PYRE : Where Obscurity Sways

Where Obscurity Sways - PYRE
PYRE
Where Obscurity Sways
Death metal
Osmose Productions

Il paraît que la musique est universelle et adoucit les mœurs, y compris ici le death metal dans le cas russe de Pyre ! La preuve en est avec ce troisième effort studio du quatuor de St Pétersbourg. Malgré un contexte international compliqué, ils ont su attirer l’œil et surtout l’oreille de notre fameux label français Osmose Productions. Il en résulte une tuerie death metal fraîche à l’approche paradoxalement old school, avec cette intensité des combos qui ont la rage au ventre et envie d’en découdre, la passion l’emportant sur les soucis du quotidien. Tout n’est donc pas que batterie triggée, blasts beats à outrance, et technicité écœurante, non, là c’est fait à l’ancienne, avec quatre zicos qui aiment jouer live. Cela se sent à travers les dix bombes que comprennent Where Obscurity Sways, à commencer par l’écrasante et menaçante chanson-titre, rapidement suivie du morceau extrêmement heavy « From the Stygian Depths » avec sa guitare tronçonneuse rappelant ici davantage le death metal made in Stockholm. Mais globalement, les influences principales remontent plutôt à la scène death US à la Death, Obituary, et Morbid Angel. Si la majorité du rythme est mid tempo, cela permet de développer chaque chanson correctement, d’apprécier les riffs bien sentis et groovy, avec des mosh parts intéressantes, et surtout des licks de guitares relativement mémorisables, ce qui est rarement le cas avec des productions modernes actuelles courantes où l’on ne retient pas grand-chose au final devant une démonstration instrumentale. Le chant guttural de Dimitri, alias « Dim Nox », appuyé par ses deux collègues guitaristes, Roman Rotten et Fred Obsinner, aux chœurs, donne aussi un sentiment collectif de rage et furie, mais également un profond dynamique aux compositions qui transpirent la putréfaction et la violence (« Pestilential Fumes »).

« Domains Of The Nameless Rites » avec sa petite mélodie en intro accroche l’oreille, puis c’est le carnage, à l’ancienne, entre Grave et Death. Franchement, comment résister à cet appel du death metal que nous lancent là avec maestria nos quatre musiciens russes plus déterminés que jamais à sortir de l’underground avec ce troisième album ? Surtout qu’ils ont mis tout de leur côté pour livrer une production sonore organique, vivante, avec une âme, et non pas du réamping à tout va avec des effets numériques faciles, le tout ayant été mixé et mastered par un certain K. Dolganov (Sic Sound/Hiboll Studios) du côté de St Pétersbourg. Même après un court interlude (1’06) sur « Wandering… » où l’on croirait errer un instant dans les ténèbres, le single « Murderous Transcendance » nous réveille de notre torpeur avec ses leads assassins tout en shredding. Là encore, le rythme est plutôt mid tempo, voire lourd et suffocant, mais jamais lassant ni endormant, car les structures de morceaux ont été travaillées pour captiver l’auditeur amateur de metal cru et evil, et varier les plaisirs. Ainsi, les âmes torturées ne résisteront pas longtemps à l’appel de Cthulhu ici (« Writhing Souls »), et l’envie de headbanguer vous prendra alors furieusement (l’excellent single « Chanting Ancient Incantations » capté dans les forêts russes autour de leur ville natale). Après l’avant-dernier interlude sombre et décadent (« Descending… »), c’est enfin le véloce « Prognostic Of The Apocalypse » qui conclut ces hostilités sur un rythme plus rapide avec là aussi son lot de riffs excellents et de breaks écrasants, le boulot du nouveau batteur Olleg Maleus arrivé en 2020, lui qui avait été jugé pas assez bon au début du groupe, démontre qu’ils ont trouvé en lui le quatrième comparse idéal pour permettre au frontman Dym Nox de délaisser en studio les fûts, et par la même occasion à Pyre de percer aujourd’hui, afin de dépasser ses propres frontières car franchement, cette galette transpire le travail et le respect, à défaut parfois d’originalité. Mais c’est bien connu, c’est dans les vieux pots que l’on fait la meilleure soupe, et elle est très bonne ici. En espérant découvrir un jour Pyre live sur scène en Europe occidentale et pourquoi pas en France, fief de leur label ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite à présent avec Where Obscurity Sways qui fait très très mal. [Seigneur Fred]


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