HEXORCIST : Crucificial Imprecations

Crucificial Imprecations - HEXORCIST
HEXORCIST
Crucificial Imprecations
Death metal
Invictus Productions

Ah, la Floride ! Ces plages de sable fin, ces filles en bikini qui parcourent le front de mer une glace à la main devant des immeubles prêts à être inondés par la montée des eaux liées au réchauffement climatique, ces athlètes bronzés dont les biceps pourraient rendre Schwarzy jaloux, les retraités américains qui viennent dépenser l’héritage de leurs enfants, la série TV culte Miami Vice, Cap Canaveral, Disney World…. Oubliez ces clichés, la Floride, c’est aussi un autre cliché mais musical celui-ci : la patrie du death metal (capitale Tampa) et du Morrisound studio, un état dans l’état où est sortie une vague de fond qui a dévasté la planète à la fin des années 1980/début 1990’s. Cela, Hexorcist (à ne pas confondre avec les jeunes loups suédois de Xorcist tout aussi férus de death metal, bientôt en interview sur Metalobs.com et METAL OBS TV) l’a parfaitement compris sur son second méfait, Crucificial Imprecations. Leur nouvel album sort le 31 juillet 2026. Leur tout premier effort remonte à 2021, et s’appelait Evil Reaping death, si vous l’avez peut-être manqué durant la pandémie. Pour faire simple, on peut penser que ce groupe floridien a emprunté la Dolorean de Doc Brown, remontant le temps jusqu’en 1989 et a enregistré 8 titres, vite fait bien fait, en utilisant le son de l’époque, les méthodes d’enregistrement de l’époque, les structures musicales de l’époque… Bref, du old school, vous l’aurez compris ! On a affaire à une formation qui ne jure que par les premiers Morbid Angel, qui va truffer ses morceaux de solos bien evil et dégoulinants qui partent dans tous les sens, le genre de solos qu’on n’étudiera pas dans les écoles de musique mais qu’on tentera de reproduire à la maison histoire de faire hurler sa guitare avec son vibrato. Ajoutez des vocaux blasphématoires d’outre tombe, des blast beats furieux et des riffs assassins, bien sûr !

En fait, rarement le death floridien n’aura si bien porté son nom. Alors, évidemment, si vous cherchez de l’originalité, passez votre chemin. On est vraiment ici en terrain ultra connu, ultra balisé, mais tellement bien fichu ! De l’introduction (très péplum d’ailleurs) de « Crucificial Imprecations » à « Exordium of Profanation », les trente deux minutes (pour huit titres!) font revivre les grandes heures d’un style. Oui, Hexorcist ne prend aucun risque artistique, même si le choix de proposer un son très root, quasiment celui d’une démo à l’heure des productions ultra léchées, des batteries triggées et des vocaux replacés à la micro seconde près, pourra indisposer tous ceux qui ne jurent plus que par la perfection, voire même par l’IA musicale… Aucun risque donc pour Hexorcist de ce côté-là. Juste une volonté farouche du quatuor américain de faire très mal à l’auditeur tout en revenant aux racines du genre, un véritable rouleau compresseur primitif et bestial qui ravira tous ceux qui ont vibré sur Altar of Madness ou Severed Funeral ! Hexorcist ne prend pas de gants, ne cherche pas à plaire à d’autres personnes de son public cible mais offre un vrai shoot de death metal, ni plus ni moins. Parce que mine de rien, si l’originalité n’est pas au rendez-vous, c’est sacrément bien fait et on sent une maîtrise totale de la part des musiciens, ne laissant aucun détail au hasard. Un titre comme « Emissary of Evil » est l’archétype de la brutalité de Floride, avec son chant très mis en avant (David Vincent, sors de ce corps !) et sa partie centrale qui nous laisse respirer durant quelques secondes. Mais chacun des huit morceaux dont regorge Crucificial Imprecations est fait dans ce moule. Vraiment, Hexorcist se fait plaisir et nous ravit en même temps !

Même l’artwork signé Johny Prayogi participe à la fête ! Nul besoin d’images complexes mais une illustration que n’aurait pas renié Dan « Seagrave » ou Petagno, chromatiquement divisée en deux : des couleurs chaudes représentant des hordes de démons (on ne fait pas dans le glam, bon sang) en haut, des couleurs froides en bas, le tout unifié par un personnage bien peu avenant ! Et comme si cela ne suffisait pas, Invictus Productions en profite pour rééditer le premier opus du groupe Evil Reaping Death, agrémenté de quelques titres démos ! L’occasion de voir que, si on met de côté un son encore plus root(s) (si, c’est possible), Hexorcist possédait déjà cette volonté de rester figé dans le temps, de ne pas évoluer et d’assommer l’auditeur !

Un must have si pour vous on n’avait pas fait mieux que les débuts du death metal dans la seconde moitié des années 1980 ! Ou aussi pour tout archéologue musical qui souhaiterait savoir comment tout a commencé… [Dave Saint Amour]

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