CORPUS DIAVOLIS : Hail Satan !

Satan est de retour pour nous jouer un mauvais tour. « Si vous aimez l’ésotérisme satanique ou le zen-satanisme tantrique, prenez une dose de vos élixirs préférés, puis écoutez Elixiria Ekstasis afin de vous laisser absorber… On est sur Terre pour un court voyage, alors profitez-en ! Gloire à Satan ! » dixit Daemonicreator, la voix des Français de Corpus Diavolis. Rien de mieux donc que les paroles du Malin pour nous en dire un peu plus sur ce cinquième projet occulte baptisé Elixiria Ekstasis, trois ans après Apocatastase. [Entretien avec Daemonicreator (chant) par Louise Guillon – Photos : DR]

Comment vous sentez-vous à quelques jours de la sortie de votre nouvel album ? Que cela symbolise-t-il pour vous ?
Sortir un album est comme faire un enfant. C’est très plaisant quand on le fait, mais une fois accouché il faut s’en occuper et lui trouver une place dans le monde… Évidement ça fait plaisir de l’avoir entre les mains, l’objet est sublime, surement plus qu’un bébé ! On va à présent le défendre. Elixiria Ekstasis est un album absolument génial, tout le monde devrait l’écouter. Et pas juste une écoute superficielle, mais une étude approfondie des textes et de la musique. Si vous l’écoutez ivres, avec de l’herbe ou avec des champignons magiques, alors c’est encore mieux.

On ressent un immense travail derrière cet album. De fait, je souhaitais vous demander quelles sont vos aspirations, vos envies à la suite de ce nouvel album ? Avez-vous un projet musical plus global, ou un projet de tout ordre que vous souhaiteriez entreprendre ? Ou bien au contraire est-ce pour vous le moment de reprendre votre souffle et de faire une petite pause ?
Cela fait déjà neuf mois que l’album est prêt et nous étions en gestation, en attente que notre créneau dans l’agenda du label arrive. Le travail ne s’arrête jamais, à présent il faut s’occuper de la promotion, de trouver des concerts, de faire en sorte que notre bébé ne se noie pas dans le déluge incessant de sorties. Nous avons également d’autres projets, bien sûr, personnellement je suis très occupé avec Haiku Funeral et Antelogos. Mais concernant Corpus Diavolis, la prochaine étape est naturellement de faire un nouvel album.

Quel est votre parcours avant la musique ? Qu’est-ce qui vous a amenés à créer Corpus Diavolis (son identité, ses inspirations) ?
Corpus Diavolis a été créé en 2008. Avec un seul et même objectif que nous avons toujours – glorifier le Prince de ce monde – Satan. Ce n’est pas un simple groupe de musique, mais un vaisseau qui propose un voyage initiatique, à travers une approche cérémoniale envers l’illumination et la conscience spirituelle satanique. Notre parcours et notre vie en dehors Satan n’a aucune importance. Le black metal a toujours été un excellent outil pour diffuser et découvrir des concepts philosophiques et ésotériques. La plupart des gens se contentent d’écouter la musique, mais certains, comme moi, sont suffisamment curieux pour aller plus loin et faire des recherches sur les sujets abordés – acheter des livres, rejoindre d’autres praticiens, fonder leur propre culte… C’est formidable de voir à quel point la scène ésotérique est florissante et que de plus en plus de gens prennent conscience des enseignements qui peuvent améliorer leur vie. Je vous conseille de vous intéresser également à l’Alliance Mystique de Satan Glorifié et notre revue La Voix de Satan, qui développent des sujets artistiques et spirituels au-delà qu’un album de musique le pourrait.

Pourquoi avoir choisi Kerbcrawlerghost pour la réalisation de l’artwork de l’album ?
Le style de Kerbcrawlerghost est raffiné, sensuel et en même temps brutal et blasphématoire. Il représente parfaitement l’esprit de l’album, brutal et atmosphérique à la fois. Comme une tempête ou un acte sexuel. La beauté entre deux déluges de passion. Le visuel est frontal et sincère, il a des couilles… littéralement… même si c’est les seins et la chatte qui ressortent. Il ne laisse pas indifférent. L’image montre une femme nue, portée par la masse de gens. Des gens qui la vénèrent, mais qui sont voilés et dans leur hypocrisie refusent d’admettre la puissance de sa nudité. Cette femme est la puissance de la sexualité féminine. Elle nous regarde droit dans les yeux, elle lève haut son calice, rempli du venin de la sagesse et le sang de l’extase, contemplée par le grand bouc du désir. Probablement moi-même !

Est-ce que la collaboration avec LADLO a changé quelque chose dans votre carrière ?
Nous avons été adoptés dans la famille de l’Ombre et pour le moment ils comblent toutes nos attentes. À savoir, faire connaitre au monde le bon message satanique qu’on leur délivre.

Un coffret est paru chez LADLO pour votre précédent album, serait-ce le cas pour Elixiria Ekstasis ? (Si oui ou non), pour quelle(s) raison(s) ?
Il n’y aura pas de coffret cette fois-ci, mais un double LP en version marbré et classique ainsi qu’un digipack assez sublime. Pour ceux qui souhaitent acquérir un coffret, il en reste des exemplaires et le rituel fonctionnera également avec le nouvel album.

Comment faîtes-vous pour ne pas tomber dans le kitsch du black metal ?
Je pense qu’on fait tout pour y tomber, du moins visuellement. Mais d’abord, qui est-ce qui définit la mode et puis le kitch dans le black metal ? Nous respectons les codes de la tradition tout en y rajoutant notre touche. Musicalement, on se démarque de l’actuelle tendance « post-black » en restant très brutal avec des vrais riffs, riches en mélodies sombres et dissonantes. Quelque chose qui a le parfum de la fin des années 90/début 2000, mais sublimé par l’aura des ambiances liturgiques et cérémonielles. On se prend des tempêtes de blasts pour ensuite plonger dans des passages liquides et immersifs, quasi psychédéliques.

Votre musique transcrit une réelle ambiance, vraiment particulière et unique. Quel défi cela peut-il représenter pour vous en live de retranscrire une telle émotion ?
Aucun souci pour nous de délivrer une messe noire, véritable et possédée, c’est quelque chose que nous avons l’habitude et pas uniquement en musique. On vie cette pratique. Le véritable défi reste le budget. Notre musique reste une niche et underground, ce n’est pas toujours évidant d’avoir accès à une scène et une sonorisation adéquate. Mais peu importe la perfection, si les gens dans la salle sont possédés, l’énergie commune fait que l’ambiance y sera.

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