DEVILDRIVER : Strike and Kill

DEVILDRIVER, la légende californienne du groove metal revient, plus lourde et implacable que jamais, avec son onzième album studio : Strike & Kill !! (=d’ores-et-déjà ALBUM DU MOIS DE JUILLET 2026 PARMI NOTRE TOP ALBUMS A LA REDACTION DE METAL OBS) Après de nombreuses tournées mondiales, dix albums complets et une reconnaissance internationale, DEVILDRIVER poursuit ainsi sa lancée effrénée, entamant sa deuxième décennie de dévastation sonore. Le groupe originaire de Santa Barbara (Californie) avait achevé un double album emblématique, Dealing With Demons (Volumes 1 & 2) en 2023. Le premier volet occupa la première place des radios metal pendant 15 semaines triomphales, tandis que le second a été salué par des médias de référence tels que Metal Injection, Kerrang! et Blabbermouth — ce dernier soulignant qu’« on ne peut arrêter l’inarrêtable ». Soif de conquête, DEVILDRIVER se lance dans une traque acharnée avec la sortie de Strike & Kill le 10 juillet 2026 chez Napalm Records. Véritable déferlante de férocité fidèle à son titre, Strike & Kill vous met la lame sous la gorge, délivrant ce mélange caractéristique chez DEVILDRIVER : élégance du melodeath, riffs thrash et rythmiques qui déboitent, atmosphère « blackened », groove tellurique et interprétation viscérale de l’emblématique frontman Dez Fafara. A cela, ajoutez la production sonore, des riffs de guitares qui tuent et des soli, le tout signés Gabe Mangold (ENTERPRISE EARTH) et le retour à la basse de Jon Miller ! Merci beaucoup à Dez pour cet échange toujours aussi agréable — une habitude qui perdure depuis 2003 au lancement de DEVILDRIVER sur le label Roadrunner Records, sans oublier l’époque qui précéda avec le succès de COAL CHAMBER à la fin des années 1990, dont on a pu avoir quelques news à la fin de cette sympathique discussion, évoquant quelques vieux souvenirs au passage… [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Dez Fafara (chant, paroles) par Seigneur Fred – Photos : DR]

->> Single « Dead in the Water » par DEVILDRIVER, extrait de l’album Strike & Kill (Napalm Records)

Strike & Kill - DEVILDRIVER
DEVILDRIVER
Strike & Kill
Groove metal
Napalm Records

Oh !! Quelle grosse claque que ce nouvel et pas moins onzième galette signée DEVILDRIVER !!! Le combo californien frappe fort, à l’image du retour en pleine forme de son chanteur légendaire Dez Fafara (également frontman de COAL CHAMBER) mais aussi de son titre d’album, Strike & Kill, qui donne directement le ton. Et puis sa pochette colorée très punk acide et pop art à la Andy Warhol ! Mais ça, c’est pour la forme, le côté marketing, car sur le fond, c’est-à-dire la musique, ça frappe très fort aussi. D’emblée on reconnaît le style de prédilection de DEVILDRIVER : le groove metal !! C’est sa marque de fabrique, son logo ou sa patte sonore comme aime à dire son leader lorsqu’il a demandé à ses nouvelles recrues de composer pour son groupe. Dès le premier morceau très heavy et rageur qui ouvre ce bal de hyènes enragées, « Dig Your Own Grave », on retrouve alors tous les ingrédients caractéristiques : voix gutturale et omniprésente, breaks à tous les étages, riffs assassins, mélodies death/thrash, rythmiques qui déboite en thrash et new metal, et des soli de guitares très mélodieux et là encore qui vibrent, qui sonnent, qui groovent ! Clairement, les hostilités sont lancées. Avec « Dig Your Own Grave », Dez Fafara règle ainsi ses comptes avec ses détracteurs, tous ceux qui le disaient mort suite à ses divers soucis de santé relativement graves (pandémie de covid-19 li provoquant des complications respiratoires et cardiaques, mais aussi le dérèglement de son oreille interne l’empêchant de prendre l’avion à cause de crises de vertiges, puis, plus récemment, sa volonté de passer au véganisme qui l’a finalement affaibli plus qu’autre chose).

Cela s’enchaîne avec l’excellent « Dead in the Water » qui claque et frappe tout aussi fort, avec un vidéo clip néanmoins un peu moins beauf que « Dig Your Own Grave » et ses bikers (Dez est d’ailleurs un motard, possédant pas moins de trois Harley Davidson, nous confia-t’il en interview). Sur « Sanctified In Scars », la pédale Whammy semble ensuite rendre un hommage éclair ici à Dimebag Darell (R.I.P.), parti trop tôt et avec lequel COAL CHAMBER tourna vers 2000. Toutes les musiques ont été composées par le nouveau gratteux et producteur Gabe Mangold (du groupe ENTERPRISE EARTH) qui a bossé comme un dingue et respecter le cahier des charges à la lettre tout en apportant de la fraîcheur à ce, rappelons-le, onzième album tout de même ! C’est du DEVILDRIVER tout en se renouvelant, à l’image de la chanson-titre où une ambiance dark sur la première moitié d morceau avant de rentrer dans le tas. Plus, sur la chanson « Headed For The Fall », les musiciens n’hésitent pas à flirter avec l’indus et le neo metal, avec des rythmes martiaux et riffs plus froids avec de jolis effets, mais toujours ce groove paradoxalement, peut-être dû au retour inspiré (et inespéré) de Jon Miller à la quatre cordes en 2022. Il y a comme un air de COAL CHAMBER ici avec cette étrange mélodie teintée de chorus dans les guitares et autres phaser.

On peut aussi déceler pas mal de trémolos plus typés black metal, ou death metal mélodique. C’est toute cette fusion des éléments, avec des racines thrash et neo metal qui ont depuis longtemps (2003) façonner le style diabolique de DEVILDRIVER, au côté des autres mastodontes du genre comme LAMB OF GOD, plus old school cependant dans leur démarche, ou SOULFLY. Toutes ces formations se cotoyant et se respectant dans le circuit depuis une trentaine d’années. Mais tout n’est pas qu’ultra-violence et up tempo, et Strike & Kill offre quelques atmosphères plus calmes et mélodiques, comme sur la superbe intro à la guitare acoustique de « Summoning Shadows ». C’est toujours, bien sûr, de courte durée (« In The Moonlight »). Et Dez aime ses ambiances gothic/dark mais aussi le punk rock à Billy. Il nous l’a toujours dit, et en fin de compte, il n’est pas féru tant que ça de metal à notre grande surprise. Côté invité, aucun guest ici, aucun featuring, et surtout pas d’anciens musiciens avec lesquels il y aurait des litiges, excepté le bassiste originel Jon Miller, de retour au bercail depuis 2023. C’était la volonté de Dez Farara, se recentrer sur soi-même afin de donner le meilleur et un pur disque de DEVILDRIVER. Avec une mention très bien au passage aux guitaristes, tant sur les rythmiques très costaud (signées Alex Lee) que sur les soli vraiment tous inspirés et signés Gabe Mangold (dont on a pu aussi entendre la technicité en tant que guest sur l’album Washington State Charm des Autrichiens de MONUMENT OF MISANTHROPY : notre inviterview ici), et que dire des percussions de David Pérez qui impressionne tout du long par sa vélocité. Là encore, Dez a fait une bonne pioche et le casting a dû être hard.

Mais dans sa très grande majorité, le ton s’avère très féroce, vous l’aurez compris. C’est comme une revanche sur la vie que signe là Dez et sa bande. Et si les accalmies sont très rares, c’est bien la bagarre à tous les étages, comme si Dez se battait contre le monde mais aussi contre ses propres démons, n’hésitant pas à envoyer des méchants uppercuts ici et là, comme sur le très punk « Ride or Die » ou « Oath Of Iron », qui font très mal par où ça passe. Il va en être ainsi durant cinquante minutes, durée qui peut rendre l’album trop copieux peut-être de nos jours pour les auditeurs qui zappent et n’écoutent que quelques singles et ne prennent pas le temps d’écouter et d’apprécier une œuvre sur sa totalité d’un format album. Un peu comme un bon menu d’un bon restaurant où l’on ressort le ventre plein. Mais vous connaissez la générosité de Dez Fanfara ? Celle étant sans limite, tout comme sa fidélité envers ses fans (et les médias comme METAL OBS), alors ne voulant pas faire les choses à moitié (souvenez-vous du diptyque Dealing With Demons vol. 1 et 2 en 2020, et 2023), Strike And Kill comprend donc au final treize morceaux, plus un titre bonus sur la version japonaise nous a confié le chanteur quinquagénaire depuis sa maison de Santa Barbara.

Bref, on en a pour son argent et on s’en prend littéralement plein la gueule. Et sur scène, ça risque d’être du même acabit étant donné la belle forme qu’affiche en ce moment Dez Fafara qui compte bien continuer encore quelques années avant de rejoindre ses potes et idoles parties ces dernières années (Ozzy Osbourne, Lemmy Kilmister…). Chapeau Dez, tu nous en as mis plein la tronche et après tout, c’est tout ce qu’on demandait. Alors respect ! [Seigneur Fred]

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