BRYMIR : What We Leave Behind

Depuis 2006, mine de rien, que le groupe finlandais BRYMIR travaille dur pour atteindre les sommets de la scène death metal mélodique et symphonique, dans l’héritage de ses pairs : CHILDREN OF BODOM, WARMEN, WINTERSUN, mais aussi AMORPHIS, NIGHTWISH, etc. Et la bande à Viktor Storm Gullichsen (chant, claviers et orchestrations) et Jarkko Niemi (basse/chœurs) peut être fière de son cinquième album studio What We Leave Behind publié le 2 octobre 2026 (‪@napalmrecords‬) qui nous interroge au passage sur l’héritage que nous allons laisser aux générations futures sur Terre, et pour l’heure, celui-ci s’avère plutôt sombre comme nous l’ont expliqué ici les deux artistes depuis Helsinki… [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Jarkko Niemi (basse/chœurs) et Viktor Storm Gullichsen (chant, claviers et orchestrations) par Seigneur Fred – Photo : DR]

What We Leave Behind - BRYMIR : What We Leave Behind
BRYMIR : What We Leave Behind
What We Leave Behind
Symphonic/melodic death metal
Napalm Records

Déjà le cinquième opus en studio en l’espace de vingt ans de carrière pour BRYMIR, jeune formation de Helsinki mais déjà expérimentée qui a le vent en poupe et qui nous avait déjà tapé dans l’oeil par le passé, notamment en 2022 avec le très bon Voices Of Within.

A présent, BRYMIR s’affirme peu à peu sur la scène metal nationale pourtant très prisée il y a une vingtaine d’années, dans l’héritage des regrettés (et reformés récemment) CHILDREN OF BODOM ou des actuels WINTERSUN. Les fans de power/black/death metal symphonique seront ravis à l’écoute de What We Leave Behind, un disque mature et qui interroge par son titre : eh oui ! Ce que nous allons laisser derrière… Mais qu’allons-nous justement laisser à nos enfants et futures générations à ce rythme-là sur Terre ? Un titre qui bouscule aussi, à l’image de leur musique à la fois mélodieuse, et catchy, très immédiate et puissante, avec de belles influences thrash/death mélodique à la SOILWORK par moment aussi. La chanson-titre est un parfait exemple de leur maîtrise technique, et de cette fraîcheur mélodique en provenance de Scandinavie…

En charge des orchestrations et de tous les claviers (programmés sur scène en live), le chanteur Victor Storm Gullichsen prend du gallon et assure d’ailleurs pleinement son rôle de frontman comme les premiers concerts par chez eux en Finlande en attestent en septembre dernier, lui compose toutes ces envolées épiques sur son ordinateur et claviers à la maison en communion avec les autres membres du groupe car chacun apporte sa pierre à l’édifice dans les compositions, Storm se chargeant donc des parties symphoniques et autres arrangements. Les chœurs, assurés par le bassiste Jarkko Niemi, confèrent ce caractère épique tout au long des dix commandements de power/death metal symphoniques proposés ici (comme il nous en a parlé avec humilité durant notre entretien proposé en haut de cette page). Comment ne pas penser par moment aux maîtres du genre : WINTERSUN.

Attention néanmoins, BRYMIR a su façonné durant toutes ces années son propre univers lyrique et son style musical, empruntant à la mythologique nordique des références métaphoriques pour exprimer ses sentiments sur l’avenir de l’Homme et son observation du monde (« Sleipnir », en référence au célèbre cheval du dieu des dieux, Odin), comme le pratique depuis déjà plusieurs décennies dans une version viking black metal viking progressive les Norvégiens d’ENSLAVED également sous les feux de la scène avec leur excellent album Mid (interview 2026 à retrouver ici). Dans cette fresque metal épique moderne, on apprécie les quelques moments d’accalmies aux arrangements soignés (« Thy Self the Highest Love (Prelude) ») mais terriblement inquiétants parfois (« Moment of Silence ») avant que les hostilités ne repartent sur les chapeaux de roue avec des riffs très heavy et des rythmiques soutenues (« Buried Legion »), où des soli lumineux et de haute volée apporte un peu d’espoir (le single speed et épique « Tempestbound », plus classique dans sa globalité).

Tout n’est donc pas non plus que gentilles mélodies ici sur lesquelles son chanteur Storm nous conterait fleurette. Non, car le rythme est élevé, speed même. On retrouve là la puissance directe d’un SOILWORK et CHILDREN OF BODOM). Et l’ambiance est souvent sombre, voire belliqueuse, notamment quand les musiciens évoquent les différentes calamités sur Terre, et notamment la guerre. Leur voisinage avec la Russie doit certainement les inquiéter bien plus que nous en Europe au quotidien du fait de leur frontière commune avec l’ogre impérialiste. On ressent d’ailleurs bien ce sentiment à travers le morceau « Tempestbound » et son vidéo clip précédemment évoqué, ou bien sur l’excellent « True Darkness » à la limite du black metal où le batteur Patrik Fält blaste comme un diable, avec des breaks percussifs, le tout dans une propreté impeccable.

Si la fin semble plus heavy et épique sur « The Roaring King », BRYMIR repart au galop sur « Broken Dawn », une magnifique chanson et complexe qui conclut de manière riche et contrastée cet album vraiment réussi et accrocheur malgré sa complexité par moment tellement les musiciens ont voulu en mettre plein les oreilles, tant pour eux qu’à destination des fans comme ils nous l’ont expliqué, car ils composent et écrivent avant tout pour eux, la musique étant d’abord un acte égoïste avant de la partager. Et nul doute que pour sa seconde collaboration avec le très important label autrichien Napalm Records, BRYMIR saura avec What We Leave Behind conquérir de nouveaux fans de par le monde ! Surtout que nos quatre Finnois ont en plus un certain sens de l’humour (scandinave) visiblement quand on découvre leur sympathique reprise du tube dance music de SCOOTER « How Much Is The Fish » avec un vidéo clip bien beauf totalement assumé ! Comme quoi, ALESTORM ou ULTRA VOMIT n’ont pas le monopole du ridicule, ni du metal parodique !![Seigneur Fred]

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