THREAT SIGNAL : Revelations

Cinquième album seulement pour nos Canadiens qui avaient déjà eu du mal à revenir sur la scène metalcore (et plus largement metal) en 2017 avec, pourtant, le réussi Disconnect en 2017 chez Agonia Records. Il faut bien avouer que les modes se font et se défont, et il est difficile parfois à des artistes de rester dans le move sur la dure, sauf avec d’importants moyens que n’a plus THREAT SIGNAL (ils avaient démarré fort en 2006 avec leur premier missile Under Reprisal, produite et aidé alors par le bassiste d’origine belge Christian Olde Wolbers (alors FEAR FACTORY, actuel membre live de VIO-LENCE, OVERKILL…). S’ils ont fait partie des premières formations nord-américaines à propose une sorte de metalcore hybride incluant diverses influences (un peu trop peut-être), comme le cyber thrash, le neo metal, voire le djent, ils ont connu un peu la traversée du désert, malgré des tournées en compagnie de formations de renom (SOILWORK, IN FLAMES, etc.). A l’occasion de la parution de Revelations, nous avons fait le point avec son sympathique bassiste au moment de sa pause déj’. [Entretien réalisé par Zoom avec Pat Kavanagh (basse) par Seigneur Fred – Photo : DR]

Revelations - THREAT SIGNAL
THREAT SIGNAL
Revelations
Metalcore hybride
Agonia Records

Il est parfois difficile d’avoir été, et pouvoir être de nos jours après un rapide succès doublé d’un engouement pour un genre musical alors en plein boum, malgré les bonnes idées, quand le quotidien envahit votre inspiration et qu’un gros label vous lâche ! C’est le constat difficile et un peu amer que peuvent dresser les propres membres de THREAT SIGNAL. Si leur élan artistique et leur retour depuis sept ans, juste avant la pandémie de covid-19 (pas de bol pour le timing), c’est tout à fait honorable de les voir tenter de poursuivre leur carrière discographique aujourd’hui avec ce Revelations. Après un démarrage en trombe en 2006 chez Nuclear Blast grâce à Under Reprisal, leur première petite bombe de djent/metalcore teintée d’influences groove et indus à la FEAR FACTORY avait provoqué son petit effet (logique quand on se rappelle qu’il y avait un certain Christian Olde Wolbers (actuel OVERKILL (live) et ex-VIO-LENCE (live) en invité à l’époque aux arrangements et aux chœurs, mais aussi aux manettes en studio !).

Très vite le quintet de Hamilton (Ontario) connut une fulgurante ascension, enchaînant les succès alors que le metalcore explosait sous différentes formes avec des formations telles que KILLSWITCH ENGAGE ou GOD FORBID outre-Atlantique, ou bien ARCHITECTS, BLEED FROM WITHIN, BULLET FOR VALENTINE, etc. Puis les années passèrent… Vous savez ce que c’est : la vie de famille, le « day job », et l’inspiration se perdit. Et quand ils revinrent sur sur le devant de la scène avec l’album Disconnect sorti en 2017 sur le label polonais Agonia Records, pas de bol, la pandémie les stoppa l’année suivante sur le plan des concerts (comme toutes les formations musicales) pour aller le défendre en live. Avec Revelations, nos quatre Nord-Américains comptent bien remettre les pendules à l’heure, à commencer à travers les singles successifs plutôt réussis et accrocheurs : « Non-Essential » et « The Great Tribulation ».

Le petit truc en plus », comme dirait par chez nous Artus, c’est de mélanger pas mal d’ingrédients pour accrocher l’auditeur afin que ça groove et reste un minimum mélodique. Sur une base neo metal/metalcore, les quatre musiciens ajoutent des licks plus typés thrash ou groove metal, des rythmiques à la limite du djent metal, sur des refrains plus typiques metalcore, voire carrément surfaits à la LINKIN PARK. Vocalement, on peut d’ailleurs trouver chez John Howard des similitudes avec le regretté Chester Bennington de LINKIN PARK, désormais remplacé par Emily Armstrong au côté Mike Shinoda… Quant aux éléments indus d’antan, s’ils ont peu à peu disparu avec le temps, leur metalcore hybride tient néanmoins encore la route même si ça manque parfois d’originalité à notre époque car voilà, des groupes comme ça, la scène en a vu un paquet passer, et juste passer… Si THREAT SIGNAL tente de raccrocher les wagons en 2026, ce n’est pas si simple de se de démarquer et se réaffirmer sur une scène metalcore saturée, et ce, dans tous les sens du terme. Surtout que côté concerts, le groupe canadien cherche tranquillement à se produire, d’abord en Amérique du Nord, pour des raisons de coûts logistiques évidents, avant de venir nous (re) voir sur le Vieux Continent. Affaire à suivre si THREAT SIGNAL se révèle de nouveau avec cet album plutôt réussi, mais un cran en deçà tout de même du dernier SYLOSIS par exemple. [Seigneur Fred]

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