Quel immense bonheur et honneur pour METAL OBS TV de recevoir ici en interview le célèbre chanteur américain sexagénaire Roger Miret des légendaires AGNOSTIC FRONT !! Pour rappel, @agnosticfront sont les pionniers et leaders de la scène punk/hardcore née à New York au début des années 1980. Ces vétérans n’ont jamais failli, ok, il y eut un split dans les années 1990… Mais malgré les années, 2 cancers, une voix qui parfois s’essouffle et les critiques faciles des fans die hardcore, son sympathique leader nous a parlé en toute décontraction de sa vie à Phoenix depuis qu’il a quitté New York il y a déjà pas mal d’années, un peu du passé (CGBG, la scène hardcore de NY, etc.), mais surtout du présent (la guerre, sa passion pour la musique, ses combats, leur nouvel album, etc.) et du futur avec notamment des concert à venir en Europe et en France très bientôt en février 2026 où ils viendront nous présenter leur 16ème album studio qui n’a pas fait l’unanimité à la rédaction : Echoes In Eternity ( @ReigningPhoenixMusicOfficial ). Mais qu’importe, et grand respect à ce grand monsieur du hardcore ! Alors, hey ! Oh ! Let’s go ! [Entretien réalisé par Zoom avec Roger Miret (chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]
->> Single « Sunday Matinee » par AGNOSTIC FRONT, extrait de l’album Echoes In Eternity (Reigning Phoenix Music)
« Here we go !! » s’écrie le chanteur vétéran Roger Miret sur leur nouvel hymne punk/hardcore « Sunday Matinee ». Eh oui, c’est reparti, on y va !! C’est reparti pour un seizième album (enregistrements studio et live confondus) !!! Il faut dire que depuis 1982, Agnostic Front nous fait danser, pogoter, slamer, et malgré un split de quelques années entre 1993 et 1998, franchement, respect ! Six ans après Get Loud! paru chez Nuclear Blast, que peut encore bien nous proposer le gang new-yorkais ?
Ok, Echoes In Eternity ne réinvite pas ici la roue d’un genre musical, genre qu’ils ont forgé en quarante ans de décennie, inspirant tout une école, toute une scène, celle de New York, apparue au début des années 1980 en jouant dans le fameux club CGBG (qui a fermé dernièrement). Et pourtant le groove est toujours au rendez-vous (« Divided » sur lequel on vous voit déjà lancer votre pas de dance façon slam dancing, et que dire de leur nouvel hymne « Sunday Matinee » vraiment accrocheur et fédérateur). Tout cela est d’une grande fluidité, et puis ça cogne quand même et va droit au but (« Way of War », « I Can’t Win »), in your face comme on dit (le morceau éclair « You Say », »Art Of Silence » et son intro de batterie à la caisse claire façon fanfare militaire, l’impératif « Obey »), même si c’est moins heavy, ok, que le dernier Biohazard (qui a toujours fait ce crossover entre le hardcore et metal), moins furieux et dur que Madball, mais putain, c’est Agnostic Front !! Ce sont eux qui ont tout inventé, avec les Cro-Mags. Les mélodies sont au rendez-vous, contrairement à beaucoup de formations de nos jours qui gueulent beaucoup sans que l’on retienne véritablement quelque chose. Là, on retient les refrains (l’excellent « Turn Up The Volume ») renforcé par les habituels chœurs du bassiste Mike Gallo (pas Max Gallo, l’historien français, hein ! ;-), et bien sûr de l’incontournable guitariste Vinnie Stigma, qui viennent soutenir la voix du sexagénaire Roger Miret, souvent à la peine en live sur scène, mais bon, ça peut se comprendre aussi à son âge, et après avoir vaincu deux cancers !
Côté crossover, le quatuor new-yorkais dresse un nouveau pont entre le hip-hop et le punk/hardcore en invitant Darryl “DMC” McDaniels (Run DMC !!) sur « Matter Of Life and Death ». D’ailleurs, on se demande pourquoi ils n’ont pas collaboré plus tôt avec le chanteur car le résultat est une pure réussite ! Après, s’ils l’avaient fait dans les années 80’s, on les aurait taxés de copieur d’Aerosmith (souvenez-vous l’énorme « Walk This Way » revisitant la version de 1975 aux côtés de ses auteurs Steven Tyler et Joe Perry !). Si le résultat sonne moins heavy et sans aucune influence thrashcore comme le fait avec brio Body Count depuis des années, il s’agit assurément d’un moment fort de cette galette made in NY. Pour les paroles en général, Roger lance toujours des messages typiques du genre punk/hardcore, dénonçant la folie de la guerre, l’autodestruction de l’espèce humaine, en étant inquiet sur l’avenir de ses semblables… (voir notre interview quand on évoque la question de l’IA dans la musique, notamment hardcore). Bon, tout cela est sympathique, pas bien méchant quand même mais ça s’écoute et se boit comme du petit lait. Et puis, peut-être qu’à cause d’un track-listing plutôt généreux comprenant pas moins de quinze morceaux (tous courts, normal, c’est du punk/hardcore ici, pas du post machin chose à la mode progressive), Echoes In Eternity finit par s’essouffler un peu, à l’instar des poumons de notre vieil ami Roger Miret, Agnostic Front jouant un peu la carte du remplissage comme bon nombre d’anciens artistes, les singles se consommant trop rapidement sur internet de nos jours.
On notera cependant le plus lourd et menaçant « Eyes Open Wide » doté d’excellent riffs qui relancent presque l’album, mais il fait malheureusement office de conclusion de toutes ces hostilités agréables et efficaces au demeurant. Au final, on retiendra donc ces trois principaux singles faisant l’objet de vidéo clips quelque peu nostalgiques (CGBG, etc.), à savoir « Way of War », « Sunday Matinee » et « Matter (…) » donc, et puis quelques autres tout de même efficaces (« Shots Fired »), le tout avec une grande vélocité (« Evolution of Madness ») pour les concerts à venir puisque le gang new-yorkais (enfin Roger Miret vit à Phoenix depuis bon nombre d’années déjà) débarque en Europe en début d’année prochaine. Nos vétérans punkcoreux se produiront notamment en février 2026 en France. A bientôt 62 printemps, son sympathique chanteur, accompagné emblématique de son acolyte Vincent « Vinnie Stigma » à la guitare et aux chœurs, continuent ainsi leur longue carrière en se faisant d’abord plaisir, sans trop se soucier des critiques faciles et des « qu’en dira-t’on ? ». Et quelle carrière ! Respect les gars. [Seigneur Fred]

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