HELLOWEEN : Giants & Monsters

Giants & Monsters - HELLOWEEN
HELLOWEEN
Giants & Monsters
Power metal
Reigning Phoenix Music

Depuis que les illustres vétérans Michael Kiske (chant) et Kai Hansen (guitare/chant) ont rejoint Helloween en 2017, portant ainsi le combo allemand à sept membres avec pas moins de trois guitaristes et trois chanteurs, leur route a été parcourue de succès, enchaînant les tournées aux quatre coins du globe, jusqu’à la sortie en juin 2021 de l’album éponyme histoire de marquer le retour des deux ex-membres au bercail. Helloween fut petit chef d’œuvre de heavy metal, prétexte à se produire sur scène pendant près de quatre ans, aboutissant en 2024 au fantastique album live sobrement intitulé Live at Budokan (tiens donc, comme un certain Dream Theater)… Pour cette année 2025, la formation originaire de Hambourg fête son quarantième anniversaire, ce qui n’est pas rien. Alors pour l’occasion, le line-up historique nous propose un nouvel opus intitulé Giants & Monsters, second depuis la reformation et dix-huitième album studio depuis les débuts de nos citrouilles allemandes. D’entrée, on est plongé dans leur univers avec « Giants On The Run », tube mélodique et accrocheur à souhait où les voix de Kiske, Hansen et Andi Deris font encore des merveilles. Michael Kiske brille de mille feu sur « Savior Of The World », se permettant des montées dans les aiguës d’une pureté impressionnante à son âge (écoutez le refrain et vous comprendrez !). Contrairement à d’autres chanteurs ,que ce soit dans le metal ou d’autres styles, sa voix n’est aucunement altérée par les années. Tout ici respire l’harmonie musicale, dans un parfait équilibre, on sent immédiatement à travers ces dix morceaux un groupe épanoui et heureux de jouer ensemble, malgré les années et différends. Helloween nous propose une sorte de best of du meilleur cru. Le premier single, « A Little Is A Little Too Much », très catchy avec un clavier typée années 80 (leur période faste), s’avère redoutablement efficace et accrocheur, lié à un clip vidéo très humoristique des plus réussis. Encore une fois, Helloween est au diapason et se fait plaisir avec son sens de l’humour.

Bien sûr, des morceaux épiques et plus développés comme ils savent si bien le faire, sont de la partie comme « Universe (Gravity For Hearts) » et « Majestic », deux petites merveilles où les envolées lyriques sont légion dans une ambiance atmosphérique progressive nous ramenant à l’époque des deux Keepers of the Seven Keys. Chaque passage met tour à tour en valeur les musiciens et chanteurs. Cette fois ci une balade nous est proposée avec « Into the Sun », un très beau duo vocal accompagné de piano et cordes où le tandem Kiske/Deris font des étincelles, enfin dans le bon sens du terme ici. Le heavy/speed ou power metal est à l’honneur avec « We Can Be Gods » sur lequel les trois guitaristes s’en donnent à cœur joie, tout comme avec « Hand Of God » dans une veine plus sombre cependant. La diversité musicale constitue bien la force de ce petit bijour de speed metal mélodique, style qui reste finalement le même tout en se réinventant sans cesse avec Helloween. Un autre single « This Is Tokyo » s’avère comme un hymne efficace et fédérateur. C’est aussi le premier single à proposer un hommage au Japon par le chanteur Andy Derris, pays qu’il affectionne particulièrement. A noter que l’album a été produit et mixé par Charlie Bauerfeind et Dennis Ward qui officient derrière la console depuis de nombreuses années dans les mythiques Wisseloord Studios à Hilversun (Pays Bas), studios qui ont accueilli, entre autres, Iron Maiden ou Def Leppard, Rammstein et Judas Priest. En conclusion, Giants & Monsters respire la joie de vivre et la positive attitude et ça fait plaisir dans cette drôle d’époque faite d’instabilité. Le happy Helloween est bel et bien de retour ! « Under a Moonlight » en est l’exemple parfait. Helloween s’avère être toujours le maître du genre, sans conteste, et Giants & Monsters en est l’éclatante vérité, nos citrouilles préférées signant ici un véritable tour de force en 2025 avec une belle fraîcheur. Qui aurait pensé que quarante ans après, ils seraient encore capable de nous surprendre et proposer une telle merveille ? Indispensable, géant et monstrueux, tout simplement. [Pascal Beaumont]

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