Et de dix pour Vomitory ! Dix albums de pur death metal pour un cycle entamé il y a déjà trente-sept ans, en 1989 du côté de à l’ouest de la Suède, non loin de la frontière norvégienne. Trente ans après leur premier album, voici le très bon In Death Throes ! A l’écoute des dix brûlots de ce nouvel opus, force est de constater que les Suédois n’ont absolument pas mis d’eau dans leur vin ! Ou pour parler ici de musique, en aucune façon leur death metal ne s’est adouci. Nous sommes toujours en présence de titres joués pied au plancher – les blasts sont légion comme en témoigne « Two and an half Men » – portés par la voix très agressives d’Erik Rundqvist, et construits autour de riffs assassins aux influences parfois thrash (le single « Wrath Unbound »). Dix morceaux donc , l’album s’ouvrant par un « Rapture in Rupture » qui annonce la couleur : Vomitory n’est pas là pour rigoler, mais bel et bien pour nous en mettre plein la tronche, piochant dans toutes les cartes du death metal, que ces dernières viennent de Scandinavie, de Grande-Bretagne ou des USA ! Petite discussion avec son batteur Tobias Gustafsson (ex-AMON AMARTH, ex-NIFELHEIM, ex-GOD MACABRE, etc.). [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Tobias Gustafsson (batterie) par Seigneur Fred & Dave « Asshole » – Photos : DR]
Tout commença sérieusement par l’album Raped in their Own Blood en (soit sept années après leur formation) en 1996 chez Fadeless Records, suivi de plusieurs albums, dont le culte Terrorize Brutalize Sodomize (Metal Blade Records, 2007) à la pochette censurée, avant de splitter en 2013, pour se reformer en 2017, puis, pour de bon en 2018.
A l’écoute des dix brûlots inclus dans cette nouvelle galette alléchante et brutale, force est de constater que les Suédois n’ont absolument pas mis d’eau dans leur vin ! Ou pour parler musique, en aucune façon leur death metal ne s’est adouci. Nous sommes toujours en présence de titres joués pied au plancher – les blasts sont légion comme en témoigne « Two and an half Men » – portés par la voix très agressive d’Erik Rundqvist, et construits autour de riffs assassins. Dix morceaux donc, l’album s’ouvrant par un « Rapture in Rupture » qui annonce la couleur : Vomitory n’est pas là pour rigoler, mais bel et bien pour nous en mettre plein la tronche, piochant dans toutes les cartes du death, que ces dernières viennent de Scandinavie, de Grande-Bretagne, ou du pays de l’Oncle Sam !!
Ainsi, « Wrath Unbound » lorgne quelque peu du côté de Bolt Thrower tandis que « Cataclysmic Freshfront » s’offre une partie centrale où les guitares auraient tout à fait trouvé leur place sur le Death de la période Human. Des touches de Napalm Death parsèment également tout le disque, le côté grindcore en moins. On aura également remarqué une sympathique intro basse/batterie sur « Erased in Red » avant que, sans surprise, le morceau ne s’emballe. Le changement de guitariste – Peter Östlund ayant quitté le quatuor en 2025 pour être remplacé par Christian Fredriksson qui avait déjà assuré quelques solos sur All Heads Are Gonna Roll en 2023 – n’a eu aucune incidence sur la musique. Au contraire, Christian a même contribué à plusieurs titres.
Afin de maximiser l’efficacité, Vomitory n’entend pas laisser trainer ses titres en longueur : « In Death Throes » pouvant même passer pour le passage « épique » avec ses 4 minutes 33 secondes ! Pas de temps à perdre, un sentiment d’urgence et une expérience courte mais jouissive ! Mais attention, cela ne veut pas dire que les titres sont bâclés ou expédiés, bien au contraire. C’est millimétré et en béton armé. En enlevant tout ce qui pourrait être superflu, les quatre musiciens n’en proposent pas moins des riffs extrêmement travaillés et bien plus techniques qu’il n’y paraît. Un gros travail rythmique a été également fait sur les refrains, certains s’apparentent à de futurs hymnes que le public braillera à plein poumons lors de la tournée avec Abbath, Hypocrisy et Vreid, une affiche très éclectique qui déferlera sur l’Europe à partir d’avril 2026 dont une date parisienne. On trouve également quelques influences thrashy typiques des années 90 parfois, comme sur le single phare « Wrath Unbound », là encore dans la section rythmique dès que l’on est sur un mid tempo, donnant cette folle envie de taper du pied, pardon de la tête, contre les murs.
Tout respire l’extrême sur In Death Throes, de la superbe pochette créée par Giannis Nakos, prouvant une fois de plus que la main humaine n’a aucunement besoin d’IA pour offrir des visuels dignes de ce nom aux paroles, forcément teintées de gore mais non dénuées d’un certain humour macabre comme l’indiquent certains titres (« For gore and Country », « The Zombie War General »).
Evidemment, Vomitory ne réinvente pas la roue ici, et certains esprits chagrins pourront dire que ces vieux briscards se contentent d’utiliser une recette bien connue des amateurs, à l’instar de leurs confrères de Hypocrisy qui n’innove plus vraiment (Peter Tägtgren ayant son super side project de luxe Pain pour ça). Mais c’est fait avec un tel amour du death metal qu’on leur pardonne volontiers, d’autant plus que la production, signée Laurence Mackrory (ex-chanteur de Darkane (interview ici), et qui a produit des tas d’albums de metal dont, dernièrement ceux de Frantic Amber (interview ici) par exemple, ou bien Paradise Lost (interview ici), entre autres) est à la hauteur ! Le son est énorme tout en restant très précis. Chaque instrument résonne de la meilleure manière – écoute au casque obligatoire – et l’impression d’un mur sonore pris en pleine figure ne nous quitte jamais. Bref,, on a tout ce l’on est droit d’attendre d’une bonne formation de death metal en 2026 : un son puissant et gras, du blast, de la voix écorchée, du gore et des riffs à faire secouer les nuques ! Rien ne manque à l’appel.
Les amateurs de formation comme Immolation, Hypocrisy, Vader, ou Cannibal Corpse ou Blood Red Throne (voir notre interview ici) pour ne citer que quelques figures légendaires et vétérans du death metal de ces trente à quarante dernières années, seront aux anges et ne pourront que s’incliner devant cet étalage de brutalité organisée très appréciable. Enfin, vous en connaissez beaucoup des groupes plus que trentenaire aborder un look « blouson de cuir/cheveux longs » ? Même sur ce point, Vomitory reste fidèle à ses racines à l’instar d’un Amon Amarth. Et c’est tant mieux. Nous, on valide ! [Dave « Asshole » Martin]

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