Si Feuerschwanz, le combo de folk metal allemand, ne s’est pas encore vraiment imposé dans l’Hexagone pour le moment, et ce, malgré une pré-sélection à l’Eurovision pour représenter leur pays qui les a fait davantage connaître à l’échelle européenne, ils ont joué cependant à Paris pour la première fois l’année dernière le 29 novembre 2024 aux côtés d’Orden Ogan et Dominum. Outre-Rhin, ils rencontrent un joli succès pourtant, avec un solide parcours derrière. Formé en 2004 dans la région d’Erlangen, en Bavière, la formation teutonne possède la particularité de d’avoir en son sein pas moins de huit membres, dont quatre musiciens, deux chanteurs et surtout deux danseuses qui se font appeler les « miezen », devenues récemment les « schildmaiden ». Le groupe n’a pas moins de douze albums à son actif et a pendant de nombreuses années pratiqué un chant dans la langue de Goethe accompagné de textes plutôt jovial d’inspiration médiévale, faits pour chanter et danser. Il faut dire qu’au tout début ils pratiquaient un folk médiéval à couleur humoristique destiné aux fêtes moyenâgeuses très populaires en Allemagne, ayant lieu principalement dans des châteaux historiques. Ils se sont progressivement détournés de ces racines médiévales folkloriques pour prendre une direction beaucoup plus sérieuse et surtout plus metal…
La signature avec le prestigieux label autrichien Napalm Records en 2019 et la sortie en 2020 de Das Elfte Gebot va être décisive pour eux, s’orientant vers un folk metal grandiloquent très accrocheur en utilisent la langue de Shakespeare par moment, un titre étant pour la toute première fois chanté en anglais. Adoptant alors un look de chevaliers tout droit issu du Moyen-Âge sur scène avec tous les clichés du genre dignes des Visiteurs, ils proposent des shows de plus en plus impressionnants mettant en avant des combats, des danses et du feu ! Ce revirement musical, tout en conservant leurs racines donc, leur permettra de s’ouvrir à l’international, là où ils étaient restés cantonnés à l’Allemagne pendant de nombreuses années. S’en suivront des albums dernièrement comme Memento Mori 2021, Fegefeuer 2023 , Warriors (en anglais) en 2024. Leur treizième opus Knightclub a tout juste déboulé dans les bacs cet été 2025. Le chant en anglais est de plus en plus présent même si les textes en allemand demeurent prépondérants, on assiste en réalité à une fusion des deux styles qui fonctionne parfaitement. Pas de doute, avec Knightclub, Feuerschwanz est en passe de s’imposer comme un des leaders mondiaux du folk metal européen, il suffit d’écouter l’excellente chanson-titre “Knightclub“ avec Dag-Alexis Kopplin du groupe de hip-hop allemand SDP sur leur premier single, ou bien le superbe “Valhalla“ aux cotés de la belle Doro Pesch (ex-Warlock) et Gavin Dunne (Miracle Of Sound) pour s’en convaincre. C’est donc très varié ici, on pourrait presque parler de « variété metal », le tout étant soutenu par de magnifiques clips très épique dans un esprit très cinématographique avec des duels digne de Braveheart de Mel Gibson , c’est du grand art vous serez emporté littéralement dans un tourbillon sonore impressionnant et très catchy. Le captivant “Gangnam Style“ le second extrait de Knightclub ou “Sam The Brave » le tout nouveau single inspiré directement par John Ronald Reuel Tolkien et sa célèbre saga ne sont pas en reste.
Ajouté à cela la pochette signée Peter Sallai (Powerwolf, Sabaton, Saxon, Hammerfall) et vous avez là un cocktail explosif redoutable près à conquérir de nouvelles terres encore inconnues, le glaive à la main. A noter aussi l’excellent “Lords Of Fyre“ en duo avec Chris « The Lord » Harms de leurs camarades de label, Lord Of The Lost, duo qui figure aussi sur le dernier opus des perdants de l’Eurovision 2023, Opvs Noir Vol. 1. Ils tourneront d’ailleurs ensemble en octobre prochain. Citons en outre “Avalon” et son intro à la flute allié à un refrain imparable, le superbe “Testament“, des morceaux toujours très puissants et mélodiques avec des chœurs ravageurs, le violon présent à chaque instant comme sur le festif ou “Drunken Dragon“, la vielle à roue, le bouzouki, ou la cornemuse se mariant aussi parfaitement avec les riffs puissants de guitares présent sur chaque chanson, et les lead parfaitement orchestré par le très talentueux guitariste. Hans Platz “Eisenfaust“ en est un bel exemple. Le tubesque “Name der Rose” qui vous envoûte les neurones sans jamais plus vous lâcher. Knightclub constitue un monde à part entière pour les fans de contes héroïques, de fête totale, de combats épiques, de chœurs grandiloquent. Feuerschwanz, c’est tout simplement une expérience unique qui se vit de manière intense. Nos vaillants guerriers confirment avec cette galette qu’ils font partie des meilleurs dans le style, derrière les plus modestes In Extremo et Skyclad en déclin. Que le combat commence ! Un must have de folk metal à se procurer d’urgence ! [Pascal Beaumont]
INTERVIEW de FEUERSCHWANZ à retrouver ici bientôt !!

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