JUNGLE ROT fut formé à Kenosha (Wisconsin, USA) en 1992 en tant que projet parallèle par Jim Harte et Joe Thomas, membres du groupe de thrash metal Prisoner. Le nom du groupe fait référence à la « pourriture de la jungle », un ulcère tropical ou une infection cutanée qui survient dans les climats tropicaux. Le groupe a enregistré sa première démo humoristique, Rip Off Your Face. Ce n’est qu’en 1994, lorsque Dave Matrise prend la relève, que le groupe commence à prendre les choses au sérieux et à prendre de l’ampleur. Le groupe affine son style et sort sa deuxième démo, Skin the Living, en 1995, année que Matrise identifie comme le véritable début du groupe… Depuis, JUNGLE ROT a sorti de nombreux albums meurtriers dans le genre death metal. En mai 2026, Dave Matrise (guitares/chant) et ses collègues sortent leur 12ème disque studio intitulé Cruel Face Of War qui traite de notre triste monde toujours en guerre partout dans le monde chaque jour en 2026. Un grand merci à Dave pour cette sympathique interview, et nous espérons vous revoir en concert après cette tournée estivale européenne et nous souhaitons à JUNGLE ROT de participer un jour au Hellfest Festival dans le futur dont c’est le rêve de son leader ! [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Dave Matrise (guitare/chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]
« Droit au but » comme dirait Dédé, ancien coach de l’équipe de France masculine de foot ! C’est aussi le leitmotiv de JUNGLE ROT depuis l’arrivée et prise en main du guitariste/chanteur Dave Matrise au sein du combo américain de death metal en 1993. Enfin, death metal, à ses tous débuts l’année 1992, il officiait alors plutôt dans un thrash metal , genre musical alors à son apogée avant d’assombrir l’ambiance et ses riffs. Et mine de rien, ça fait trente-quatre ans que ça dure ! Alors cette douzième bombe de death metal US old school ne déroge pas vraiment à la règle et ne déçoit pas, surtout qu’elle possède un son puissant et tout à fait contemporain (merci au génial Dan Swanö pour le mixage et mastering sur ce coup-là !!). Passée l’intro inquiétante dans la jungle façon Predator, il n’y a qu’à écouter le très bon single « Apocalyptic Dawn » pour vous en convaincre. Des riffs basiques mais en béton, une rythmique qui monte en puissance passant d’un mid-tempo à un up tempo classique, quelque part entre un SLAYER et un MALEVOLENT CREATION, et un chant grave relativement dynamique qui rappelle que peu celui de Piotr Wiwczarek (VADER). Il faut dire que c’est un peu la même génération de groupes nés dans les années 1990.
S’enchaînent ainsi douze slaves de death metal US d’obédience old school, sans surprise, certes, mais diablement efficaces ! D’ailleurs son leader ne s’en cache pas et n’a pas la prétention de réinventer la roue. De passages plus lourds (« Maniacal ») à la chanson-titre truffé de breaks aux riffs qui cisaillent, ou plus loin l’excellent « Rot Riffs » né spontanément dans l’esprit des musiciens, qui mêle groove et lourdeur, non sans une certaine ironie dans ses paroles, jusqu’à « Hollow Husk » qui va faire un malheur en concert, là encore construit sur des riffs simples mais ô combien efficace bâtis sur une section rythmique qui envoie du steak, on ne s’ennuie, surtout que nos gaillards savent aussi shredder ! Ecoutez aussi par exemple « Legacy of The Damned ».
Côté textes et concept lyrique, on peut clairement parler de bombe et de salves ici tant le sujet sur la guerre dont fait référence le titre Cruel Face Of War sied à merveille avec la musique de JUNGLE ROT, à l’instar d’un SODOM ou BOLT THROWER (on retrouve d’ailleurs son ancien chanteur intérimaire Dave Ingram (ECHELON, désormais ex-BENEDICTION) en featuring vocal sur le réussi et convaincant « Horrors Vile »), mais avec son petit truc en plus à lui. Doté d’une belle vélocité et du sens du groove, très vite les singles nous font secouer l’échine et nous mettent à l’aise car oui, on est dans du basique, du déjà vu depuis une trentaine d’années du côté du Pays de l’Oncle Sam, et tout particulièrement de la Floride et sa capitale du death metal : Tampa. Sauf que JUNGLE ROT, lui, vient de l’état du Wisconsin, pommé en pleine campagne américaine, et malgré trois décennies et les modes qui passent, ils sont toujours là, fidèle soldat dans un genre musical pourtant saturé.
Point de digression progressive ou symphonique, ou bien encore l’amorce d’une quelconque tendance deathcore ici, ni de technicité à outrance. Non, tout simplement du bon death metal ricain des familles sans prétention, majoritairement mid-tempo, qui n’a qu’un seul objectif : vous faire headbanguer mais aussi vous interroger sur notre monde et l’omniprésence de la guerre entre les hommes sur la planète Terre encore en 2026, et même plus que jamais. Cruel Face Of War pourrait très bien faire office de bande-originale du prochain film Lords Of War, vous savez, le fameux film inspiré d’une histoire vraie (où la France n’a pas le meilleur rôle avec un certain Serge Dassault) où l’on retrouvait dans le premier volet (Lord Of War au singulier) les célèbres acteurs américains Nicolas Cage et Jared Leto. Mais non, JUNGLE ROT ne sera jamais à l’affiche d’un film hollywoodien, tout au plus à l’affiche d’un vieux club de metal dans la banlieue de L.A. ou Tampa. En attendant, on a hâte de les voir (et son leader Dave Matrise aussi) sur une grande scène d’un festival français comme le Hellfest ou le Motocultor, ou pourquoi pas le prochain Muscadeath, mais avant qu’une troisième guerre mondiale n’éclate, c’est tout le mal qu’on leur souhaite ! [Seigneur Fred]

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