Nulle question d’aborder les frasques du leader et fondateur d’As I Lay Dying lors de cette interview cadrée, l’essentiel étant de se focaliser uniquement sur la musique, rien que la musique, et toute la musique que l’on aime avec la sortie du huitième album des rois du metalcore américain. Enfin presque, puisque peu après cet échange, nous apprenions déjà le départ du bassiste Ryan Neff, vite imité par le guitariste Ken Susi et le batteur Nick Pierce, entraînant l’annulation pure et simple de la tournée européenne du groupe de San Diego, aux côtés de Decapited et Caliban (qui sort bientôt son nouvel album). [Entretien avec Tim Lambesis (chant) par Norman « Sargento » Garcia – Photos : DR]

Le nouveau line-up d’As I Lay Dying a été complété par Ryan Neff (Miss May I) à la basse et par deux ex-Unearth, Nick Pierce à la batterie et Ken Susi au poste de guitariste. Peut-on parler de « All-Star Band » ici ? Que penses-tu de ce concept, et pourquoi as-tu choisi eux et pas d’autres musiciens ?
Au départ, nous devions trouver de nouveaux musiciens pour nous accompagner en tournée, ça c’était en 2022 si on regarde en arrière, et la raison pour laquelle j’ai choisi ces deux gars n’est pas forcément une question d’amitié, mais d’abord parce que ce sont d’excellents musiciens, très expérimentés, ce qui ne faisait aucun mystère pour moi qu’ils feraient la tournée avec nous. Je ne voulais pas non plus que cela devienne une source de stress si je ne trouvais personne. Après être un excellent musicien n’est pas forcément suffisant, il faut aussi prendre du plaisir à jouer et être ensemble ! Pour Nick et Ken, le timing était vraiment parfait puisqu’ils venaient de quitter Unearth. Concernant Ryan, on a été bluffé par sa capacité à vite assimiler les morceaux en seulement deux semaines, alors qu’il était au même moment en tournée avec Miss May I, c’était vraiment impressionnant, un véritable professionnel !
Ces trois nouveaux membres ont-ils justement participé à l’écriture de Through Storms Ahead ?
Je dirais qu’au moins sept chansons étaient déjà composées avant leur arrivée, et le reste a été composé avec leur contribution, ce qui a permis de rendre l’album encore meilleur selon moi, de prendre plus de consistance. Après l’idée est de continuer à collaborer tous ensemble par la suite et continuer à être créatifs.
J’ai lu dans une récente interview que c’était la première fois pour toi que tu chantais sur des paroles inspirées par quelqu’un d’autre. En l’occurrence, il s’agit du nouveau titre « The Cave We Fear To Enter » si je ne me trompe pas…
Oui, en fait l’idée de ces paroles provient de Ryan, qui a aussi écrit le refrain sur une sacrée mélodie, donc je ne voulais pas changer ce feeling qu’on pouvait ressentir sur cette chanson grâce à ce refrain. Il n’était donc pas question pour moi de changer la teneur et le sens des mots insufflés par Ryan. C’était aussi une belle opportunité pour lui d’apporter sa pierre à l’édifice sur ce titre que je trouve vraiment bon et puissant.
Pour le mastering de l’album Through Storms Ahead, pourquoi as-tu notamment choisi Ted Jensen, qui même s’il est connu pour avoir bossé par exemple avec Pantera, Deftones ou Evanescence, reste un ingénieur du son aux collaborations vraiment éclectiques (Norah Jones, Green Day, Eagles…) ?
On a en effet choisi Ted pour masteriser nos deux premiers singles dans un premier temps. Et puis c’est devenu vraiment naturel de travailler avec lui, tu sais, il a déjà bossé avec nous depuis An Ocean Between Us en 2007, on connaît bien son travail et en effet il est reconnu pour avoir collaboré avec des gros groupes de metal comme Pantera dans le passé. On était donc en terrain connu et on entretient vraiment de bonnes relations avec Ted.
Shadows Are Security (montrant l’album en notre possession à Tim), sorti en 2005 (!), est considéré par beaucoup de spécialistes comme le meilleur album d’As I Lay Dying, toute époque confondue, et même du metalcore tout court encore aujourd’hui. Que représente donc cet album à tes yeux, lui qui fête bientôt ses vingt ans ?
Oh, je pense que la raison pour laquelle cet album a vraiment marché est qu’il est le fruit d’un véritable processus de collaboration, et qu’il contenait aussi un mélange parfait de mélodies et de structures plus heavy. Et puis nous faisions à cette époque partie de la première grosse vague metalcore, avec des groupes comme Parkway Drive. Mais selon moi, si l’on excepte notre dernier album (rires), An Ocean Between Us reste le meilleur de toute notre discographie.
Restons dans le passé, je voulais savoir si l’origine du nom du groupe avait un rapport avec le roman As I Lay Dying du romancier et nouvelliste américain William Faulkner, paru en 1930 ?
Oui, l’idée à l’époque provient bien de ce titre de bouquin, par contre il n’y a pas véritablement de corrélation directe avec le groupe à proprement parler ou le sens que je lui donne. C’est juste que je trouvais cette appellation vraiment cool.
Revenons à ce nouvel album Through Storms Ahead et plus particulièrement au titre « Burden », l’un de vos premiers singles. Tu y dis et chantes notamment : « I’ve carried the weight of your burden long enough » (Ndlr : « j’ai suffisamment porté le poids de ton fardeau »). À qui donc s’adresse les paroles de cette chanson ?
En fait elle ne s’adresse pas à une personne en particulier, je ne veux pas forcément que l’on pense que je vise spécifiquement quelqu’un sur ce titre. Je pense que chacun pourra y trouver un lien avec sa vision personnelle des choses ou son propre vécu. Je laisse donc l’auditeur s’approprier et interpréter les paroles à sa façon, c’est aussi à ça que sert la musique.
Pour conclure, ton rapport à la religion (très présente dans les premiers opus du groupe) a-t-il évolué avec le temps depuis le début de ta carrière ?
Effectivement, j’ai grandi dans une famille où la religion (Ndlr : le christianisme) prenait une place importante dans mon éducation, et même si j’ai pris quelques distances avec elle et m’en suis détaché encore un peu plus aujourd’hui, je continue à penser qu’elle peut occuper un rôle important dans la vie des gens et être très utile, en les rassemblant notamment. Dans tous les cas, moi, j’ai vraiment trouvé ma voie et ce que je recherchais en créant As I Lay Dying.

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