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BLACK SWAN
Génération 80

Remis en selle il y a deux ans par le premier album de Black Swan, Shake The World, Robin McAuley connaît aujourd’hui une seconde jeunesse. Tout juste rentré de la tournée avec MSG en Europe, le vaillant artiste Irlandais a pris le temps de répondre à nos questions sur la création du second opus du cygne noir et ses projets immédiats. [Entretien avec Robin McAuley, chant, par Philippe Saintes – traduction : Vincent Rapez – photos : Enzo Mazzeo]

Black Swan est un bloc ! Ce n’est donc pas une surprise si Generation Mind est une réussite. L’amitié entre Reb Beach, Jeff Pilson et toi remonte à loin, très loin, n’est-ce pas ?
Oui, en effet. Je connais Jeff depuis de nombreuses années. Il était témoin à mon mariage et je suis marié depuis trente ans. Il a également joué sur le dernier album studio de MSG que j’ai enregistré avec Michael Schenker. Il était aussi de la partie lors de notre tournée Unplugged. Quant à Reb, je l’ai côtoyé au cours d’une série de concerts réunissant Survivor et Night Ranger. Il y a une véritable complicité entre nous quand il s’agit d’écrire des chansons pour Black Swan.

Pourquoi « Black Swan » ? Qui a choisi le nom du groupe ?
Reb affirme qu’en discutant avec Kip Winger à propos du nom à choisir, Kip aurait suggéré « Black Swan » ! Nous l’avons tous aimé et adopté. C’est un excellent nom de groupe et nos pochettes sont de vraies « tueries » !

Quel a été le processus de ce deuxième album créé durant la pandémie ?
Nous devions contractuellement enregistrer un autre disque après Shake The World mais honnêtement, je pense que nous espérions tous que la pandémie finirait assez rapidement ce qui n’a pas été le cas. Le covid n’a pas facilité les choses, cependant nous avons quand même réussi à faire un excellent disque. Jeff et moi vivons l’un près de l’autre, donc ce n’était pas un problème pour me rendre à son studio. Matt vit dans le Connecticut et Reb à Pittsburgh (Pennsylvanie) mais nous avons quand même réussi à fonctionner à distance. Jeff et moi avons travaillé sur la pré-production et enregistré les voix principales, ensuite mon fils Casey est venu ajouter les chœurs comme il l’avait fait auparavant sur Shake The World.

Combien de temps avez-vous mis pour enregistrer Generation Mind ?
En fait, je ne m’en souviens pas. Nous avons enregistré quand Jeff avait du temps libre entre ses concerts avec Foreigner. Je pense qu’au total, cela a pris peut-être trois semaines environ ! Nous n’avons pas enregistré tous les jours. Deux ou trois fois par semaine, quand Jeff était à la maison.

Quel est le thème de la chanson-titre de l’album ?
« Generation Mind » parle de la façon dont la nouvelle génération, bien que privilégiée à bien des égards, souffre toujours de la pression séculaire des aînés. C’est une génération qui n’a pas connu l’insouciance. Le doute chez elle est permanent. Elle est en recherche d’idéaux. Avec elle, tout se passe dans l’instant présent, tout le temps. Cette jeunesse n’est jamais satisfaite. Elle est déprimée, désabusée et contrariée…

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour la chanson « Killer On The Loose » ?
Un tueur en série, une sorte de Jack l’éventreur qui a sévi impunément durant le Blitz. J’ai vu un documentaire sur le sujet. Blackout Ripper (l’éventreur du couvre-feu) a mis à profit les bombardements et le chaos qui régnait durant la Deuxième Guerre mondiale dans la capitale (sans abris, alcoolisme, prostitution, pillage, crimes…) pour assassiner et mutiler plusieurs femmes. Ce prédateur a donné du fil à retorde aux enquêteurs de l’époque à Scotland Yard. Beaucoup de gens semblent vraiment aimer ce morceau.

Y a-t-il une chanson qui, selon toi, représente le mieux le groupe ou un titre dont vous êtes le plus fier ?
Je pense que Black Swan a développé un son qui nous ressemble, même après seulement deux enregistrements. Nous aimons les mélodies fortes, les gros refrains, les accroches mémorables. C’est vraiment un son global que nous aimons plutôt qu’un morceau en particulier.

La plupart des chansons durent plus de cinq minutes. Était-ce délibéré ?
Je ne sais pas à quel point c’était intentionnel. Nous ne voulions tout simplement pas terminer certaines pistes. (rires)

Est-il juste de dire que les chansons de Generation Mind marquent un retour aux années ‘80 (Winger, Dokken, les racines de MSG…) avec une production moderne ?
J’ai entendu des gens dire ça. J’ai écrit les mélodies en écoutant les musiques composées par Jeff et Reb et je n’ai vraiment pas pensé à nos anciens groupes. Jeff est un excellent producteur et le résultat final est définitivement frais et puissant. Nous ne pourrions pas être plus satisfaits. Je suppose qu’il faut s’attendre à ce que certaines des influences de nos groupes précédents finissent par s’infiltrer dans une chanson ou deux, mais après tout c’est notre ADN.

Je suppose que tu as envie mais pas le temps de tourner avec ces gars mais les fans peuvent-ils espérer des dates en 2022 ?
La question à un million de dollars ! Nous aimerions bien sûr avoir l’opportunité de jouer en live. En fait nous sommes tous d’accord pour dire qu’une participation à un festival serait le plus logique. Nous devons juste ne pas être sur la route avec nos projets/groupes respectifs pour que cela puisse se concrétiser ou alors qu’un promoteur vienne nous voir avec une proposition parfaite (quelle qu’elle soit). C’est un peu frustrant de penser que l’on ne peut pas défendre nos albums en public pour le moment.

Quels morceaux de Generation Mind aimerais-tu jouer en live et pourquoi ?
Tous !

Tu as poussé tes cordes vocales jusqu’à la limite sur ce dernier disque. L’âge ne semble pas avoir d’emprise sur toi. Alors, pourquoi as-tu été absent pendant près de deux décennies ?
En fait, j’ai été très occupé. J’ai décidé de rester auprès de ma famille lorsque nos jumeaux sont nés en 1999. J’ai chanté avec Survivor pendant environ six ans. J’ai ensuite travaillé en résidence à Las Vegas sur le show Raiding The Rock Vault qui a été élu le meilleur spectacle de Vegas au cours des sept dernières années. On a donné 1500 représentations, 5 nuits par semaine et parfois 6 nuits. Enfin, il y a eu le Michael Schenker Fest (2016), le disque et la tournée.

Justement, comment se passe la nouvelle tournée avec MSG ?
Je viens de rentrer d’Europe après la tournée mondiale marquant les cinquante ans de carrière de Michael. Nous avons reçu des critiques incroyables et j’ai passé du bon temps avec tous les musiciens. Je vais faire d’autres festivals avec eux fin juillet en Suède et au Royaume-Uni. J’ai vraiment hâte d’y être.

On célèbre le trente-cinquième anniversaire de Perfect Timing (McAuley Schenker Group). Quel souvenir gardes-tu de ce disque ?
Waouh !!! Trente-cinq ans…. Produit par Andy Johns, il marque ma première collaboration avec Michael. Nous sommes arrivés sur MTV, VH1 et de nombreuses radios aux Etats-Unis, ce qui était l’objectif de notre label et de notre management. Cet album est représentatif de son époque.

Tu as aussi participé au projet du Circle Of Friends pour Escape Music. Tu chantes sur deux pistes de l’album The Garden (lire notre chronique ici). Que peux-tu nous en dire ?
Quel honneur d’être sur un disque avec autant d’artistes talentueux (Note : Doro, Robin Beck, James Christian, Jeff Scott Soto,…). Khalil Turk d’Escape Music m’a contacté pour me proposer de chanter sur deux chansons et quand j’ai vu qu’il les avait incluses sur l’album Circle of Friends, j’étais super excité. « Alone » est une belle chanson mélodique et j’ai eu un commentaire positif pour mon interprétation de « Don’t Fear The Reaper » de la part de Buck Dharma de Blue Oyster Cult. J’ai été heureux de lire ça.

Les critiques de ton dernier disque solo Standing On The Edge ont également été très bonnes. T’attendais-tu à ces retours unanimes ?
L’accueil pour mon album solo fut incroyable, et non, je ne m’y attendais vraiment pas ! Je suis sur le point de commencer à enregistrer la suite. Je suis béni et tellement reconnaissant.

As-tu encore des contacts avec Frankie Sullivan et as-tu enregistré des morceaux inédits avec Survivor ?
Je n’ai pas parlé à Frankie depuis un certain temps, et oui nous avons enregistré de nouvelles chansons durant mon passage au sein du groupe. Mais pour le reste, il faut poser la question à Frankie.

Robin McAuley

A part la musique, quels sont tes hobbies ?
J’aime ma vie de famille et tout ce qui s’y rapporte. J’aime aussi le jardinage, et les balades plein air.

Si je te demande de résumer ta carrière en cinq morceaux, des morceaux que tu as écrits ou contribués à créer ?
Hummm ! Je suppose que je choisirais les chansons dont le public se souvient le plus comme « Gimme Your Love », « Anytime » ou « When I’m Gone ». Il y a aussi « Teach Me How To Dream » extrait d’une bande originale de film écrite par David Foster ainsi que la reprise de « Stairway to Heaven » de Far Corporation qui a été un énorme succès pour nous !

Quels sont tes prochains projets ?
Je travaille avec le compositeur italien Maxx Di Carlo sur quelque chose de très différent pour moi et totalement épique. Je pourrai en dire davantage bientôt à ce sujet…

Un troisième album de Black Swan est-il envisageable ?
Ce n’est pas en projet, mais je crois que nous avons encore des choses à dire !

Quel est le premier concert de rock que tu as vu ?
Thin Lizzy !

Le premier album acheté ?
Cosmo’s Factory de Creedence Clearwater Revival !

Qui a été ton premier héros ?
Mon père !

Ton album préféré. Le numéro un ultime ?
Aucune idée ! Tout simplement parce que j’ai beaucoup d’albums préférés et selon mon humeur je change mon ordre de préférence…

Ma dernière question. Qu’est-ce qui rend Black Swan spécial ?
Chaque membre du groupe et ce que nous apportons au son caractérisant Black Swan.

CHRONIQUE ALBUM

BLACK SWAN
Generation Mind
Hard rock
Frontiers Records

 

 

Musicalement, Robin McAuley et ses camarades sont toujours inspirés et rageurs. animés par la même flamme éternelle. Et Generation Mind est avant tout un album de guitare. Reb Beach s’est fait et nous fait plaisir sur les douze plages hautement électriques. Le six-cordistes de Winger et de Whitesnake délivre des intros, des riffs tranchants et des soli brillants. McAuley démontre toute l’étendue de cette fabuleuse voix s’accordant parfaitement avec la musique pêchue et aux accents vintage de Black Swan. A la section rythmique, Matt Starr (Ace Frehley, Mr. Big) fournit la puissance et la vitalité alors que Jeff Pilson (Foreigner, The End Machine) apporte tout le groove nécessaire pour créer une parfaite alchimie pendant l’écoute de cet authentique album de hard-rock. [Philippe Saintes]