Armored Saint fait partie des formations cultes en matière de heavy et thrash metal US. Cette référence est bel et bien toujours vivante en 2026, la preuve avec cet album intitulé Emotion Factory Reset. Rappelons que la formation américaine a vu le jour en 1982 du coté de Los Angeles sous l’impulsion des frères Phil (guitare) et Gonzo Sandoval (batterie), accompagnés de John Bush au chant, lui qui aurait pu devenir le chanteur de Metallica en 1983, mais préféra rester au sein d’Armored Saint alors qu’il rejoindra Anthrax un peu plus tard entre 1992-2005), ainsi que le bassiste Joey Vera (qui se verra lui aussi sollicité par Metallica pour succéder à Cliff Burton en 1986, mais rejoindre Anthrax plus tard en tant que membre de session live dans les années 2000). A ce line-up, s’est greffé des années plus tard Jeff Duncan en tant que deuxième guitare. Une équipe qui n’a jamais vraiment bougé en fin de compte depuis 2008, fort d’une stabilité exemplaire, mais pa toujours d’une reconnaissance à sa juste valeur alors qu’ils ont toujours publié des albums studio corrects. Huit albums au total dont des classiques comme March of the Saint (1984), Delirious Nomad (1985) ou encore Raising Fear (1987). Des disques de qualité constante malgré tout, mais pas suffisants pour leur permettre d’obtenir un succès qu’ils méritent pourtant haut la main. Heureusement, nos cinq chevaliers du metal peuvent compter sur la fidélité de leur leur label américain Metal Blade Records (Slayer, Cannibal Corspe, etc.) depuis l’album Symbol Of Salvation paru en 1991 leur assurera une certaine constante alors que la mode du heavy/thrash metal déclina dans les années 1990, excepté pour le numéro 1 du genre : Metallica. Voilà pour la petite histoire !

C’est avec plaisir que l’on retrouve donc le chevalier Saint en Armure, six ans après Punching The Sky, si on excepte toutefois le Symbol of Salvation : Live qui célébra les trente ans de l’opus du même nom en 2021. Et il nous propose enfin un nouvel et neuvième opus studio Emotion Factory Reset. Et ca démarre très fort avec “Close To The Bone“, clippé pour l’occasion dans l’esprit total de March Of The Saint , à savoir du grand Armored Saint purement vintage mais version 2026. Sachant toujours capté le refrain qui fait mouche, le gang de L.A. possède un style reconnaissable entre mille et peut œuvrer dans de nombreuses variations musicales allant du heavy metal solide “Hit A Moonshot“, autre single avec un riff pour le moins féroce, des changements de tempo intéressants, des leads brûlants, un énorme refrain signé John Bush (aucun lien avec la famille des présidents américains) accompagné de chœurs, au hard rock plus classique et même au blues (normal, ce sont les racine du genre) tout en étant toujours très groovy comme sur “Every Man – Any Man“ ou encore le très accrocheur “Buckeye“ avec sa guitare slide.
Nul doute, nos cinq Californiens savent varier les plaisirs sans jamais lasser. Une autre caractéristique essentielle chez Armored Saint réside donc dans cette voix chaude, à la fois éraillée et puissante de John Bush qui ne faiblit jamais tout au long de cette galette, associée aux guitares de la paire Phil Sandoval / Jeff Duncan, impressionnante au niveau des riffs et solos de gratte “Not On Your Life“, certes, très old school mais toujours de grande efficacité et finalement d’actualité. Armored Saint a du talent et on le sait, mais peut-être que tout le monde ne le sait pas encore. Ce heavy thrash contagieux fait mouche sur chacun des onze morceaux proposés ici, toujours plus ou moins dans l’ombre d’un Anthrax sans le côté crossover lié au punk/hardcore. C’est à la fois heavy, groovy, énergique, entraînant, à l’image du single donc » mais aussi de chansons maousse costaud comme “Ladders And Slides“ et “Bottom Feeder“. Et que dire de “Compromise“ qui alterne des breaks incroyables guitares/basse avec un solo impressionnant de Joey Vera, souvent mis en avant tout au long de ce disque. Citons aussi l’excellent “It’s A Buzzkill“ accompagné de parties de batterie très techniques de Gonzo Sandoval (frère de Phil). L’artwork réalisé par DDKing est encore une fois magnifique, une belle réussite dans la plus pure tradition l’esprit du combo. Produit par le bassiste Joey Vera et mixé de main de maître par Jay Ruston (Anthrax, Stone Sour) à partir d’enregistrements captés dans de multiples studios (Studios, Secret Hand Studios, Skullseven Studios, Constantine Studios et Bridge Recording), le résultat a su capter et garder l’ADN d’Armored Saint et c’est là l’essentiel !
Emotion Factory Reset se clôt avec “Epilogue“, un hard rock au riff très bien trouvé qui termine en beauté l’aventure. Sur chaque titre, on ressent véritablement tout le plaisir qu’ont eu ces cinq chevaliers du metal à jouer ensemble qui signent là un neuvième opus vraiment réussi, fidèle à leur style et authentique, et ça dure depuis quarante-quatre ans ! Que demander de plus ? Ah oui, avoir en bonus leur reprise de la chanson « One Chain (Don’t Make No Prison) » de Dennis Lambert et Brian Potter, et popularisée dans les années 1970 par un certain Carlos Santana… Parue indépendamment et accompagnée d’un vidéo clip en 2024, elle rendit hommage aux musiciens de rythm & blues anti-guerre durant le conflit américain au Viêt-Nam avec une vibe très hard rock. Malheureusement, celle-ci ne figure pas ici. Et puis oui, aussi, tant qu’à faire, on demanderait bien également plus de concerts d’Armored Saint par chez nous !! Car les promoteurs sont plutôt frileux, et le public français et européen restreint, les années passant, mais en festival, ça peut le faire !! Pour l’heure, apprécions déjà cette galette comme il se doit ! Le reste (les concerts), ce sera la cerise sur le gâteau, ou plutôt le vin versé dans le Saint Graal sur l’autel du heavy metal US. [Pascal « heavy » Beaumont]

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