LEATHERWITCH : Nouveau rendez-vous au sabbat

Fin 2025, la nouvelle tombe : Crystal Viper, le groupe polonais qui avait débuté en 2003 à Katowice sous l’égide de la chanteuse et guitariste Marta Gabriel, décide de cesser ses activités, non sans avoir écumé une dernière fois les nombreuses scènes à travers toute l’Europe visitant ainsi de nombreux pays la Pologne, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, l’Italie, La France, la Belgique, et la République Tchèque et de nombreux festivals (70 000 Tons Of Metal, Keep It True Festival). Il restera en souvenir de ce dernier périple The Live Quest paru en 2025 chez Listenable Records. Mais pas de quoi arrêter Marta Gabriel qui prend u nouveau départ en solitaire. Dès 2026, la multi-instrumentiste s’entoure d’un nouveau guitariste soliste et monte sa nouvelle formation : Leatherwitch ! Elle s’offre le luxe de tout faire ou presque assurant ainsi les parties vocales, de guitares mais aussi de basse, un peu de piano et même de la batterie, secondé par son mari Bart Gabriel (Riot V, Pagan Altar, Cirith Ungol) qui se charge de la production et du mastering aidé par Olof Wikstrand (Enforcer) au mixage. Et voilà, le tour est vite joué puisque sort fin mai 2026 First Spell, premier album sous ce nouveau patronyme donc. Peu de surprise musicale au rendez-vous, il s’agit d’un manifeste de heavy metal traditionnel, néanmoins extraordinairement efficace à l’instar des deux premiers single “Beast Inside“ et “Heroes And The Dice“ avec son coté très folk en intro. Une retrouvaille s’imposait avec METAL OBS afin de découvrir cette musicienne qui a dû faire face à la difficulté d’un milieu pas forcément très accueillant pour la gente féminine… [Entretien avec Marta Gabriel (chant, guitare, basse, piano, batterie) par Pascal « heavy » Beaumont/Laurent Machabanski – Photos : DR]

Peux-tu te présenter ainsi que ce nouveau groupe qui est polonais, rappelons-le : Leatherwitch ?
Je suis Marta Gabriel et suis active sur la scène heavy metal depuis plus de vingt ans en tant que musicienne, compositrice et musicienne de studio, principalement connue comme fondatrice et leader du groupe Crystal Viper. Au fil des années, j’ai participé à de nombreux projets, mais le heavy metal est toujours resté au cœur de tout ce que je fais. Leatherwitch est à présent mon nouveau groupe et marque un tournant dans ma vie. Il est né du besoin de repartir à zéro, sans aucune attente ni lien avec le passé. Musicalement, c’est brut, instinctif et authentique : de l’énergie heavy metal à l’état pur, telle que je la ressens aujourd’hui. (sourires)

Mais que souhaites-tu alors proposer avec ce nouveau combo ?
Avec Leatherwitch, je veux revenir à l’essence même du heavy metal : les sensations, l’énergie, l’atmosphère qui m’ont fait tomber amoureux de cette musique dès le départ. Pas de surproduction, pas de fioritures inutiles, pas de prise de tête… C’est direct et authentique. Juste de la vraie musique, de vraies émotions et une vraie puissance.

Comment est né le titre “Beast Inside“ ? Il s’agit de votre premier single, mixé par Olof Wikstrand (ENFORCER), qui met en vedette le guitariste Giuseppe Taormina (ELLENDE, ex-CRYSTAL VIPER) ?
“Beast Inside“ est né très naturellement, d’une intuition et d’une idée qui se sont rapidement transformées en chanson. Il m’arrive d’entendre des chansons presque complètes en tête, et c’était le cas ici. J’ai écrit la musique et les paroles, puis j’ai tout enregistré moi-même. Le morceau a ensuite été mixé par Olof Wikstrand, Bart s’occupant de la production et du mastering. Giuseppe a apporté sa touche personnelle avec ce solo de guitare, qui s’intègre parfaitement à l’atmosphère de la chanson. Et le lendemain de l’enregistrement de “Beast Inside“, j’ai composé aussitôt “Bound By The Night“.

Quelle était l’idée en invitant des artistes spéciaux sur ce premier album ? (Invités spéciaux : le guitariste Giuseppe Taormina (ELLENDE, ex-CRYSTAL VIPER) et Ginoir (SABBAT, METALUCIFER) ?
Je souhaitais que l’album reste très personnel, tout en y insufflant une énergie différente grâce aux solos de guitare. Giuseppe et Ginoir (Tomohiro) sont deux musiciens exceptionnels, chacun avec leur style unique. Je savais qu’ils comprendraient l’atmosphère des morceaux et y apporteraient une touche spéciale sans en altérer l’essence même.

Et quels sont les musiciens qui vous accompagneront en tournée ?
La formation live est au complet et nous sommes prêts à monter sur scène. Je suis ravie des musiciens qui y participent, car ils comprennent vraiment la nature, le caractère de Leatherwitch : cette énergie brute doublé de cette approche authentique. J’annoncerai la formation complète très prochainement, mais je peux déjà vous dire que ces morceaux auront une puissance incroyable en live.

Comment s’est déroulée la composition des nouveaux morceaux de Leatherwitch ? Tu écris la musique, puis les paroles ?
Oui, j’ai tout écrit moi-même, la musique et les paroles, comme pour Crystal Viper. C’était un processus très instinctif pour moi. Parfois, j’entends une chanson entière dans ma tête, et ensuite je vais directement en studio et je l’enregistre. Avec Leatherwitch, une fois la chanson écrite, c’était déjà quasiment la version finale, car j’ai aussi tout enregistré moi-même, sauf les solos de guitare.

Mais à propos de Leatherwitch : est-ce un vrai groupe ou juste un projet en fin de compte ?
Leatherwitch est un vrai groupe ! Même si je m’occupe de la majeure partie de l’enregistrement, Leatherwitch est conçu pour exister sur scène, comme un véritable groupe de scène.

Il s’agit donc pour toi d’un nouveau départ. Quels thèmes abordes-tu dans les paroles de cet album baptisé First Spell ?
Les paroles mêlent des thèmes classiques du heavy metal à des sujets plus personnels et émotionnels. On y trouve des éléments fantastiques, mais aussi des situations et des émotions vécues ces derniers mois. Je ne voulais pas me cantonner à une seule direction. En fait, j’ai simplement écrit ce qui me semblait sincère sur le moment. Et j’aime aussi quand les paroles laissent place à l’interprétation, pour que chacun puisse se les approprier…

Quelles sont donc selon toi les principales différences entre Crystal Viper et Leatherwith en ce qui concerne l’écriture et la musique ?
La principale différence réside dans l’état d’esprit. Avec Crystal Viper, l’écriture était plus structurée et réfléchie, tandis qu’avec Leatherwitch, c’est beaucoup plus spontané et instinctif. Il s’agit moins de construire quelque chose étape par étape que de saisir l’instant et l’énergie. Bien sûr, on retrouve mon style dans les deux groupes, forcément, car je suis la même personne, mais l’approche est cependant différente.

A présent, comment s’est déroulé l’enregistrement en studio cette fois ? Avec ton mari ? Celui-ci a été produit et masterisé par Bart Gabriel (Riot V, Pagan Altar, Cirith Ungol), mixé par Olof Wikstrand (Enforcer), et compte parmi ses invités spéciaux : le guitariste Giuseppe Taormina (Ellende, Ex-Crystal Viper) et Ginoir (Sabbat, Metalucifer), qui ont enregistré les solos de guitare. Toutes les voix et tous les instruments ont été enregistrés par toi-même ?
Cet album était très spécial pour moi, car pour la première fois, j’ai tout enregistré moi-même à l’exception des solos de guitare – dans mon propre studio. J’ai joué de tous les instruments et réalisé les enregistrements, ce qui a rendu le processus très direct et personnel. Bart s’est également beaucoup impliqué : il m’a aidé à choisir le matériel d’enregistrement, s’est occupé de la production et a ensuite réalisé le mastering pour le vinyle et le CD. Le mixage a été confié à Olof Wikstrand, ce qui nous a permis de bénéficier d’un excellent équilibre entre indépendance et collaboration.

Alors, est-ce un avantage de travailler avec son mari ? (sourires)
Un avantage considérable. Dans notre cas, cela fonctionne à merveille car nous nous comprenons très bien, tant musicalement que personnellement. Il y a de la confiance, du respect et une bonne communication. Nous savons aussi faire la part des choses entre vie professionnelle et vie privée, et je pense que c’est une approche très saine. Cet équilibre facilite grandement les choses.

Quelles chansons ont été les plus agréables à enregistrer vocalement et lesquelles ont été les plus difficiles ?
Les titres les plus dynamiques et énergiques sont toujours très agréables à enregistrer, car on peut vraiment laisser libre cours à son énergie. En revanche, les titres plus longs ou plus émouvants peuvent être plus exigeants, car ils demandent plus de maîtrise et d’expression. Mais ces chansons sont aussi très gratifiantes finalement.

Travailles-tu beaucoup ta voix ? En prends-tu soin au quotidien et si oui, comment ?
Oui, je prends soin de ma voix, surtout lorsque je prépare des enregistrements ou des concerts. Je mange sainement, je pratique du sport, je ne bois pas d’alcool et ne fume pas. Mais je crois aussi qu’en chantant, l’expression et l’émotion sont tout aussi importantes que la technique, tu sais.

Vous avez enregistré deux reprises d’Helloween : “Walls Of Jericho“ et “Ride The Sky“ mais aussi “Black Wind, Fire And Steel“ de Manowar. Comment s’est passée cette expérience et que représentent ces formations cultes pour toi ? Félicitations pour cette reprise d’Helloween d’ailleurs, elle est excellente !!
Merci ! Ces chansons m’ont profondément marquée et ont véritablement façonné mes goûts musicaux dans ma jeunesse. Les enregistrer était ma façon de rendre hommage aux artistes qui m’ont inspirée. J’essaie toujours de rester fidèle à l’esprit original, tout en y apportant ma propre énergie et mes propres émotions, pour en faire quelque chose de personnel.

Quelle était l’idée derrière ce titre “First Spell“ qui a donné son nom à ce premier opus ainsi qu’à la pochette ?
“First Spell“ représente un commencement, le premier pas vers quelque chose de totalement nouveau. Cette idée reflète à la fois la musique et le concept global du groupe. L’illustration de la pochette, peinte par Mario Lopez, correspond parfaitement à cette vision. J’ai toujours adoré son style : il possède cet esprit heavy metal classique, très organique, détaillé et plein d’atmosphère. Ce n’est pas qu’une simple illustration, c’est comme une scène d’un autre monde, quelque chose de vivant. C’est brut, un peu mystérieux, et en même temps très fidèle aux racines du heavy metal, ce qui est précisément le sujet de cet album.

Existe-t-il des textes autobiographiques qui te tiennent particulièrement à cœur ?
Oui, beaucoup de mes chansons sont inspirées d’émotions et d’expériences réelles. « In The Middle Of The Night » est très personnelle ; elle décrit ce que je ressens lorsqu’une idée de morceau me vient soudainement à l’esprit, généralement aux moments les plus inattendus. « Two Tons Of Steel » est également inspirée d’une histoire vraie : elle parle de mon mari et moi, et plus précisément d’un accident de voiture que nous avons eu l’année dernière. « Living In The Fast Lane » est une chanson sur le temps, sur la vitesse à laquelle tout évolue et sur la facilité avec laquelle on a l’impression de courir sans cesse pour ne pas être à la traîne.

Comment est née “The New Beginning “qui est à mon sens une vraie réussite ??!
Elle reflète une véritable transition dans ma vie : la fin d’un chapitre et le début d’un autre. C’est une chanson très personnelle, mais je voulais aussi qu’elle soit suffisamment ouverte pour que chacun puisse l’interpréter à sa manière…

En 2021, vous avez également enregistré un album de reprises, Metal Queens. D’ou est venue cette idée de rendre hommage a certaine chanteuses heavy ou pas ? Il est d’ailleurs sorti chez Listenable Records.
Metal Queens était un projet très spécial pour moi, car il était issu d’un univers complètement différent de mon travail habituel. Il ne s’agissait pas de créer quelque chose de nouveau en termes d’écriture, mais de célébrer et de rendre hommage aux artistes qui m’ont profondément marquée. J’ai grandi en écoutant de nombreuses chanteuses incroyables dans le rock et le heavy metal, et j’ai toujours eu le sentiment que leur contribution était parfois sous-estimée ou insuffisamment reconnue. Cet album était donc ma façon de leur dire « merci » et de montrer d’où me vient une partie de mon inspiration. C’était aussi un défi créatif : m’approprier ces chansons et les chanter à ma façon, tout en respectant l’esprit original. Ce fut un processus très agréable et très authentique encore une fois.

Est-ce un hommage aux groupes qui t’ont influencée en fin de compte ?
Oui, absolument. C’était l’idée principale : perpétuer cet esprit.

Comment ont été choisis ces invités de marque : John Gallagher (RAVEN) basse sur “My Angel“, Harry Conklin (Jag Panzer) chant sur “Light In The Dark“, Todd Michael Hall (Riot V) chant sur “Call Of The Wild“ ?
Lorsque je travaillais sur « Metal Queens », je souhaitais inviter des musiciens qui soient non seulement de grands artistes, mais aussi des personnes qui comprennent vraiment ce genre de musique, et des musiciens que je connais personnellement. John Gallagher, Harry Conklin, Todd Michael Hall – ce sont tous des personnalités fortes avec un style très reconnaissable. Chacun d’eux a apporté sa touche unique aux morceaux sur lesquels il a collaboré. Je voulais que les collaborations paraissent naturelles, pas forcées.

Comment s’est passée ton expérience en tant que musicienne de session avec le groupe japonais Metalucifer pour leur tournée européenne ? La tournée s’est conclue au Black Silesia Festival l’année dernière…
Ce fut une expérience fantastique. Metalucifer a une approche unique du heavy metal : c’est pur, intense, une véritable mission ! Faire partie de cette énergie, même pour une courte durée, était vraiment inspirant. Les concerts étaient intenses, le public était génial avec une atmosphère spéciale autour du groupe. Cela m’a rappelé ce qu’est le heavy metal dans son essence même. Les membres de Metalucifer sont plus metal que le metal lui-même ! (rires)

Tu as également donné deux concerts au Japon en solo. Comment s’est passée ton expérience là-bas ? Était-ce votre première fois dans ce pays ?
Jouer au Japon était une expérience unique. Le public est incroyablement passionné, très attentif et, en même temps, très respectueux. Il y a une énergie particulière : les gens écoutent vraiment, ils vivent pleinement la musique. C’est difficilement comparable à ailleurs. Pour tout musicien, jouer au Japon est une expérience inoubliable.

Tu joues maintenant de la guitare et de la basse dans ce groupe, après avoir joué de la basse et de la guitare dans Crystal Viper. Avec quel instrument te sens-tu le plus à l’aise ?
Honnêtement, je me sens plus à l’aise avec le piano, car c’est mon instrument principal. Concernant la guitare et la basse, je suis à l’aise avec les deux. La guitare est plus directement liée à la composition pour moi, tandis que la basse apporte une perspective différente, plus axée sur le groove et la structure. Cela dépend vraiment des besoins du morceau en fait.

Sur First Spell, tu joues aussi de la batterie ce qui est une véritable surprise. Quand as-tu appris à jouer de cet instrument ?
Oui, je sais que ça a surpris beaucoup de monde, parce que je n’en avais jamais vraiment parlé avant. Je fais de la musique depuis l’enfance, tu sais : j’ai commencé par le piano, puis j’ai joué de la guitare et de la basse. La batterie a toujours été omniprésente, mais pendant longtemps, je manquais de temps pour m’y consacrer pleinement, alors je considérais cet instrument comme secondaire. Ces dernières années, j’ai commencé à le prendre plus au sérieux, surtout pour l’écriture de chansons et le travail en studio. Développer cette compétence m’a semblé tout à fait naturel, surtout quand j’ai commencé à travailler plus indépendamment sur mes enregistrements. Je joue aussi de quelques autres instruments, mais je ne parle pas vraiment de tout ce que je fais ; je ne suis pas du genre à tout documenter sur les réseaux sociaux, à faire des pochettes d’albums ou à me filmer en train de répéter. Personnellement, je trouve plus d’intérêt à montrer le résultat final du travail – un album, un single, un clip – plutôt que le processus lui-même. Pour moi, enregistrer de la batterie sur cet album n’était pas une idée soudaine, mais quelque chose qui s’est développé naturellement au fil du temps. Je tiens à préciser que je ne jouerai pas de batterie en live sur scène : je n’en suis pas encore là et je préfère me concentrer sur ce que je peux offrir à 100 % en concert. En revanche, pour le travail en studio et la composition, c’est parfait.

Comment décrirais-tu ce nouveau groupe sur scène ?
Sur scène, Leatherwitch, c’est l’énergie à l’état pur. Encore une fois il s’agit ici d’e délivrer une énergie heavy metal brute et authentique. Pas de surproduction, pas d’éléments superflus : juste du vrai jeu, un vrai son, une vraie connexion avec le public. Je veux que les concerts soient aussi puissants et directs que l’album, voire plus !

Qu’est-ce qui vous a poussée à signer avec le label français Listenable Records ?
Pour moi, ce n’était pas vraiment une question de pays, mais de relation. J’ai une très bonne relation avec Listenable Records, et ils comprennent très bien ce genre de musique. Ils ont aussi été les premiers à entendre parler de Leatherwitch et de notre musique. Il était donc naturel de continuer à travailler ensemble, car il y a une confiance et une compréhension mutuelle.


Mais que s’est-il passé avec Crystal Viper ? Quelle surprise pour nous à Metal Obs à vrai dire… ! Le 28 août 2025, Crystal Viper annonça alors sa séparation, alors qu’un album live sortait Était-ce une décision difficile à prendre ?
Oui, c’était une décision très difficile, car Crystal Viper a occupé une place importante dans ma vie pendant plus de 20 ans. Mais en même temps, je sentais clairement que ce chapitre était clos. Je ne voulais pas continuer quelque chose simplement pour le nom ou l’histoire. C’était une décision mûrement réfléchie de mettre fin au groupe de façon naturelle.

Comment te sens tu maintenant après la séparation du groupe que tu avais créé en 2003 ? C’est une part essentielle de ta vie !
Bien sûr, j’ai ressenti des émotions, car on ne peut pas effacer 20 ans de sa vie comme ça. Mais en même temps, je suis assez sereine. C’était la bonne décision et je suis prête pour un nouveau chapitre. Leather Witch y contribue beaucoup !

Enfin, l’album live The Live Quest est-il une sorte de cadeau pour les fans avant la séparation ?
Oui, on peut tout à fait le voir comme ça. C’était une façon d’immortaliser un moment et de remercier les fans qui ont soutenu le groupe pendant tant d’années. Les albums live ont toujours une énergie particulière, et je pense que celui-ci le reflète très bien.

Comment s’est passée votre dernière tournée avec le groupe ?
C’était très intense et émouvant, surtout en sachant que ce serait la dernière. En même temps, c’était aussi très fort, car chaque concert était important. Le lien avec le public était très puissant. Comme vous pouvez le constater, nous savions que nous allions dissoudre Crystal Viper bien avant de l’annoncer.

Tu es resté pendant 23 ans au sein de Crystal Vyper. Quels ont été vos meilleurs moments au sein du groupe ?
Il y en a tellement ! C’est vraiment difficile de choisir. Les tournées, les enregistrements d’albums, les rencontres avec les fans du monde entier… mais je pense que le plus important, c’est le parcours dans son ensemble. Toutes ces expériences réunies ont créé quelque chose de très spécial.

Tu as débuté très très jeune avec ce groupe. Était-ce un défi d’être une femme en 2006 en Pologne dans un groupe de heavy metal ?
À cette époque, c’était certainement un peu différent d’aujourd’hui. Mais je ne me suis jamais trop attardée sur cet aspect. Pour moi, l’important, c’était de faire de la musique. Je ne voulais pas être perçue comme « une musicienne », mais simplement comme une musicienne.

As-tu constaté une évolution de la place des femmes dans le metal durant ces deux décennies ?
Oui, absolument. Il y a beaucoup plus d’ouverture maintenant, et les gens se concentrent davantage sur la musique que sur les étiquettes. C’est un changement très positif.

Comment s’est passée ta collaboration avec Andy Larocque, le guitariste de King Diamond, sur l’album Metal Nation ?
C’était une expérience formidable. C’est un guitariste incroyable et une personne très professionnelle, surtout pour le mixage des albums. Travailler avec quelqu’un comme lui est toujours une source d’inspiration.

Pour Queen of the Witches, tu as collaboré avec deux légendes du metal: Ross « the Boss » Manowar sur “Do Or Die“ » et Mantas de Venom (précurseur du black metal et du thrash) sur “Flames And Blood“. Comment s’est passée la collaboration avec ces deux guitaristes d’exception ?
C’étaient des collaborations vraiment exceptionnelles. Ce sont de véritables légendes, et collaborer avec eux a été un honneur. En même temps, tout s’est fait très naturellement musicalement, ce qui est toujours le plus important. Ross et Mantas ont tous deux enregistré des solos de guitare incroyables !

Quels souvenirs gardes-tu de votre dernier concert en France, à Seyssinet-Pariset, près de Grenoble ?
De très bons souvenirs. Le public était formidable, très énergique et très connecté à la musique. La France a toujours été un endroit idéal pour jouer avec nous.

Comment s’est passée cette association avec Moon Chamber, avec qui tu as enregistré “Lore of the Land“ ?
Moon Chamber représentait une direction musicale complètement différente, ce qui l’a rendu très intéressant dès le départ. Cela m’a permis d’explorer d’autres idées et sonorités, ce qui est toujours important pour le développement artistique. Et travailler avec des musiciens aussi talentueux était également très inspirant.

Quel regards portes tu sur ta carrière jusqu’à présent ?
Ce fut un long parcours, jalonné de nombreux chapitres. Je suis reconnaissante pour tout ce qui s’est passé, car chaque étape m’a menée là où je suis aujourd’hui.

Comment décrirais-tu ton évolution musicale au sein de Crystal Vyper et tes différentes collaborations ?
Je pense qu’elle est très naturelle. On évolue en tant que personne, donc sa musique évolue aussi. Mais au fond, ça reste du heavy metal ; ça n’a jamais changé.

D’où vous vient cette fascination pour le heavy metal ?
Quand j’étais jeune, nous avions ces chaînes de télévision que nous regardions pas mal : Atomic TV, MTV et VIVA 2, grâce auxquelles j’ai pu découvrir de nombreux groupes formidables. J’ai toujours aimé le heavy metal pour son énergie, son authenticité et son atmosphère. Le heavy metal possède quelque chose de très réel et de très puissant auquel je me suis identifiée dès le début.

Te souviens-tu du premier album que tu as écouté enfant ? Était-ce une révélation ?
Je ne m’en souviens pas exactement, car depuis mon enfance, il y a toujours eu beaucoup de musique à la maison.

Comment était ton enfance en Pologne ? Quels souvenirs gardes-tu de tes premières années, de ton adolescence, de l’école, de tes amis et de ta famille ?
J’ai eu une enfance heureuse, et la musique a toujours occupé une place très importante dans ma vie. Notre maison regorgeait de vinyles, et à 7 ans, mes parents m’ont inscrite à une école de musique. Dès mon plus jeune âge, j’ai ressenti un lien fort avec la musique, qui est devenue naturellement ma voie, mon mode de vie. C’est grâce à la musique que j’ai rencontré l’amour de ma vie, Bart : il est venu à l’un de mes concerts, et nous voilà, 23 ans plus tard !! (sourires)

Enfin, toujours autour de ta personnalité : quelles ont été tes premières découvertes musicales, tes premières influences et tes idoles ?
Queen, Europe, Bon Jovi, Led Zeppelin, Dio, Mike Oldfield, Shakin’ Stevens, Bee Gees…

À quel âge as-tu commencé à apprendre à jouer d’un instrument et à écrire tes premières chansons ?
J’ai commencé le piano enfant, vers 6 ou 7 ans, et peu après, j’ai commencé à composer. Bien sûr, mes premières chansons parlaient de papillons, de poneys et de chiots, mais créer, et pas seulement jouer, m’a toujours paru très naturel. J’ai encore mon vieux cahier d’enfance, avec mes anciennes paroles et chansons. Qui sait, je le publierai peut-être un jour, ha ha ! (rires)

Merci beaucoup pour tes réponses. On espère te rencontrer bientôt à Paris !
Merci beaucoup pour ton soutien et pour l’interview. J’espère te voir en tournée, peut-être à Paris !

First Spell - LEATHERWITCH
LEATHERWITCH
First Spell
Heavy metal
Listenable Records

Après une ultime tournée et un split définitif de Crystal Viper fin 2025, la bassiste/chanteuse Marta Gabriel se retrouva quelque peu esseulée. Heureusement elle n’a pas perdu de temps pour s’atteler à un nouveau projet musical : Leatherwitch, dont voici déjà son nouveau bébé : First Spell. Ce premier effort de la mutli-instrumentiste polonaise navigue en plein cœur du heavy metal traditionnel avec qualité mais aussi un certain classicisme propre au milieu de ce genre musical si populaire dans les années 1980.

Pour cela, elle a choisi de bien s’entourer en toute logique de son mari Bart Gabriel (Riot V, Pagan Altar, Cirith Ungol) sencharge de la production et du mastering, aidé par Olof Wikstrand (Enforcer) au mixage, afin de produire un son dans la pure tradition heavy power metal mélodique comme avec le premier single efficace, “Beast Inside“. Véritable brûlot, celui-ci pose d’emblée les bases de la philosophie musicale de Leatherwitch, tout comme la chanson “Two Tons of Steel“ dans le même esprit. Mais l’opus s’ouvre en fait sur le superbe “Heroes And The Dice“, autre single paru entre-temps, qui évolue quant à lui dans un registre plus folk metal. Une réussite ! Choisi par le label français comme second single, il montre une autre facette plus accrocheuse du combo polonais avec un refrain facilement mémorisable et très mélodique.

Secondé par le guitariste Giuseppe Taormina (Ellende, Ex-Crystal Viper) et Ginoir (Sabbat, Metalucifer) se chargeant des parties lead, l’album nous offre ensuite une pléiade de morceaux dans la plus pure tradition avec la voix de Marta Gabriel qui semble plus à l’aise que jamais sur les huit titres proposés ici, ne se limitant à rien, si c’est sa propre performance et ses capacités (elle assure la majorité des instruments ici et voix !). Mention spéciale au passage à “The New Beginning“. Ce morceau épique mi tempo s’avère aussi très réussi. Les riffs sont incisifs et rapides, les solos efficaces comme sur “Bound By The Night“ et toujours mélodieux, comme sur “Living In The Fast Lane“, “In The Middle Of The Night“.

Marta se charge donc ici, en plus des voix et guitares, de toutes les parties de basse, batterie, et même de piano sur cette première galette en (quasi) solitaire. On découvre alors son énorme talent entrevu au sein de Crystal Vyper précédemment. Officiellement, le line-up de Leatherwitch se résume actuellement à Marta Gabriel et Giuseppe Taormina en ce qui concerne donc les solos. A noter une reprise intéressante de “Ride The Sky“ des mythiques Helloween particulièrement appropriée où Marta livre une prouesse vocale incroyable atteignant des notes dans les aigues impressionnantes, rivalisant avec les prouesses d’antan de Kai Hansen ! Enfin, la version vinyle propos, quant à elle, une cover de Manowar “Black Wind, Fire And Steel“. N’oublions pas que la frontwoman a déjà collaboré avec Ross The Boss il y a quelques années pour son opus de reprises Queen of the Witches. Une forme d’hommage non prévue ici, puisque que Ross the Boss (R.I.P.) vient de nous quitter malheureusement le 27 mars dernier…

First Spell est donc une franche réussite, peu surprenante, mais particulièrement maîtrisée, même si l’ombre de Crystal Vyper plane par moment sur les titres proposés. Normal, on n’efface pas vingt-deux ans de carrière en un claquement de doigts ou de médiators. Mais avec First Spell, Leatherwitch permet un nouveau départ à Marta Gabriel et livre là une ode au metal. “ Silver Stallions “ pourrait en être leur devise, qu’on se le dise. [Pascal « heavy » Beaumont]

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