis, le groupe européen aime jouer là-dessus, faire le show, avec la mélodie et la puissance des guitares, la finesse du chant de notre Clémentine nationale, au côté du chanteur coiffé de sa tricorne noire. Tout aussi accrocheur avec son refrain mais plus court dans sa durée, « Melancholy Angel », premier single de l’album, débute par des notes de piano puis une guitare électrique plus heavy, contre-balancée par la voix claire et douce de la chanteuse lyonnaise qui monte ensuite en puissance avec son timbre soprano, cette dernière ayant suivie une formation à une école de chant. Là où la grande brune est bluffante, c’est qu’elle est capable de passer ainsi d’un timbre simple, accessible, plus formaté pop/rock à la Sharon den Adel dernière génération (le plus intimiste « Heal The Scars »), à un chant d’opéra à la Simone Simons d’Epica sans en faire des tonnes. Ça c’est la classe et la splendeur du metal symphonique quand il est bien fait et pas trop pompeux. Le second single et très catchy « Legion of The Seas » illustre parfaitement cela par exemple. Il en va de même encore avec le puissant « Master The Hurricane », leur troisième et tout nouveau single.

Différent mais tout aussi entraînant, « Clocks », quant à lui, joue sur le rythme comme le tic-tac d’une montre, ses paroles se déclinant telle une joute vocale. La vie est une course contre la montre, contre le temps, il faut savoir prendre son destin en main afin de trouver le bonheur, tente de nous dire le quintet international car derrière son univers, certes, parfois un peu naïf de notre bande de gentils pirates, il faut y voir des messages plus philosophiques de la part de nos artistes visiblement inspirés et libérés ici, n’ayant pas peur des clichés qui ont souvent la peau dure, ni des critiques. En effet, il faut bien avouer que la scène pirate metal est surchargée. Mais là où Visions of Atlantis tire son épingle du jeu, c’est dans la complémentarité vocale de son duo au micro, sa richesse mélodique et sa diversité (l’intro à la flûte façon Braveheart sur « In My World » signée Ben Metzner (du groupe allemand Feuerschwanz signé également sur le même label Napalm Records) ; de la cornemuse toujours interprétée par le leader de Feuerschwanz sur « Heal The Scars » et l’ultime « I Wil Be Gone »). Une ballade toute simple comme « Freedom » arrive également à émouvoir l’auditeur s’il tombe un tant soit peu sous le charme, et se prend au jeu, alors que « Legion of The Seas » ou un peu plus loin « Mercy » secouent le navire et font parler la poudre à canon. Alors même si l’on aurait bien aimé tout de même quelques growls ici ou là (car Clémentine nous a confié pouvoir techniquement le faire mais ce n’est pas le propos ici, selon elle, malgré la sauvagerie des pirates), et des soli de guitare plus osés, la dramaturgie nous fait prendre au jeu (le superbe nouveau vidéo clip « Master The Huricane »), et le professionnalisme de ses musiciens qui font les choses simplement avec passion, font de ce huitième une belle réussite. En cela, Pirates se hisse du lot parmi la concurrence, empruntant aussi bien au meilleur de Rhapsody il y a une vingtaine d’années (dont le concept était par contre les donjons et dragons) que les derniers Therion plus orientés comédie musicale. Energique, mélodieux, émotionnel, rythmé, divertissant, Visions of Atlantis nous entraîne dans un voyage musical épique vraiment plaisant et catchy. Voilà le genre de combo avec une chanteuse française qui pourrait enfin faire gagner notre beau pays au prochain concours de l’Eurovision (s’il était sélectionné) !! [Seigneur Fred]

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