Lancé comme un simple side-project en 1999 par le claviériste de CHILDREN OF BODOM, Janne Wirman, vite rejoint sur le premier Unknown Soldier (Spinefarm Rec.) en 2000 par son frère Antti Wirman, le groupe WARMEN a évolué en parallèle de CHILDREN OF BODOM pour devenir un véritable groupe à part entière. Et que font deux anciens membres de CHILDREN OF BODOM quand ils sont réunis ? Eh bien, du death metal mélodique typiquement finnois, même si, sur leur nouvel effort studio Band Of Brothers (@ReaperEntertainment), on trouve des influences plus heavy metal et aussi groovy, rendant ce nouvel album très direct et puissant, avec toujours ces nappes de claviers et soli de guitares rappelant CHILDREN OF BODOM et son ancien leader, le regretté Alexi Laiho (R.I.P.) parti bien trop tôt… Merci aux 2 frères Wirman d’avoir répondu à nos questions en toute sincérité et leur disponibilité ! [Entretien réalisé en vidéo par Zoom avec Janne Wirman (claviers) et Antti Wirman (guitare) par Seigneur Fred – Photo : DR]
->> Single « Band of Brothers » par WARMEN extrait de l’album Band of Brothers (Reaper Entertainment)
Si en l’an 2000, le premier album semi-instrumental Unknown Soldier de WARMEN, alors jeune side-project du non moins jeune claviériste scandinave Janne Wirman signé sur le label Spinefarm Records, fit son petit effet sur la scène metal finlandaise alors en pleine explosion avec, notamment, son groupe principal CHILDREN OF BODOM mené par feu Alexi Laiho (R.I.P.), cela ne révolutionna pas non plus la planète metal, mais avait au moins le mérite d’exister afin de prolonger d’une certaine façon l’expérience symphonique de COB pour les nombreux fans. C’est généralement le but d’un side project. WARMEN mettait surtout en avant le talent du musicien plus discret, au style vite reconnaissable entre mille aux claviers, vite rejoint alors par son frère Antti à la guitare, également membre de COB. Voilà pour le bref rappel des faits. WARMEN a fait bien du chemin depuis, publiant pas moins de sept albums studio de plus ou moins bonne facture, dont le petit dernier, Band Of Brothers, sorti mi-août 2025 chez Reaper Entertainment. Sa sortie officielle a eu lieu en plein festival allemand Summer Breeze cet été où le quatuor d’Espoo se produisait pour présenter celui-ci sous forme de release party officielle géante. Mais alors que vaut ce nouvel enregistrement studio des frérots Wirman ?
Car si en France on a, ou plutôt avait les Fréros Delavega, eh bien en Finlande, ils ont les frères Wirman avec WARMEN, et là, ça joue pas dans la même cour ! Ici, on parle d’un furieux death metal mélodique, mais depuis quelques temps déjà, WARMEN a durci quelque peu le ton et modernisé davantage sa production sonore et approche des compositions avec quelques influences heavy/thrash, voire groove metal, mais avec toujours ces fameux claviers signés du petit génie Janne Wirman, musicien essentiel qui accompagnait toujours à merveille autrefois Alexi Laiho aux synthés quand il fallait lui répondre lors de joutes musicales endiablées. Et ça commence dès la chanson-titre « Band Of Brothers » qui donne le La. C’est vite catchy, avec un format de durée de tout juste 3 minutes (comme la cuisson des pâtes du même nom au goût généralement fadasse), où les screams ou growls essaient de submerger par dessus les touches de claviers répétitives et des riffs ravageurs, alors que la section rythmique tabasse. Plutôt un bon démarrage, qui s’enchaîne vite avec les cris de Petri Lindroos sur « One More Year », un morceau du même accabit, bien rentre-dedans. Efficacité et aller droit au but pour atteindre cette efficacité, c’est le leitmotiv de WARMEN, avec un track-listing savamment construit par la phratrie Wirman. Si les leads de guitares sont tout de même moins inspirés que ceux d’Alexi Laiho dans CHILDREN OF BODOM alors qu’Antti Wirman officiait à ses côtés à la seconde guitare, on retrouve cependant les mêmes plans, mélodies et breaks (le pont sur la deuxième partie de « One More Year », le single tonitruant « Nine Lives », « Kingdom of Rust » et son intro, etc.).
Bref, vous l’aurez compris, c’est efficace et plutôt rentre-dedans, avec des chansons peut-être un peu trop formatées et moins alambiquées que celles de l’œuvre de C.O.B. mais on retrouve cette même musique, entre black et death metal mélodique, symphonique, où les influences heavy metal ou plus contemporaines (« March Or Die » avec son approche groove metal) sont intéressantes, mais pas non plus renversantes. Si cela rappelle les riches heures de C.O.B. ici, il y a un côté un peu aseptisé qui nous gêne. La production sonore y est à la fois pour beaucoup pour tout ça. Enregistré par Janne Wirman, l’album a été mixé en fait par Mikko Karmila (AMORPHIS, les regrettés AM I BLOOD, ENTWINED, CHARON, DIVINE DECAY, et bien sûr CHILDREN OF BODOM !!) et masterisé par Mikka Jussila aux fameux Finnvox Studios de Helskinki, symboles de toute une époque… Notons enfin, pour nous les Français, le titre dans la langue de Molière « Coup de Grâce » mais chanté en anglais, qui dénote un peu, et une fin épique avec l’enchaînement « Dethroned » et « Kiss of Judas », célèbre reprise, ici plutôt musclée, d’autres artistes finlandais tout aussi légendaires que C.O.B. : STRATOVARIUS. Alors si Band Of Brothers ne révolutionne pas trop le genre, il perpétue une certaine tradition qui pourrait ravir tous les fans de metal finnois et tout spécialement les orphelins du Lac Bodom, faisant revivre durant quarante minutes le souffle d’Alexi Laiho avec les frères Wirman, plus que légitimes ici puisqu’anciens membres du clan C.O.B., mais ça s’arrête là, sachant qu’en live, il ne faut pas s’attendre à des shows extraordinaires, comme nous l’ont expliqué en toute sincérité Janne et Antti Wirman dans notre entretien. De toute façon, on ira quand même les voir pour les saluer et perpétuer en fin de compte la tradition, celle de Bodom… [Seigneur Fred]
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