COBRA THE IMPALER : Le serpent siffle toujours deux fois…

Remarqué en 2022 par son premier album Colossal Gods et la présence à l’origine d’un certain Dirk Verbeuren (Megadeth, ex-Soilwork, ex-Aborted, ex-Artsonic…) derrière les fûts, Cobra The Impaler réunissait déjà tous les ingrédients pour nous faire succomber aux délicieuses tentations du stoner, sludge, deathcore, et metal progressif, dépassant les simples frontières de sa Belgique natale. Deux ans plus tard, le quintet flamand muscle son jeu et récidive avec l’excellent Karma Collision. [Entretien avec Thijs De Cloedt alias « Tace DC » (guitare) par Seigneur Fred – Photos : DR]

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Comment vas-tu depuis notre dernière interview ? C’était en 2022 pour la promotion de votre premier album. Es-tu un peu fatigué après l’enregistrement de ce nouvel album Karma Collision, et tranquille maintenant que les dés sont jetés, ou bien plutôt excité ?!
Je suis vraiment excité par le nouvel album. Ce fut un parcours assez intensif pour le réaliser, donc un peu fatigué aussi. Mais j’écris toujours des riffs et esquisse des chansons, essentiellement depuis que nous avons terminé le premier album. Après les festivals d’été (août 2023), j’ai commencé à travailler intensivement sur l’écriture du nouvel album. J’ai fait des démos pour douze chansons, dont dix composent l’album. À l’automne, nos chanteurs ont commencé à écrire des lignes vocales sur mes démos une fois terminées. Je pense que nous avons commencé à enregistrer fin décembre. Nous avions un délai strict pour tout terminer car nous voulions vraiment que cet album arrive avant l’été 2024. Donc que de longues journées et nuits… ! (rires) On a travaillé presque six mois à temps plein sur ce disque. Et je suis vraiment fier du résultat final.

Les critiques et les réactions des médias, de la presse spécialisée (dont notre note à Metal Obs : 4/5) et du public ont été plutôt bonnes en général à propos de Colossal Gods ! C’est plutôt bien pour un démarrage, non ?
Oui, dans l’ensemble, nous avons reçu de bonnes critiques et le respect de la presse, des professionnels, c’est quelque chose que nous apprécions vraiment. Merci encore pour votre avis d’ailleurs.

Avez-vous pu jouer toutefois live Colossal Gods et tourner après sa sortie pour le défendre sur scène autant que possible ? En Europe ? En Amérique ou ailleurs peut-être ?
Pas en 2022. Nous espérons à présent tourner autant que possible et apporter à la fois le nouvel album et l’ancien. Cependant, on a vécu un été 2023 de folie avec comme temps forts les festivals Hellfest, Summerbreeze, Bloodstock, Metal Days et Dynamo. Et des tournées sont prévues dans tous les cas dans un avenir proche pour présenter notre musique à un public international.

Dirk Verbeuren est-il toujours membre officiel de Cobra The Impaler, ou bien simple batteur honoraire et intérimaire en raison de son travail dans Megadeth et de ses nombreux side-projects (Bent Sea, Cadaver, Brave The Cold, etc.), car j’ai cru comprendre qu’Ace Zec est votre batteur officiel sur le nouvel album Karma Collision ?
Non il n’est plus membre. Après avoir sorti Colossal Gods, j’ai rassemblé un line-up pour faire vivre l’album sur scène. C’était génial de retrouver Dirk musicalement après toutes ces années (depuis Goremageddon d’Aborted). Dirk est évidemment très occupé et ne pourrait donc jamais s’engager. Je voulais que Cobra soit un véritable groupe, pas un projet avec des musiciens de session. Après avoir effectué quelques changements de line-up et trouvé les bonnes personnes, j’ai finalement réuni ce line-up actuel époustouflant. Ace Zec, en plus d’être un incroyable batteur, avait également produit Colossal Gods et ce nouvel album. Il joue tellement bien en live, avec beaucoup de groove et de sensations, des tonnes de dynamique. C’était une évidence de l’avoir comme membre pilier et évidemment comme batteur sur le nouvel album. Il a fait un job fantastique ! Ce n’est jamais facile d’être le successeur de Dirk Verbeuren mais il a parfaitement réussi. (sourires)

Karma Collision sort donc bientôt. Vous avez été très productif et plutôt réactif pour créer et enregistrer si rapidement un ce second album studio, deux ans après Colossal Gods. Avez-vous été très inspiré ou peut-être que certaines chansons proviennent de la session studio de Colossal Gods ?
Il y avait quelques riffs que je n’avais pas utilisés sur l’album Colossal Gods, en effet, mais pas beaucoup. J’écris toujours des tonnes de riffs. Nous étions très impatients de sortir le successeur de notre premier album deux ans plus tard. On souhaite poursuivre sur cette lancée.

C’est drôle, car quasiment à la même période au printemps, un autre groupe du catalogue de votre label Listenable Records sort également son nouvel album intitulé Killing Karma. Il s’agit des Allemands de Disbelief, or le vôtre s’appelle Karma Collision. Est-ce une pure coïncidence et crois-tu au karma dans votre vie, personnellement ? (sourires)
C’est une pure coïncidence. Laurent Merle (Ndlr : patron de Listenable Records) l’avait mentionné mais nous n’avions pas envie de changer le titre pour cette raison, groupe différent, genre différent. Nous pensons que Karma Collision est un titre fort et qui couvre en quelque sorte tout ce que cet album représente. Personnellement, je crois au karma, oui. Cela arrive dans la vie. Prends le corono virus par exemple, c’est du pur karma pour l’humanité qui détruit la nature depuis des décennies…

Peux-tu alors nous expliquer ce choix de titre d’album justement : « Karma Collision » par rapport à l’œuvre. Quelle est sa signification ici, surtout que c’est toi qui as réalisé l’illustration de l’artwork, je crois ?
J’ai fait l’illustration, oui, comme sur le premier disque. Il m’a fallu du temps pour réaliser le design. On peut presque comparer cela à faire de la musique. (rires) Cela part d’une idée ou d’un concept de base et j’ai assemblé le tout. J’aime que le spectateur/auditeur découvre des choses dans notre musique et nos œuvres d’un point artistique plus global. Il y a plusieurs couches en fait…

Une fois de plus le son du nouvel enregistrement est génial ! Beaucoup de travail au niveau des instruments (guitares, batterie…) mais aussi sur les différents chants (chant clair, harsh) et des superbes chœurs. Il y a tellement d’informations qui se produisent qu’il est difficile d’apprécier toutes les parties tellement c’est riche, mais votre son met en avant tout cela. C’est toi, Tace DC, qui a encore enregistré Karma Collision et combien de fois (semaines, mois…) as-tu passé en studio au final ?
Nous avions un délai très strict pour réaliser cet album, à cause de la date de sortie. Il nous a fallu environ six mois pour réaliser l’album. J’ai commencé en septembre à concrétiser toutes les idées dans des démos. Les préproductions vocales ont commencé vers octobre/novembre 2023. L’enregistrement de la batterie a commencé en décembre, de même pour les guitares et le chant, nous avons enregistré jusqu’à fin février. Le mois de mars se mélangeait. J’ai écrit toutes les chansons. James a enregistré la majorité des guitares rythmiques, nous avons suivi chaque chanson en quad, ce qui prenait vraiment beaucoup de temps. J’ai fait tous les licks, overdubs et leads.

Le premier morceau « Magnetic Hex » de l’album est très ample et dynamique, et on y retrouve toutes vos influences et atouts : des riffs mélodiques en introduction, des leads de guitare, beaucoup de breaks, différents types de chant. Et musicalement, c’est riche : du sludge, du post metal, du metal progressif, du metalcore et du thrash metal avec des parties galopantes dans la seconde moitié du titre qui m’a rappelé le thrash metal old school de Metallica qu’on retrouve dans leur dernier album 72 Seasons. Alors, c’est un peu tout ça Cobra The Impaler : un melting-pot de haute qualité avec vos propres atouts ? (sourires)
Tous les genres que tu as mentionnés sont des genres que nous aimons tous. Il y a définitivement des influences thrash dans la section centrale de ce single. Ça fait penser aux vieux Metallica et Megadeth, oui. Ce qui nous différencie des groupes de genre (par exemple thrash), c’est que nous ajoutons des voix plus mélodiques, plus la façon de chanter d’Alice In Chains, des chœurs, au lieu d’ajouter des voix thrash typiques. Nous aimons expérimenter et sortir des sentiers battus.

Mais votre premier single extrait de Karma Collision est en fait « The Message ». Pourquoi avoir choisi cette autre chanson ? Est-ce le label qui a décidé de sélectionner cette chanson comme premier single de l’album pour le clip que vous avez tourné ? Et y a-t-il un message écologique ici car on voit du sol et des vers ou des poulpes au premier plan si j’ai raison ?
C’est en fait notre manager qui nous a proposé cette chanson. Disons que c’est une bonne façon de lancer cette campagne d’album. Simple, plongeant directement. Il y a toujours des thèmes de l’Homme contre la nature dans notre musique, oui.

Certains définissent votre style de musique comme du metalcore ou du metalcore progressif, mais j’y trouve plus de point commun avec le sludge/djent et le thrash, et le metal progressif moderne en général, par exemple. Quelle est ton opinion ou bien tu t’en moques pas mal, et détestes les étiquettes musicales comme certains artistes ?
Pour être honnête, je n’aime pas les étiquettes, même si chacun est libre de nous dire à quoi notre musique nous rappelle. On est influencé à la fois par des groupes classiques comme Metallica Judas Priest, mais aussi par des plus vieux groupes comme Led Zeppelin et Thin Lizzy. Il y a aussi des inspirations death metal là-dedans, comme Morbid Angel. Donc c’est très diversifié par moment.

Quels souvenirs gardes-tu de vos concerts aux festivals d’été en 2023 : Hellfest en France, et Alcatraz en Belgique, votre propre pays ? Cela a dû être quelque chose, surtout quand on démarre un nouveau groupe comme toi même si tu as de l’expérience ?
Le Hellfest était absolument incroyable. En plus, en ouverture de la scène principale, le même jour qu’Iron Maiden ! Nous avons eu une belle et grande foule, ce qui était un peu surprenant à cette heure de la journée. La réponse a été excellente. Les points forts en festivals furent assurément le Hellfest, mais aussi le Summerbreeze, le Bloodstock et le Dynamo en plein air. Et nous rejouons à Alcatraz cet été, un super festival en Belgique !

Enfin, quels sont vos projets maintenant en 2024 avec Karma Collision ? Conquérir le monde et se préparer à succéder à Mastodon lorsqu’ils partiront en retraite, comme Slayer en 2019 (avant de revenir live pour trois shows cette année enfin) ? (rires)
J’espère vraiment qu’ils ne prendront pas leur retraite de si tôt, Mastodon, pour qu’on puisse faire une tournée quand même avec eux d’ici là ! (rires) Notre objectif en 2024 : jouer autant que possible, c’est ça notre but Et on veut vraiment nous concentrer sur la France, l’Allemagne et d’autres pays européens.

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