UNVERKALT : Héréditaire

Héréditaire - UNVERKALT
UNVERKALT
Héréditaire
Post black/dark metal
Season of Mist

Unverkalt vous avez manqué ? Nous aussi ! Ce groupe européen est de retour avec Héréditaire, un opus intense composé de huit chansons, sorti en février 2026 chez le label marseillais Season Of Mist. Celles-ci continuent de creuser le sillon d’un black metal atmosphérique à la fois glacial et introspectif, mais sans se contenter de se reposer sur les lauriers de leurs deux précédents albums, L’origine du Monde (2020), et A Lump of Death : A Chaos of Dead Lovers (2023). Là où par exemple, son prédécesseur pouvait parfois s’étirer dans une mélancolie presque contemplative, celui-ci gagne en densité et en tension. En effet, la formation gréco-allemande nous propose un black metal hybride et atmosphérique, à la fois sombre et léger par moment, dont les membres maitrisent parfaitement les clés, avec cette voix criarde et sombre, qui s’allie parfaitement à la voix claire et fragile de la chanteuse Dimitra Kalavrezou, venant nous hanter même une fois la platine arrêtée. On passe d’une balade dans la forêt à l’impression d’être comme chassé par l’intensité de la cadence de chaque chanson…

Dès les premières minutes, le groupe installe une ambiance mystérieuse, sombre, dont les guitares tranchantes viennent instaurer une légère sensation de malaise. La production, plus organique que clinquante, sert parfaitement ce sentiment d’isolement qui traverse tout l’album. Unverkalt est devenu maître dans l’art de passer d’une ambiance pesante mais plutôt douce, à cette ambiance déchirante, dérangeante, pleines de cris plaintifs et de guitares lancinantes. Bon, ce n’est pas non plus Mayhem, autrefois signé sur le même label Season of Mist, ni Amenra… Mais un titre comme « Oath Ov Prometheus » (« le Serment de Prométhée » en français), constitue un parfait exemple de ce mélange réussi. Les origines helléniques de la chanteuse Dimitra Kalavrezou ne sont probablement pas étrangères à cette source d’inspiration. Pour les afficionados (un minimum) de la mythologie grecque, vous voyez à quoi la chanson fait référence ? Pour les autres : cela se rapporte à la souffrance éternelle à laquelle Prométhée, ayant volé le feu des Dieux au profit des hommes, est enchaîné par Héphaïstos, et condamné éternellement par Zeus à se faire dévorer quotidiennement le foie sur le mont Caucase par un aigle… Ce mythe du supplice qu’on a l’impression de vivre ici aussi, mais attention, dans le bon sens du terme ici ! La chanson alterne donc entre ces deux ambiances, forçant la souffrance de Prométhée dans nos veines… Tout simplement passionnant.

De plus, là où Unverkalt s’avère également particulièrement intéressant et maître de son art, c’est dans le domaine de l’immersion. Un peu à l’instar des Espagnols d’Indar (interview des Catalans ici), ils nous plongent dans des univers, des paysages, même des situations précises, à nous en faire dresser les poils et fermer les yeux, et tout ça grâce à cette maitrise des voix et des instruments. Le retour de cette nouvelle sensation européenne montante à prendre très au sérieux, à la fois curieuse et originale, ne décevra pas les fans, et reste tout de même relativement abordable au final pour ceux qui découvrent ce quintet, et permet d’aller plus loin pour les fans et curieux de cette nouvelle vague héritée des Alcest, Sylvaine, Myrkur, et Rotting Christ pour ce côté mélodieux et sombre, avec lequel d’ailleurs un superbe duo vocal apparaît sur le morceau « I, the Deceit » en la présence du légendaire frontman Sakis Tolis du Christ Putrifiant d’Athènes… Une belle et franche réussite donc, en ce premier semestre de l’année ! [Nel666]

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