KARNIVOOL : In Verses

Avec leur premier album acclamé Themata (2005) et le révolutionnaire Sound Awake (2009), Karnivool s’est imposé comme l’une des forces majeures de la scène metal progressif moderne. Pourtant originaire de Perth en Australie, loin du Vieux-Continent et pratiquant un style musical technique et plutôt cérébral, le succès aurait pu ne pas être au rendez-vous. Mais Karnivool a plus d’une corde à son arc, outre celui primordial : le talent ! En effet, le groupe de Perth a pu enregistrer avec le producteur de légende Nick DiDia (Rage Against The Machine, Mastodon) aux Studios 301 de Byron Bay, chez eux en Australie, ce qui n’est pas rien. Résultat ? Leur précédent album Asymmetry, sorti en 2013, devint leur premier opus classé n°1, se vendant à lui seul plus que l’ensemble des autres artistes du Top 10 australien réunis ! Pas mal, non ? Après avoir tourné sans relâche aux quatre coins du globe, ils nous offrent en février 2026 leur très attendu nouvel album, In Verses. Grâce aux merveilles de la technologie moderne et étant donné la distance géographique, METAL OBS TV a virtuellement rencontré leur chanteur au réveil (décalage horaire oblige) pour vous dévoiler les coulisses de ce nouveau projet fantastique une fois encore… [Entretien réalisé par Zoom avec Ian Kenny (chant) par Martine Varagot – Photos : DR]

->> Single « Aozora » par KARNIVOOL, extrait de l’album In Versus (Inside Out Music)

In Verses - KARNIVOOL
KARNIVOOL
In Verses
Progressive/alternative metal
Cymatic Records/Sony Music

On peut dire que l’attente fut longue chez les fans du monde entier pour avoir entre les mains, et surtout les oreilles, ce quatrième opus de KARNIVOOL ! Treize années se sont écoulées, la gestation fut donc pour l’écriture et l’enregistrement d’In Verses, comme nous l’a expliqué son chanteur Ian Kenny dans notre entretien vidéo ci-dessus. Il faut dire que le succès fut au rendez-vous dans leur propre pays et dans le monde pour les artistes australiens, de quoi leur faire perdre pied peut-être face à leur ascension sur la scène rock/metal progressive et alternative. Mais KARNIVOOL reste fidèle sur In Verses à sa qualité habituelle de compositions et également au niveau de l’enregistrement sonore ici, d’une pureté absolute. En un mot : la qualité prévaut une nouvelle fois sur la quantité d’albums dans leur discographie. Et c’est sur des notes aux touches légèrement électro et rapidement sombres du bien nommé « Ghosts » que s’ouvre cette œuvre riche en émotions, comme toujours. Un premier riff bien heavy et inquiétant vous happe alors que la voix claire de Ian Kenny vous charme, avec toujours ce groove reconnaissable entre mille, entre metal alternatif, new metal, et prog’. Alors oui, certains s’écrieront qu’ils sont des ersatz de TOOL. Et nous leur répondrons : à la fois oui, et non. Car KARNIVOOL possède son propre univers et s’est vite imposé par son originalité émotionnelle et son groove depuis belle lurette ! Il n’y a qu’à écouter « Drone » ensuite avec son côté hypnotique, tout en subtilité, et qui s’énerve un peu loin. Et très vite, comme un célèbre déodorant, le charme agit. Comment ne pas succomber ainsi au single « Aozora » ? Ou l’excellent dytique « Animation »/ »Reanimation », heavy et groovy à souhait encore une fois, et de grande classe, entrecoupé par le plus léger et pop « Conversations ». Les influences divergent chez KARNIVOOL : pop, rock alternatif, jazz (notamment à la batterie), et metal prog’ moderne en tout genre (PORCUPINE TREE, PAIN OF SALVATION, ARCHIVES, et forcément TOOL…).

Parfois, sur des passages plus énervés, comme sur « Self Control » ou « Animation » donc, on aimerait peut-être que la voix d’Ian Kenny s’efface quelque peu pour laisser place à davantage d’instrumentation et de soli de guitares, mais bon, KARNIVOOL sans cette voix, c’est comme TOOL sans Maynard James Keenan ? Et par conséquent, c’est remettre de l’huile sur le feu des auprès des détracteurs de KARNIVOOL, vous en conviendrez ? Néanmoins la comparaison peut également être un compliment flatteur…

Alors à l’heure où TOOL ne propose plus rien, ne crée plus de chansons renversantes (le dernier enregistrement studio des Californiens, Fear Inoculum, était bon mais point novateur, et remonte déjà à l’année 2019 !), un bon album de KARNIVOOL mérite toute notre attention, et très vite le style typique des Australiens de Perth, tour à tour groovy et si pur, riche en émotions (leur magnifique dernier single « Opal » avec toute une réflexion sociale et mentale sur l’individu sur Terre) vous (sur)prendra. Nul doute alors qu’il saura même combler vos attentes en la matière si vous prenez le temps un minimum de vous poser et saveur leur musique comme il se doit, surtout que côté scène, ils viennent plus régulièrement se produire en concert dans notre beau pays, comme dernièrement au Bataclan de Paris, alors que les shows de TOOL se comptent sur les doigts de la main en France… Il y a de la place pour tout le monde. [Seigneur Fred]

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