MAYHEM : B(l)ack to the roots

Découvrez ci-après notre interview exclusive du célèbre chanteur hongrois Attila Csihar, du groupe légendaire de black metal norvégien MAYHEM ! Sept ans après notre précédent entretien avec le guitariste et principal compositeur Morten Iversen (alias Teloch) et alors que nous avions eu droit à un petit EP officiel Atavistic Black Disorder / Kommando en 2021, nous avons eu l’opportunité cette fois de bavarder avec le frontman pour aborder Liturgy Of Death, septième album studio de MAYHEM sorti le 6 février 2026 chez  @centurymedia . Celui-ci s’inscrit dans la lignée de Daemon mais avec une certaine atmosphère héritée du classique De Mysteriis Dom Sathanas, sorti en 1994, disque culte sur lequel Attila Csihar assurait déjà le chant en tant que membre de session. Le reste appartient à l’histoire du black metal norvégien… De plus, un invité de marque figure ici pour cette rencontre inédite et exclusive à METAL OBS : le musicien français Brice Leclercq, ancien bassiste de session de DISSECTION (2004-2006), mais aussi NIGHTRAGE, et membre actuel des projets CON et FROM KAOS… [Entretien réalisé par Zoom avec Attila Csihar (chant, paroles) par Seigneur Fred, avec la complicité de Brice Leclercq (FROM KAOS) – Photos : DR]

->> Single « Life is a corpse you drag » par MAYHEM, extrait de l’album Liturgy of Death (Century Media Records)

Liturgy of Death - MAYHEM
MAYHEM
Liturgy of Death
True black metal
Century Media Records

A venir bientôt dans notre revue mensuelle TOP 5 Albums METAL OBS de février 2026

Mayhem ! Certainement, le plus culte des groupes de black metal ! La légende venue de Norvège dont les débuts s’écrivirent en lettres de sang ! Mais foin du passé, le présent c’est ce Liturgy of death, septième album de The True Mayhem ! Et vous savez quoi ? On tient là un des meilleurs disques de black metal de l’année 2026, voire de ces derniers temps, mixant la hargne et la folie malsaine des débuts, le côté purement evil de Deathcrush et De Mysteriis Dom Sathanas, le tout allié à une production énorme de Tore Stjerna ! Rarement la batterie de Hellhammer n’a sonné aussi puissante, par exemple ! Et on sait que ses blasts font partie de la folie Mayhem ! Les guitares des principaux compositeurs, Morten (alias « Teloch ») et Ghul, participent également à ce sentiment de rouleau compresseur ! Même la basse de Necrobutcher, seul survivant du tout début (Hellhammer n’est arrivé qu’en 1988) s’offre un superbe moment sur « Real of endless misery » où le son saturé de ses quatre cordes laisse planer un moment presque magique, emplissant tout le spectre musicale lors d’un break d’anthologie !

Le côté malsain de Liturgy of Death est évidemment accru par la voix de Attila, présent dans Mahyem depuis son come back sur Ordo ad Chaos en 2004, après le départ de Maniac après Chimera… Mais loin de se contenter d’un growl monocorde voire monotone, il n’hésite pas à se lancer dans un registre quasi opératique afin de donner plus de profondeur aux chansons ! On sait que ses audaces vocales peuvent agacer certains, mais c’est justement là que Mayhem se démarque : le qu’en dira-t’on ne les dérange pas , et seuls comptent la musique et les compos ! Le reste devient finalement secondaire, Mahyem n’ayant jamais cherché à caresser l’auditeur dans le sens du poil, et cela dès 1984. Nous ne pouvons qu’inviter les lecteurs de cette chronique à se plonger dans le superbe ouvrage « Mayhem, les archives de la mort », écrit par Necrobutcher himself, et dont la traduction en français (Editions des Flammes noires) montre un groupe qui se refusait à toute compromission mais cherchait au contraire à se démarquer le plus possible !

Attila cherche donc à virer ses vocaux de toutes les façons possibles afin de donner une profondeur accrue à ses textes, tous basés sur le concept de la mort, entité indissociable depuis les premiers jours du groupe. Liturgy of death s’ouvre avec « Ephemeral Eterny » et l’introduction passée, on retrouve le quintet qu’on a idolâtré avec ses blasts brutaux et ses guitares acérées, ce sentiment de se prendre un 33 tonnes en pleine face ! Non, Mayhem n’a pas mis de l’eau dans son vin et continue donc d’écrire sa légende à coup de morceaux puissants, racés et comme nul autre : personne ne peut se comparer à eux ! « Weep for nothing » ou « Funeral of existence » devraient faire un malheur en live et la toute fin de « The sentence of Absolution » fait même intervenir des percussions , jouées par Necromorbus. Une bien belle façon de boucler un véritable chef d’œuvre. Chacun des huit titres est un uppercut, une façon de penser le black metal et il faut plusieurs écoutes pour en apprécier toute la richesse. Certains diront qu’on n’y retrouve pas un « Freezing Moon ». Et alors ?

Les morceaux 2026 tiennent la dragée haute à ceux de 1993 ! Les heureux possesseurs du CD collector se délecteront de l’inédit « Life is a corpse you drag » qui n’a rien à voir avec une banale chute de studio, bien au contraire ! Il aurait eu tout à fait sa place sur le disque principal. C’est d’ailleurs peut être la seule « concession » marketing faite à Century Media que de permettre deux éditions différentes. Quant à l’artwork de Daniele Valeriani, il épouse totalement la thématique de l’album, cette liturgie de la mort illustré par la vanité présente sur la pochette, et les illustrations du livret intérieur, à admirer évidemment sur l’édition vinyle tant les peintures sont somptueuses et fourmillent de détail. Après le correct Daemon, Century Media a mis les petits plats dans les grands, prouvant une fois de plus, que le support physique est indispensable pour bien vivre un album. Lire les paroles en écoutant la musique, admirer les peintures, se plonger dans cette Liturgy of death, on ne peut le faire qu’à tête reposée avec le CD ou le 33T sous les yeux. Oui, il ne faut pas vivre dans le passé, mais gageons que là où il est est, Euronymous peut être fier : sa créature est toujours vivante, toujours aussi puissante, toujours aussi malsaine ! Après plus de 40 ans d’une existence chaotique, Mayhem ne veut pas rendre les armes ! Et c’est bien cela le plus important. [Dave Saint Amour]

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