Thrash’em all !!! Déjà le troisième assaut discographique de la part de nos jeunes thrashers suédois qui n’en veulent, Sarcator. Et quel assaut ! Fondé seulement en 2018 du côté de Trollhättan, fief des puissants The Crown (dont on retrouve ici le fils de 19 ans, Mateo, du guitariste rythmique et principal compositeur Marko Tervonen), Impious, Trident, et les plus ou moins actifs Lord Belial, Sarcator évolue dans un thrash metal fougueux (pléonasme pour ce style musical) et sombre, à la fois old school car emprunt des pionniers américains du genre (Metallica, Megadeth, Forbidden, Testament, etc.) auquel ils rendaient déjà hommage dans leur précédente formation Metal Millitia entre 2014 et 2016 avant de se mettre à composer, mais aussi de thrash européen plus sombre (Sodom, Kreator, Destruction…) et naturellement de black/death scandinave (The Crown, Raise Hell, Dissection…). S’ils ne prétendent pas réinventer la roue ici, ils jouent dans tous les cas avec le cœur et les tripes, ça se sent à tous les étages, à chaque riff, et aussi en entretien (voir notre interview de son leader ici), apportant même son lot d’innovations et de personnalité, à commencer par la voix très convaincante et sur laquelle son frontman Mateo Tervonen a travaillé, et surtout des plans de riffs de guitares tout simplement splendides, notamment techniquement. Mais voilà, ça ne fait pas tout car il y a tellement de groupes du même genre à l’échelle mondiale, alors comment sortir du lot ? Eh bien à commencer par un important label (Century Media), l’aide de Papa Tervonen, notamment pour la préprod’ dans son home studio, et travailler, travailler, et encore travailler son instrument, sa voix, ses structures de compositions, et arriver à pondre des riffs tout simplement excellents, avec même une bonne dose de speed’n roll (« The Undercurrent », ou « The Deep Ends » qui n’aurait pas démérité sur le dernier Metallica, 72 Seasons), et surtout du groove (« Where The Void Begins », « Closure »…). Et c’est ça qui fait là toute la différence !
Il n’y a qu’à écouter en premier lieu leur single imparable et véritablement entêtant « Where The Void Begins », quelque part entre « One » de Metallica et un vieux Raise Hell (période Not Dead Yet), ou bien la puissante chanson-titre, futur hymne en concert lors de l’ouverture de leurs shows, à commencer par chez eux en Suède, avant de répandre leur thrash venimeux partout en Europe et le monde. C’est bien tout le mal qu’on leur souhaite d’ailleurs car le potentiel et le talent est là, alors ils le méritent pleinement ! Mais attention, il faut vous accrocher car les huit salves que contient ce nouveau disque ne font pas dans la dentelle et vont droit au but (à commencer par le terrible « Burning Choir » qui décoiffe en ouverture), même si de nombreux breaks surviennent toutes les dix secondes, et que l’on n’a pas vraiment le temps d’enfiler des perles tellement les riffs s’enchaînent et des leads de guitares en shredding vous assassinent avec des effets de vibrato simple mais efficaces. Tout va très vite, on est vraiment là sur un speed/thrash metal evil, sans fioriture, qui ne fait pas semblant, et ça tombe bien car ces quatre jeunes Suédois ne sont pas là, justement, pour faire semblant. Ajoutons à cela aussi des influences black qui apportent cette noirceur aux mélodies endiablées de Sarcator, que ce soit sur le plan vocal ou dans les guitares parfois en tremolo. Jetez donc plus qu’une oreille attentive à cet étonnant Swarming Angels & Flies qui risque fort de vous déboucher les cages à miel et faire resurgir toute la sauvagerie du thrasher qui sommeille, ou sommeillait, en vous durant l’hiver ! [Seigneur Fred]
Publicité
