MELECHESH : Emperor’s Return

Cela faisait un bail, précisément depuis 2015 et le dernier album studio Enki (Nuclear Blast), que nous n’avions pas de nouvelles du côté de MELECHESH, créateur du Mesopotamian black metal depuis 1993 ! Alors quel plaisir de retrouver son leader, Ashmedi Melechesh, qui parle un peu français pour avoir collaboré autrefois avec le fameux label français Osmose Productions, et compter dans ses rangs le guitariste Moloch qui vécut à Lille (France), puis aux Pays-Bas. Paru le 10 avril 2026, leur troisième EP 3 titres intitulé Sentinels Of Shamash (Reigning Phoenix Music) ouvre une nouvel ère pour MELECH. Celui-ci ravira les fans de black/death metal aux influences folkloriques mais aussi thrashy pour un mélange détonnant qui fait le son de MELECHESH et rend ce dernier impérial. A ne pas manquer en concert !! Et merci encore à Ashmedi ! [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Ashmedi Melechesh (guitares, instruments folk, chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

->> Single « The Seventh Verdict » par MELECHESH, extrait de l’EP Sentinels Of Shamash (Reigning Phoenix Music)

Sentinels of Shamash - MELECHESH
MELECHESH
Sentinels of Shamash
Mesopotamian black metal
Reigning Phoenix Music

Oh ! Une nouvelle offrande de MELECHESH sur l’autel du Mesopotamian black metal, genre musical qu’il a lui même lancé à partir de 1993 à Jérusalem, avant de fuir Israël à cause de ses restrictions religieuses. Son objectif : pouvoir développer son art métallique païen blasphématoire emprunt d’éléments folkloriques (instruments divers comme du oud ou des percussions) à travers l’Europe puis le monde. Accompagné du fidèle guitariste Moloch (désormais professeur en sciences politiques en Norvège), son leader charismatique Ashmedi Melechesh a alors accouché de petites perles de black/death metal mélodique puissants et épiques, telles que le référent As Jerusalem Burns… Al’Intisar, puis Djinn, Sphynx ou Emissaries, tous trois parus à la belle époque Osmose Productions (cocorico !), le label français le lançant sur de bons rails. MELECHESH passa ensuite chez l’écurie allemande Nuclear Blast avec l’album The Epigenesis pour atteindre le sommet de la pyramide du succès avec Enki en 2015, lui permettant massivement de jouer live partout dans le monde, avant un silence radio côté publications… Alors ce troisième EP est plus que bienvenu pour nous, les fans !

Contenant seulement et malheureusement trois morceaux (normal pour un format court), Sentinels of Shamash s’ouvre par le titre « The Seventh Verdict » d’une durée de 6’23. Un riff à la fois thrashy et blacky avec un fondu sonore à l’ouverture ouvre les hostilités pour un impact direct. C’est très rythmé mais pas très rapide, on évolue plutôt sur un mid-tempo. La basse se fait entendre comme jamais : normal, nous avons droit à Rob Caggiano, vu ces dernières années à la guitare, au sein de, excusez du peu, ANTHRAX ou VOLBEAT, rien que ça ! Il assure même d’ailleurs un chœur sur l’EP sur un passage dans cet EP. Le rythme s’accentue après un break central où la batterie pilonne davantage et le chant devant d’Ashmedi plus féroce. Un rythme plus dansant et plus typé folklorique se fait entendre sur des guitares électriques aux harmonies orientalisantes qui enveloppent l’auditeur dans un état transcendantal, aboutissant à un solo en shredding tout en puissance. Du très bel ouvrage, assez long et très heavy, où l’on retrouve tous les ingrédients chers à MELECHESH.

S’en suit le gros morceau de l’EP : « In Shadows, In Light ». Plus long que son prédécesseur avec ses 8’26 mn, le quatuor désormais international (Ashmedi vivant en Allemagne et les autres membres aux Pays-Bas pour l’essentiel) attaque d’emblée avec un rythme galopant et ce groove reconnaissable entre mille. Vers la 2ème minute, un pont épique aux chœurs réussis vous transporte vers l’ancienne Babylone auxquels a donc contribué le guitariste (et ici bassiste) américain Rob Caggiano. Les percussions et les riffs bien heavy, réhaussés par quelques growls puis screams d’Ashmedi vous donnent alors le frisson, même si l’on ressent une volonté d’aller vers des sonorités plus progressives ici, tout en baignant dans le metal extrême, essentiellement black/death metal, avec toujours des petites influences thrashy. Si la fin tend à se répéter, le refrain crié sur la fin par Ashmedi Melechesh relance une dernière fois cette chanson fédératrice aux riffs hypnotiques inspirés. On est comme pris au piège dans une tempête de sable dans les airs en plein désert, alors que des sables mouvants nous entrainent dans les profondeurs des enfers pour rejoindre le dieu Nergal…

Enfin, « Raptors of Anzu » vient conclure ces retrouvailles après onze ans sans enregistrement studio de la part de nos quatre sentinelles de l’ancien empire perse… On y retrouve immédiatement toute la fougue et l’énergie thrash/black metal de MELECHESH ici, avec toujours des riffs superbement travaillés et captés au célèbre Kohlekeller Studio en Allemagne (BENIGHTED, etc.). Une belle vélocité prédomine ici, rappelant la collaboration d’antan avec le batteur américain Sir Proscriptor McGovern (ABSU) sur les disques Djinn et Sphynx. C’est très rythmé, speed, et ce chant black signé Ashmedi, avec toujours des choeurs ici et là, plus hurlés cette fois, avant d’arriver à un final sur un solo de guitare plus lancinant, le tout sur des percussions typiques du Moyen-Orient. C’est rapide, mai finalement épique paradoxalement.

Si l’on est donc sur un format plus concis sur cet EP, la formule MELECHESH fonctionne toujours en 2026. Bien sûr, on aurait apprécié un petit interlude entre deux chansons ou plus d’expérimentations ici ou là, mais nul doute que ces trois titres de Sentinels Of Shamash sauront ravir toute de même vos oreilles en manque de sonorités black/death metal orientales inventées, presque, par Ashmedi Melechesh (au côté des ORPHANED LAND ou SALEM dans un registre heavy/death metal ou doom metal atmosphérique, moins moderne que l’orientation prise que par d’autres artistes israéliens DISTORTED, ou les ROTTING CHRIST ou MOONSPELL par exemple pour ne citer que les ténors du genre en Méditerranée).

A présent, on a hâte de retrouver sur scène Ashmedi Melechesh et ses sbires pour des concerts toujours fulgurants et prenants, avant, on l’espère, d’avoir droit à un nouvel album studio plus long sur lequel le quatuor international développera son art typique en prenant davantage de risques, histoire de toujours épicer nos sens à l’heure de l’IA qui tend à standardiser les productions musicales qui arrivent d’un peu partout sur la toile chaque jour. Nous, on veut de l’art, de l’artisanat, avec de vrais musiciens, pour unir les êtres humains, et non les diviser, alors que la guerre sévit toujours sur Terre, et notamment au Moyen-Orient, région qu’a fui Ashmedi Melechesh dans le passé pour mieux s’exprimer. [Seigneur Fred]

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