Impossible de passer à côté le retour fracassant de Poison The Well avec le génialissime Peace In Place – un de nos albums du mois de mars – qui vient une nouvelle fois raviver la flamme hardcore et metalcore. Plusieurs vidéo-clips ont été dévoilés depuis, comme pour mieux laisser une empreinte indélébile de leur passage, et pourtant les Américains se font rares en interview… C’est donc avec un immense plaisir que nous vous présentons cette petite discussion à l’écrit avec le guitariste emblématique du groupe. [Entretien avec Ryan Primack (guitare) par Norman « Sargento » Garcia – Photo : DR]

Alors qu’est-ce qui vous a donné envie de revenir avec un nouveau disque après 16 ans d’inactivité – il y a bien eu ce « Trembling Level » en 2025 et cette nouvelle interprétation de « Horns And Tails en 2022 ?
Après avoir terminé cette réinterprétation de « Horns and Tails », j’ai spontanément fait ce commentaire au gars « C’était amusant, nous devrions recommencer !». Jeff et Chris ont vraiment eu cette idée en tête et m’ont poussé à écrire un album. J’ai de la chance qu’ils l’aient fait. Pendant un certain temps, je n’ai pas eu l’impression de rien avoir à offrir, après avoir fait « Horns and Tails » ainsi que quelques concerts en 2024… J’avais l’impression d’avoir une idée de ce que je ferais si je refaisais de la musique.
Considères tu votre nouvel album Peace In Place comme une extension de votre aventure musicale ou plutôt comme une renaissance ?
Et bien plutôt comme une extension. Je pense qu’il s’agit simplement de voir ce que donne à présent PTW, à cette époque précisément… Je ne sais pas trop pourquoi, mais cela ne ressemble pas du tout à une renaissance.
Comment s’est déroulé le processus d’écriture de ce nouvel album, des choses ont dû changer en seize ans ?
Effectivement notre façon de procéder a été complètement différente. Auparavant, nous élaborions les choses dans une pièce, mais cette fois-ci, il y eu beaucoup de démos effectuées à distance. J’en ai fait beaucoup et les ai partagées avec Chris et Jeff. J’ai apprécié travailler de cette façon, même si je pense que la prochaine fois nous essaierons de mélanger les deux processus.
Peux-tu nous expliquer le recours à Will Putney (Terror, Knocked Loose, Norma Jean…) pour enregistrer l’album ?
J’ai rencontré Will il y a pas mal de temps quand il nous a remastérisé The Opposite Of December et Tear From The Red. Nous étions assis lors d’un dîner et discutions de musique, de la vie, de guitares et d’autres choses sans rapport. J’ai juste eu l’impression que c’était une personne qui se sentait assez passionnée par la musique. Alors quand on a décidé de faire un nouvel album, j’ai tout de suite pensé à lui pour le produire. C’est l’une des meilleures idées que j’aie jamais eues !
A propos du premier titre « Wask Mask », il me fait penser à « Botchla », la première piste de Tear From The Red qui démarre de la même façon. Est-ce une coïncidence ?
Au début, c’était un peu une coïncidence, mais ensuite cela a semblé être un peu amusant de faire référence à « Botchla ». Cela semblait aussi être une bonne piste à utiliser comme thème général pour l’album.
Vous avez deux nouveaux membres avec Vadim et Noah, peux-tu nous les présenter ?
Oui Vadim est un de nos amis de longue date, qui a notamment joué dans un groupe appelé This Day Forward. Nous nous connaissons depuis les années 90. Il joue de la guitare avec nous depuis 2016. Noah et Chris ont eux joué ensemble dans le groupe Dhani Harrisons. Noah est aussi mon mécanicien moto !
Le titre du nouvel album semble très positif par rapport aux sorties habituelles dans le monde du hardcore et du post-hardcore, tout ne se passe-t-il pas si mal après tout ?
Oh que si tout se passe vraiment mal… c’est un fait. Cependant, je pense que le titre est relatif aux relations personnelles. Au moins, c’est ce que je retiens des paroles et de la façon dont je me les approprie.
As-tu conscience d’avoir fait partie d’un groupe majeur qui a influencé de nombreux groupes dans les années 2000 ?
Je ne suis pas forcément fier de cela. Bien sûr on nous l’a suggéré, mais dans ces moments-là, je pense plutôt à bon nombre de groupes incroyablement mémorables avec lesquels nous avons grandi et qui ont eu beaucoup plus d’influence que ce que nous aurions pu avoir.
De quoi te souviens-tu (en bon et pas si bon !) de votre passage chez Trustkill Records ?
Je me souviens surtout d’avoir joué dans tellement de concerts incroyables et d’avoir été beaucoup plus jeune que maintenant (rires).
Es-tu le genre de personne qui pense, surtout en ce qui concerne la musique, que c’était mieux avant ?
Non. Jamais. Les choses évoluent et changent… J’espère que le mieux que nous puissions faire en tant que civilisation est devant nous et non derrière nous.
Pour conclure, hormis ce tout nouvel album, lequel te rend le plus fier et pourquoi ?
Versions ou The Opposite Of December. Versions parce qu’enregistrer ce disque m’a permis de faire face à la mort de mon père. TOOD à cause de l’incroyable sensation que j’ai ressentie en réalisant et documentant un véritable album long format. Je n’aurais jamais cru cela possible de ma vie !

->> Notre chronique de l’album Peace In Place de POISON THE WELL à retrouver ici !
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