GREENLEAF : Têtes en l’air

Le neuvième album des Suédois fête les vingt-cinq ans de carrière de Greenleaf, la tête en l’air ! Mais loin d’être à l’ouest, nos quatre Scandinaves sont bien plantés dans le sol grâce à la lourdeur de leur délicieux rock stoner. Apprêtez-vous à lire le journal d’un patient hanté par ses tocs, et ses pensées répétitives en plongeant dans The Head And The Habit. Entêtant, Greenleaf l’est assurément, et ce, à tous les niveaux. [Entretien avec Arvid Hällagård (chant) par Marie Gazal – Photos : DR]

Tout d’abord, peux-tu te présenter, ainsi que le groupe ?
Je suis Arvid Hällagård, chanteur et parolier. Greenleaf est un groupe composé de quatre personnes. Nous faisons de la musique rock. Les personnes qui portent des jeans, des gilets et des barbes, apprécient généralement nos humbles efforts… (sourires)

The Head And The Habit est votre neuvième album en vingt-cinq ans de carrière. Qu’est-ce qui a le plus changé pour vous en tant que groupe ?
Quand nous avons débuté Greenleaf, c’était plus un projet récréatif. Maintenant, nous y consacrons tout notre temps et nos tournées.

Comment écrivez-vous votre musique ? Avez-vous expérimenté d’autres méthodes cette fois pour le petit nouveau The Head and the Habit ?
Pour les cinq derniers albums, nous avons procédé de la même manière. Tommi (Holappa, le guitariste), arrivait avec des idées de riffs et ensuite j’écrivais une mélodie qui collait au riff. Ensuite, ensemble, on essayait les idées dans notre salle de répétitions. Nous passons un temps fou à trouver des arrangements pour faire tout tenir. En studio, nous essayons ensuite d’enregistrer tous en même temps, le plus possible, puis on ajoute d’autres guitares et vocaux. Je crois que l’enregistrement, c’est vraiment comme cuisiner un gâteau. Tu as toujours besoin d’une cerise dessus !

D’où vient votre passion pour ce hard rock des seventies et le proto metal ?
En grandissant avec ce type de musique, je suppose. C’est aussi un style très satisfaisant à jouer en live. Le groove nous habite et la lourdeur nous fait paraitre bien plus cool que ce que nous sommes réellement ! (rires) Et dans notre cas, c’est une très bonne chose ! (sourires)

À part Greenleaf, vous avez le temps de faire autre chose ?
Je joue dans deux autres groupes à côté : Pools, une sorte de folk pop ; et Young Acid, plus punk/rock’n’roll avec des thématiques d’écriture bizarres. Je travaille en tant que graphic designer parfois et même en tant qu’assistant social. Pour les hobbies, je m’entraine beaucoup à la salle et je joue parfois aux jeux vidéo !

Toutes les paroles de The Head and The Habit ont été inspirées par ton expérience d’assistant social. Tu peux nous en dire plus justement ?
Dans mon travail d’assistant social, je suis amené à rencontrer plein de gens qui ont des problèmes psychologiques. Je trouve que leurs difficultés et manières de penser sont très intéressantes. C’est ce qui m’a poussé à écrire à ce sujet. Toutes les boucles mentales qu’ils ont, les habitudes qui ont pris possession d’eux-mêmes…

Tu as également fait la pochette de l’album ?
Oui, j’ai essayé de créer quelque chose qui convenait bien aux images que j’avais dans la tête quand j’écrivais les paroles… C’est comme un chemin qui se dirige droit vers le cerveau.

À propos du vidéo clip adorable de « Breathe, Breathe Out », la vidéo performance que vous vouliez ne se passe pas exactement comme prévu ! Comment ça s’est fait ?
Nous devons remercier Peder Bergstrand, le créateur de la vidéo, pour ça. Toute l’idée lui revient. Son humour décalé et marrant va super bien avec nos goûts quand on doit parler de vidéos musicales. C’est très important pour nous de ne pas tout prendre au sérieux dans notre musique avec Greenleaf.

Peux-tu nous parler de la chanson « Different Horses » et aussi de ce que ça fait de devenir un centaure dans le clip ? (rires)
J’adore ma vie de centaure. Courir pour aller au boulot est tellement plus rapide comme ça ! (rires) Les paroles de « Different Horses » traitent d’une personne à laquelle il a été diagnostiqué un cancer, mais évidemment en faisant la vidéo, on a perdu tout ce sens premier.

Et si tu devais retenir un morceau de votre album ?
« The Obsidian Grin » est une prise faite au studio dont je suis vraiment fier. J’adore qu’on ait eu les couilles de mettre un morceau comme ça sur l’album. C’est une belle pause parmi toute cette lourdeur.

Publicité

Publicité