PRIMAL FEAR : Domination

En septembre 2025, le super groupe de power metal allemand, originaire d’Esslingen et formé en 1997 par Ralf Scheepers (chant, ex-Tyran’Pace et ex-Gamma Ray), Mat Sinner (basse et chant, Sinner), Stefan Leibing et Tom Naumann (guitare), est sérieusement revenu de loin avec un superbe quinzième album, puissant et classique, baptisé Domination (Reigning Phoenix Music). Mais voilà, deux ans après Code Red (à ne pas confondre avec l’album du même nom par SODOM), PRIMAL FEAR a bien failli perdre son bassiste entre-temps à cause d’une réaction à un vaccin au covid-19. Alors ce quinzième album studio aurait presque pu s’appeler finalement Determination plutôt que Domination. Mais laissons la parole à ce survivant avec lequel nous avons l’opportunité de nous entretenir… [Interview réalisée par ZOOM avec Mat Sinner (basse, production) par Pascal « Heavy » Beaumont – Photos : DR]

->> Single « I Am The Primal Fear » par PRIMAL FEAR, extrait de l’album Domination (Reigning Phoenix Music)

Domination - PRIMAL FEAR
PRIMAL FEAR
Domination
Power metal
Reigning Phoenix Music

Ces dernière années, le parcours de Primal Fear a été très compliqué, voire désespéré, et il s’en est fallu de peu pour que Mat Sinner, le bassiste et producteur (évoluant aussi un temps en solo dans son side project éponyme) rejoigne le territoire des ombres après une réaction grave à un vaccin contre le covid en 2021 qui le plongea dans le coma pendant un mois. Depuis, l’artiste a progressivement récupéré ses fonctions motrices à force de rééducation intensive après une année d’hospitalisation longue et difficile et de longs mois pour retrouver la santé et revenir au meilleur niveau physique.

Domination marque donc le grand retour de Primal Fear après deux années d’incertitude et de doutes parmi les rangs de tous les fans et de la formation teutonne. En effet, le quintet apparait aujourd’hui en pleine forme aujourd’hui, et ça fait sacrément plaisir. Il se compose d’un tout nouveau line up : André Hilgers (Axxis, Rage, Silent Force, Sinner, Bonfire) comme nouveau batteur du groupe, et la sensation italo-cubaine Thalìa Bellazecca (Angus Mcsix, Ex-Frozen Crown) âgée de 24 ans comme nouvelle guitariste au côté de laquelle est venue se joindre de manière définitive le talentueux Magnus Karlsson qui collaborait avec eux depuis de nombreuses années en live. Ceci s’explique par les départs successifs en 2024 de pas moins de trois de ses membres, les guitaristes Alex Beyrodt et Tom Naumann ainsi que le batteur Michael Ehré. Un véritable nouvel envol de l’aigle, donc, avec un Domination qui ne déroutera pas les fans. La recette Primal Fear reste, bien sûr, identique, Matt Sinner et Ralf Sheepers étant là pour veiller au grain. Ce sont eux qui ont produit Domination d’ailleurs, le tout étant mixé et masterisé par Jacob Hansen dans ses studios Hansen à Ribe, au Danemark.

On est donc face à du très bon heavy metal comme Primal Fear c’est si bien le faire depuis ses débuts. Le ton est donné avec “The Hunter“, le premier single typique avec des riffs puissants et des solos très inspirés. Il faut dire que l’arrivée de Thalìa Bellazecca en collaboration avec Magnus Karlsson leur a donné des ailes, plus exactement une nouvelle dynamique qui impressionne. “Scream“, “Crossfire“, ou bien encore “The Dead Don’t Die“ en sont de très beaux exemples. On retrouve tout ce que l’on apprécie chez Primal Fear : la mélodie et la puissance du heavy metal de grande classe, ou plutôt du power metal, terme plus contemporain pour ce genre musical qui allie heavy/speed metal. Pas de doute, la paire de guitaristes Thalìa Bellazecca/Magnus Karlson s’est trouvée, et fonctionne à merveille, à croire que ces deux-là jouent ensemble depuis de nombreuses années (“Trial of Fire“, “ March Boy March“). Il y a également ce très beau titre instrumental “Hallucinations“.

Les mélodies sont légion, comme sur les singles « Far Away“ et “Tears Of Fire“, ou encore le très accrocheur “I Am The Primal Fear“. Idem avec l’impérial “Destroyer“. Les titres épiques sont aussi bel et bien présents comme le superbe “Eden“, semi balade de plus de sept minutes et ses orchestrations bien agencées avec cerise sur le gâteau une apparition surprise de Melissa Bonny (Ad Infinitum), seule invitée d’ailleurs sur ce disque. Au chant, Ralf Scheepers se montre impérial comme toujours. Le temps ne semble pas avoir de prise sur lui et malgré ses 42 ans de carrière tout de même (!). Le bougre maitrise parfaitement ses envolées dans les aigues, son maitre restant un certain Rob Halford tout en maitrisant parfaitement les graves et les médiums ! “March Boy March“ en est un bel exemple l’ombre de Judas Priest étant toujours et encore présente. Les hymnes se succèdent ainsi sur Domination, comme l’excellent “Heroes And Gods“, parfait pour le live. Ne croyez pas que la formation allemande ne prenne pas de risque, bien au contraire, à l’instar de cette très belle balade surprenante et étrange “A Tune I Won’t Forget “ avec ses violons, son piano en intro. Il s’agit juste d’un titre magnifique qui clôt l’album de fort belle manière. La voix de Ralf Scheepers apparaît au début relativement méconnaissable, avec ce timbre grave qu’on croirait tout droit sorti des abymes, profond à la fois prenant tout en étant inquiétant, une tessiture qu’on ne lui connaissait pas.

Primal Fear montre par conséquent sur ce Domination qu’il n’a pas perdu de sa superbe et qu’avec son nouveau line-up, il reste bien un des leaders du power metal teuton (et dieu sait que la concurrence est encore rude, entre les vétérans du genre et les nouveaux challengers !). Cette quinzième galette studio regorges de nouveaux refrains imparables (“Far Away“, “I Am The Primal Fear“). Pas de surprise, le combo d’Esslingen maitrise bien son sujet, la machine allemande tourne à plein régime et semble avoir retrouver un second souffle. L’aigle n’a jamais volé aussi haut et domine encore son terrain de chasse : le power metal. [Pascal Beaumont]

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