TAK MATSUMOTO GROUP : TMG ou le TGV du hard rock nippon

Tmg est un super groupe formé à l’initiative de Tak Matsumoto guitariste légendaire au Japon qui rassemble Eric Martin (Mr Big) au chant et Jack Blades (Nightranger, Damn Yankees) à la basse, accompagné par le célèbre batteur Matt Sorum (Guns N’Roses, Velvet Revolver). Bref, de quoi nous mettre l’eau à la bouche, c’est certain ! Après un premier effort en 2004, le bien nommé I, il nous propose vingt années plus tard leur second effort, tout bonnement intitulé Tmg II. [Entretien avec Tak Matsumoto (guitare) par Pascal Beaumont – Photos : DR]

TMG : Le TGV du hard rock nippon !

Vous revenez d’une tournée japonaise qui est passée par Nagoya, Tokyo ou encore Osaka. C’était en septembre et octobre 2024. Comment s’est déroulé ce petit périple ?
Comme nous avons joué plus de concerts qu’auparavant, le groupe s’est vraiment senti uni, et j’aurais même aimé que nous puissions en faire un peu plus… Tout le monde a dit que le deuxième concert d’Osaka était particulièrement bon.

Tak Matsumoto Group a sorti son premier album nommé I en juin 2004. Il avait été couronné de succès au Japon mais c’était il y a plus de vingt ans ! Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour nous proposer un second opus ?
Jack a été occupé avec Night Ranger, et Eric avec Mr Big, donc tout le monde était absorbé par leurs propres activités. Ce n’est pas comme si nous avions décidé d’attendre 20 ans, c’était juste pour arriver à ce moment-là. L’an dernier, j’étais occupé avec le trente-cinquième anniversaire de B’z (Ndlr : groupe pop rock japonais composé par le binôme Tak Matsumoto et Kōshi Inaba) et j’ai pensé que ce serait bien de travailler là-dessus l’année suivante. Il y a deux ans, j’ai posé la question aux deux autres membres en leur demandant simplement : « Pourquoi ne pas recommencer l’aventure ensemble ? ». (sourires)

C’est un projet qui remonte donc à plus de vingt-ans. Mais alors comment as-tu rencontré Jack Blades et Eric Martin ?
Il y a plus de vingt ans, j’ai eu l’idée de former un combo avec des artistes internationaux. Lors d’une tournée nord-américaine en 2003, Eric a amené Jack à notre show au Fillmore de San Francisco. Je connaissais déjà Eric pour avoir assisté à ses prestations live avec M. Big. C’est là que j’ai rencontré Jack pour la première fois, et quand j’ai partagé mon idée, ils étaient tous les deux excités et ont accepté de se lancer dans l’aventure.

Pour ce second disque, il y a aussi un prestigieux invité : Matt Sorum (Guns’n Roses). Il se charge de toutes les parties de batterie. Comment est née cette idée de faire appel à lui ?
C’est Jack qui me l’a présenté. Cela dit, dans les années 90, Matt avait joué de la batterie pour des séances de démonstration de B’z à Los Angeles, mais nous ne nous étions pas revus depuis…

J’imagine bien que vingt ans plus tard, le processus d’écriture a dû être bien différent ?
Oui, le premier album avait été réalisé à Los Angeles dans une sorte de camp. Nous nous sommes réunis, avons créé des chansons et enregistré tout, y compris les voix, en une seule fois. Cette fois-ci, puisque Night Ranger et M. Big étaient en tournée, j’ai créé des pistes de démo de la fin de l’année dernière au début de cette année 2024. En mars, Jack et Matt sont venus à L.A., et nous avons enregistré la section rythmique. Jack et Eric ont écrit les paroles, et Eric a enregistré ses voix durant deux semaines en juin. Le mixage et le mastering ont été terminés vers juillet 2024.

Comment s’est déroulé la collaboration avec Jack Blades et Eric Martin cette fois-ci ?
Ça s’est mieux passé que prévu. Eric n’avait qu’un créneaux de deux semaines pour l’enregistrement, et il chantait tous les jours sans prendre de pause. En tant que chanteur, je pensais qu’il prendrait quelques jours de congé, mais ce ne fut pas le cas. Jack et Eric ont tous deux des planning de tournée intenses, ils sont incroyablement difficiles. C’est mon impression la plus honnête que j’ai d’eux.

Si cette formation TMG est importante, ton principal combo est B’z qui remporte un succès phénoménal au Japon. On parle tout de même de 80 millions d’albums vendus, après tant d’années est toujours aussi facile pour toi de composer ?
Pas toujours. Parfois, cela vient rapidement et d’autres fois, c’est difficile de façonner des idées… . Je suis incroyablement reconnaissant. Maintenir ces chiffres sur tant d’années signifie que nous avons été en mesure de fournir des chansons que les gens aiment. J’aimerais me donner un peu de crédit pour ça ! (rires)

Pour le nouveau single « For Eternal Flames », tu as fait appel aux Baby Metal, une formation pop metal déjà mise en avant à Metal Obs, et composée de trois filles en tant qu’invités spéciales. Qu’est ce qui t’a attiré chez elles ?
Ce combo était l’un des candidats pour les voix à figurer en tant qu’invités sur ce disque. Lorsque nous avons échangé avec elles, les trois étaient très enthousiastes et tout s’est bien passé. Nous avons également joué ensemble dans des festivals, à la télévision et lors du dernier concert de la tournée. Ce fut une belle collaboration.

Tu es à la fois producteur et guitariste sur ce disque Tmg II. Quels ont été les challenges auxquels tu as été confronté lors de l’enregistrement ?
Le principal objectif était de créer des chansons que nous pourrions jouer en tournée. Je voulais aussi faire une œuvre qui résonnerait non seulement pour les fans japonais mais aussi avec les fans étrangers.

Après tant d’années à jouer de la guitare sur les scènes du monde entier, comment reconnais-tu un bon guitariste ?
Quelqu’un dont le son et le style sont indéniablement le sien.

Il y a dix morceaux sur ce nouvel album dont les paroles ont été écrites par Eric Martin et Jack Blades. Y’a-t-il un texte qui te touche plus que les autres parmi les chansons ?
Jack m’a dit qu’il avait écrit “Guitar Hero“ en pensant à moi, mais je pense que cela parle à tous ceux qui rêvent d’être musicien.

TMG live

Justement, j’imagine que tu as tes propres héros à la guitare qui t’ont donné envie de jouer de cet instrument magique ??
Il y en a tellement, oui, mais Edward Van Halen et Jeff Beck sont parmi ceux-là. J’aurais aimé qu’ils écrivent encore plus de chansons…

En plus, tu as eu la chance d’être ami avec Eddie Van Halen quel genre d’homme et de musicien était-il ?
Lorsqu’il est venu au Japon pour la tournée « Van Halen III », nous avons fait une interview dans un magazine ensemble. J’ai aussi pu assister à leurs répétitions et prendre des repas avec lui. Plus tard à LA, j’ai visité sa maison et il m’a gentiment montré son studio 5150. Il m’a raconté tant d’histoires, c’était une personne vraiment gentille.

Qu’est-ce que tu appréciais dans son jeu ?
Son groove qui était vraiment unique.

« The Story Of Love » est un morceau sur lequel on peut entendre Lisa (Ndlr : Risa Oribe, alias « Lisa », chanteuse japonaise). Comment en es-tu arrivé à travailler avec elle ?
J’ai écrit à l’origine « The Story of Love » pour elle. Quand j’ai décidé de faire une reprise de cette chanson, je lui ai demandé de se joindre à moi, et elle a accepté.

Au cours de ta carrière tu as eu l’opportunité de rencontrer de nombreux artistes. Quelke a été selon toi la plus marquante ?
J’ai eu tellement de rencontres incroyables, mais un des points forts a été d’enregistrer un disque avec M. Larry Carlton (Ndlr : Take Your Pick en 2010) et de gagner un Grammy Award (meilleur album instrumental).

Quels étaient tes rêves quand tu as commencé à jouer de la musique ?
Je voulais juste être un musicien professionnel. Je ne savais pas comment ni ce que cela signifiait, mais je pensais devenir guitariste professionnel.

Tu as débuté en 1988 comment décrirais-tu ton évolution musicale au cours des ces trente-six ans passés à jouer de la guitare ?
En continuant à jouer sans prendre de pause, ça m’a permis de découvrir de nouveaux horizons. Par rapport à mes débuts, tant de choses sont différentes comme les gens que je rencontre années après années. J’espère continuer à créer de la musique pour explorer de nouvelles perspectives.

Penses-tu que c’était plus facile d’être musicien à cette époque ?
L’industrie de la musique était plus dynamique à l’époque, tant au Japon qu’en Occident, je crois. Les ventes et les concerts étaient florissants, ce qui rendait le tout très enrichissant.

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